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lundi 18 avril 2011

Interview : The Konki Duet, Let's Bonappétons !


01. « Si c'est en français, ce n'est pas du rock ». Sur « Let's Bonappétons! » vous avez des morceaux en français. Votre nouvel album c'est du rock ou pas ?
Tam – On ne pense pas au genre qu'on fait, mais je crois que spontanément, on fait quelque chose autour de la pop.

Kumi – C'est du rock s'ils entendent que c'est du rock, c'est de la pop s'ils entendent que c'est de la pop. En tout cas, j'aimerais croire que ça existe du bon rock en français.

Zoé – Si tu fais attention, tu remarqueras qu'on a évité le problème et le morceau le plus rock du disque est sans parole. De toute façon, on a dépassé le rock : maintenant on fait de la variété internationale.


02. Vos compositions sont en général très travaillées avec beaucoup de variations de rythme, d'ambiance, comme une sorte de rock progressif se confrontant au format pop. Quel est votre rapport au rock progressif ?
Tam – Nous nous étions amusées avec l'exercice de changements de tempi et d'ambiances sur notre deuxième album, c'est vrai. Les titres de Let's Bonappétons sont pour moi beaucoup plus directs, sans détours. Ils entrent parfaitement dans un format pop.

Kumi – On ne fait jamais de session qui dure des heures et des heures en répète donc il n'y aura jamais de morceau qui dure plus que 5 min.


03. Vous nous avez dit que votre groupe de musique idéal c'est « 4 nanas super belles et un mec qui sert à rien » C'est qui la quatrième nana et le mec qui sert à rien dans le groupe ?
Tam – C'est sympa d'avoir pensé qu'on parlait de nous, mais en fait non :) De toute manière, le groupe idéal pour moi c'est Motörhead.


04. Dans vos influences vous citez Marine girls. Dans quelle mesure vous ont elles influencées ?
Tam – C'est peut être exagéré de parler d'une influence, mais c'est leur côté immédiat et sans prétentions qui me plait.

Kumi – C'est une de mes références musicales quand j'étais au Japon. Elles ont une simplicité et l'esprit pop avec les moyens du bord, vraiment super sur un label que j'adorais Cherry Red Records.


05. Pour le disque que vous aimeriez écouter, vous nous avez répondu le quatrième album de The Konki Duet. Maintenant qu'il est réalisé, vous l'écoutez souvent ?
Tam – Non. Je crois qu'on écoute beaucoup ses propres disques au moment de leur création. Une fois que l'album est terminé, on arrête de l'écouter.

Kumi – Je les écoute pour faire du karaoké chez moi.

Zoé – En fait, j'attends toujours d'écouter le quatrième album de TKD. Celui ci, c'est le troisième.

Tam – Bien vu, y en a au moins une qui suit :)


06. Pour la reprise que vous aimeriez faire vous nous avez dit : United de Throbbing Gristle. C'est toujours prévu ? D'autres reprises en vue ?
Non, pas de reprise de TG, mais sur notre nouvel album il y a Savoir-faire de Family Fodder. On fera d'autres reprises, bien sûr !


07. Toujours pas de mashup que vous aimeriez faire ?
On n'a toujours pas cherché à savoir ce que c'était :)


08. Le texte que vous aimeriez mettre en musique ?
Tam – La météo marine

Kumi – Les phrase de Kô Machida sur twitter


09. « Les audions que l'on arrive à concrétiser donnent parfois de très beaux morceaux. » Y a t'il beaucoup d'audions sur ce nouvel album ?
Toujours, c'est un de nos outils de travail habituels.


10. Quelle question aimeriez vous vous poser ?
Tam – Où est passé mon bonnet ?

Kumi – Qui êtes-vous Polly Maggoo ?

Zoé – Qui connait un 3 pièces qui se libérerait vers Les Lilas/Pantin/20ème arrondissement pour mon copain et moi ?


The Konki Duet - Heartful (2011)


Suivre les Konki Duet sur leur site, myspace et deezer.

