dimanche 29 novembre 2009

Lydia Lunch à Mains d'oeuvres


J'étais dans le couloir fumeur de Mains d'œuvres, et j'écoutais distraitement les conversations : "Ah ouais samedi dernier, j'étais partie pour écouter 2 ou 3 morceaux comme ça tranquille, allongée sur mon lit et puis finalement je l'ai écouté pendant 2h... C'est clair c'est toujours aussi bien... En fait quand jétais petite, je devais avoir 9 ans environ, j'avais un poster grandeur nature d'Elvis au dessus de mon lit, comme ça quand je me couchais je m'endormais en le regardant...".

J'avoue qu'étant venu voir Lydia Lunch en concert et comme l'annonçait le site "des spoken words sur des sons psycho ambiant" j'avais trouvé ces bribes de conversation un peu étranges... tout comme le Benny B en salopette de jean qui fumait des clopes à coté de moi. C'est vrai aussi qu'il y avait beaucoup de femmes d'une quarantaine d'années, genre on a ressorti notre jupe léopard, notre perfecto créateur et notre palmier, on a traversé le punk et on t'emmerde, mais je m'attendais pas à voir ce que j'ai vu. Finissant ma dernière bière avant la prochaine, j'entends quelques riffs de guitares très rock'n'roll qui m'appellent vers la salle de concert. J'entre.

Lydia est sur scène et commence à invectiver le public. Elle ne s'arrêtera pas pendant tout le concert, entre deux spoken words improvisés. Elle est agressive, défoncée, parfaite. "Hey, can't you control yourself ?... and shut your fuckin big mouth, you bastard !". La salle ne sait plus trop si elle peut applaudir, siffler, crier sans son autorisation. La guitare part en larsen, le synthé se prend pour un farfisa sursaturé et des solos de saxo très free soulignent le phrasé et les textes impeccables de Lydia Lunch. Iggy pop version 70 apparait fugitivement, se tranforme en death valley 69, insulte à nouveau la "fuckin big mouth", avale des cachets et boit verres sur verres dans sa tenue d'Elvira underground. Les traits se creusent, les yeux dans le vide cherchent une nouvelle victime et le batteur lance des rythmes lourds sur lesquels les spoken words s'accrochent comme des bribes de hip pop punk.

« Allez, c’est fini, j’en ai marre, cassez-vous, rallumez les lumières, envoyez de la house dans la sono, on se casse ».

J'ai peut être trouvé le nouveau poster que je vais accrocher au dessus de mon lit...

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