Digression #3 : le Club


Je passe une grande porte verte, une large pièce s'ouvre devant moi. Des globes lumineux pendent du plafond et touchent quasiment le sol, produisant un éclairage vert par réfraction. Du bas vers le haut, l'inverse de la lumière naturelle en somme. Des néons dessinent les arrêtes des murs et ajoutent à l'impression de lévitation, d'architecture suspendue.

Il y a peu de monde à l'intérieur : je reconnais le violoniste de Tuxedomoon, James Plotkin et quelques personnes de Radian. Tamara est assise à coté de Sébastien Roux et ils boivent de longs Mojito à la paille, agitant parfois leurs verres pour remuer les feuilles de menthes fraiches prises dans la glace pilée.

Je m'assois à la table la plus proche. Une troisième personne vient de les rejoindre. J'entend des bribes de conversation "...Missy Undertone, et vous ?", un long drone métallique m'empêche d'entendre la suite. Parfois le son s'adoucît et de douces mélodies se confrontent aux sons rugueux. Mon regard glisse sur les murs blancs couvert de graph' noirs représentant des animaux étranges qui rebondissent sur des fleurs carnivores et des dégradés vert, jusqu'au comptoir où je crois apercevoir le serveur, un drôle de petit être blême portant une capuche, qui maintenant me fixe de ses grand yeux sombres.

Derrière lui, un long tableau affiche les prix des consommations, et je suis surpris par le nom de l'endroit : Le Green Violonite Club...

Missy Undertone (2004) by Green Violonite Club


Écouter Music For The Cloudy Escape sur soundcloud, voir le clip de Missy Undertone et le site de The Cloudy Escape

Full Chrome Logic


How amazing it is to find patterns in our day-to-day lives. Questions came to my mind as I was making coffee: are those patterns a product of our need to arrange chaos into order or are they the result of the limitation of our self to see more variety in our surroundings? Or, if you decide that the questions are not mutually exclusive but are equal parts of the same question: Are those patterns representative of our need to mark the familiar in our surroundings? Of course, I should define what I mean by patterns and all the different elements in my questions but I am sure a philosopher/poet/artist/whoever-suitable has thought this idea through so if you know their name, please leave a comment.

Anyway, reading Tamara’s choice yesterday (HTRK or Hate Rock Trio), before I start listening to the album, I remember – ‘I remember this name’. I had seen it before on one of my Spotify wanderings so I look at my playlists and see Weird Rock. That would be the one. Nostalgia is there with Beak> Beak>, Blood On The Wall Awesomer, Tickley Feather Hors d’Oeuvres. Later in the evening I choose to listen to the first song on Nostalgia which is 1 Hate Rock Trio.
The white noise normalized, the banging of concrete sounds in reverberation, this is familiar. And then I can picture in my head a desiccated landscape, cactuses ('cacti' sounds terrible), and a blinding sunlight, half of the front cover in ochre. I know which band I’m thinking about and I know the album but I forgot the words in the title. It is Sonic Youth on a sky-blue transparent record and it is a soundtrack. I go on my search engine and type in ‘sonic youth soundtrack’ and it propels us to SONICYOUTH.COM DISCOGRAPHY: SOUNDTRACKS.

And then I realise, this is great, the record is called Made in USA; Jean-Luc Godard, the sand, the beach, HTRK are Australians, hey, this is all linked. Ok now I am writing it down, it does not seem as great an illustration of my questioning as I thought it could be.

Perhaps those connections are better left inside my brain, or perhaps I am a poor storyteller. Proust would be appalled. Oh, one of the songs on Made in USA is called Secret Girl and one of the songs on Nostalgia is called Look At That Girl! Ok, I give up.

Sonic Youth - The Velvet Plug (1988)

*Secret Girl was originally released on Sister (1986)

dimanche 17 avril 2011

Jour 3 : Tamara : HTRK "Marry Me Tonight"


J’ai découvert HTRK avec Nostalgia une ou deux années après sa sortie initiale (sûrement dû au décalage horaire avec l’Australie). J’ai tout de suite été saisie par le son brut (la mention enregistré avec deux micros m’a parlé aussi). Les rythmiques minimales et la voix de Jonnine m’évoquent certains de mes artistes préférés. Il y a quelque chose de cruel dans cet enregistrement et c’est parfait.

En 2009, le groupe a sorti Marry Me Tonight. La production de Rowland S. Howard est plus soignée. Le groupe reprend certains des morceaux de Nostalgia, dont Rent Boy (le jumeau de Look At That Girl) que je crois pouvoir écouter à l’infini.

samedi 16 avril 2011

Digression #2 : Zoé & Ronald


La première fois que j'ai rencontré Zoé, c'était à Paris. L'appartement est éclairé en contrejour par la façade blanc saturé de l'immeuble d'en face. Elle est assise sur le grand lit qui occupe une bonne partie de la pièce principale à coté de son Ronald du moment. J'ai apporté une démo de mon quatrième album et nous sommes en train de l'écouter, d'envisager une possible sortie sur le label que Ronald dirige. Nous sommes attentifs.

Un peu avant, je me souviens d'un concert de Ronald en 1999. Il a posé ses boites à rythme sur une table gris foncé, dans le fond de la scène, à l'opposé du public. J'ai trouvé ça bizarre, tout cet espace vide en plein centre. Jusqu'au moment où, au milieu de ce que l'on devine être son dernier morceau, il sort de sa cachette et vient s'assoir par terre au centre de cet espace. Il a l'air détendu, un large sourire sur le visage, penche son buste en arrière, s'appuie sur ses mains et étend et croise ses jambes devant lui. Il balance sa tête de droite à gauche en continuant de sourire, visiblement heureux, pendant que la masse sonore violente et hypnotique continue à évoluer, en mode automatique. Puis à la fin du morceau il se lève, retourne à la table, enclenche une touche et Elvis retentit à travers toute la salle : A little less conversation, a little more action. Puis il sort de scène, pas de rappel.

Ronald faisait aussi du surf, (peut être continue t'il toujours ?) et il a lancé une marque de fringue. La pochette d'un de ses disques montre un surfeur attaquant une grosse vague dans une teinte bleutée.

Je me souviens aussi de lui sortant des bières de ses poches et les cachant sous une voiture enneigée garée à 30 mètres du videur qui vient de nous interdire de rentrer dans la soirée privée ou nous essayons de nous incruster. Une fois le videur passé (on est persévérant), Ronald taxe un cigare à un homme d'une cinquantaine d'année en costume cravate, sans doute un futur patron de C. qui nous a aidé à rentrer en nous faisant promettre de bien nous tenir, et après avoir tiré trois lattes dessus, le plonge dans le verre du type avec une moue de dégoût. En sortant nous avons récupéré nos bières et nous avons fait des glissades dans la neige. De retour chez C. nous avons fini la salade de riz assis par terre à la lueur de la lumière du frigo.

Et comme ça arrive parfois, Zoé et Ronald se sont séparés et je n'ai jamais revu Ronald.

Une dernière fois dans la chambre à Paris, je revois les yeux rieurs de Zoé et je me dis que c'est ces mêmes yeux là qui ont choisi la vidéo de Best Coast - Crazy for you. Et c'est ainsi que nous nous débattons, comme des barques contre le courant, sans cesse repoussés vers le passé.

Celluloid Mata - Hanging oscillations (1998)


La citation de fin est extraite de Gatsby de Francis Scott Fitzgerald traduit par Julie Wolkenstein.

A Tiger In You


Listening for the first time to Best Coast – I didn’t previously know the band – I hear an exact mix between the Breeders and Beach House. And a bit of The Fresh & Onlys. In the case of The Fresh & Onlys who also have been described as a surf revival band, yes, I get the surf guitar. For me that’s what surf music is. But I guess I’m being too anal. The Beach Boys have written Surfin’ USA, Surfer Girl, Surfin’ Safari and Surfin’. You can’t hear a surf guitar in any of these songs but again, if the record is playing you can’t help but think of a sandy beach and a few tanned and toned fresh bodies on a sliding wooden board. In other words surfin’. So I guess that’s the point of the reference. Usually the title of the song helpfully focus your mind in that direction.

I went a few times to St Yves in England and most of the time if you look in the opposite direction of the Tate and stare at the sea, forearms rested on the black balustrade, you will see surfers getting a taste for the significant waves, all wrapped up in a body suit. You have to understand this could be in November or in February when you would see steam blurring out your vision coming out of your pasty. In these circumstances, forget about the Beach Boys. I mean they even made you think about surfing while singing Frosty the Snowman but I would like to see them try in Cornwall. Well I've tried and I can tell you, it doesn’t work. Anyway, I’m not sure what’s my point. Ah yes, what is making us think about a nice sandy beach when we listen to this stuff? No idea. But it works. Can’t wait for the summer. Fuck off Frosty.

The Fresh & Onlys - Be My Hooker (2010)

Jour 2 : ZOÉ : Best Coast "Crazy for you"


(Le disque qui symbolise pour moi l'été 2010.)

Enregistrer un album n'est jamais un événement mineur, et l'enregistrement de Let's Bonappétons en juillet 2010 n'a pas fait exception : des montagnes russes émotionnelles, des fous rires inexplicables, des fulgurances soniques, des larmes d'épuisement, des journées entières sans voir le soleil, enfermées dans un studio.

Je retrouve une partie de cet été là dans le morceau When I'm with you de Best Coast, dans sa mélodie en forme de toboggan, dans sa batterie solaire et ses guitares qui éclaboussent, je me retrouve un peu malmenée par des émotions contradictoires : envie de danser mais quand même la gorge serrée.

La simplicité de sa musique me désarme, la sincérité de ses paroles me touche, la proximité de son personnage m'enchante. J'ai beau constater qu'elle parle tout le temps de la même chose à longueur de disque, d'attentes à côté d'un téléphone, de désirs secrets, de la joie d'être ensemble et de la frustration d'être séparés, que c'est un peu cucu et kitch, je ne peux pas m'empêcher de dire Et alors ?

Zoé

vendredi 15 avril 2011

Digression #1 : Chambre avec vue



Je n'ai jamais été attiré par la musique d'amérique du Sud. J'ai beau essayer, je n'y arrive pas. Ça n'allume rien en moi. Nada. Enfin quand je dis que ça n'éveille rien en moi c'est faux, ça n'éveille rien en moi de musical. Je vais préciser : par une étrange association d'idées ça me ramène à mon adolescence, à mon Amiga 1200, à mon Amstrad CPC 6128, à L'arche du Captain Blood et surtout à Dune. Même si cette digression, à l'air tordue, elle est finallement assez simple et s'articule autour d'une seule personne : Philippe Ulrich.

Philippe Ulrich à participé à ERE Informatique, chez qui il a produit Captain Blood, (que j'ai découvert sur mon CPC) puis chez Cryo Interactive ou il a produit Dune (joué sur mon Amiga) puis Atlantis (joué sur le PC d'un copain). Puis il s'est fait viré de Cryo et lors un repas bien arrosé où était invité Henri Salvador, il a lancé un pari au vieux chanteur et lui a promis de le faire sortir d'une fin de carrière un peu pathétique. C'est ainsi que Chambre avec vue est né. Et moi j'ai découvert ce lien lors d'une conférence d'Ulrich au Cube dans le sud de Paris.

Et ça a produit un court circuit neural : Henri Salvador s'introduisant chez les Fremens, sussurant de sa voix de crooner les paroles perverses de Feyd-Rautha ; le visage de Sting grimaçant, explosant du rire débridé de Salvador ; la mèche de Kyle MacLachlan tombant sur les yeux bleu sur bleu de Benjamin Biolay. Et Wanda Sa qui traine sa guitare sur le sable, cette dune plate, d'une démarche de somnambule. Elle semble se diriger vers Muad'Dib, elle est peut être Chani ?

C'est un ailleurs / C'est une chambre avec vue / C'est un ailleurs / Un lieu où j'ai vécu...

Stéphane Picq & Philippe Ulrich - Wormsign (BO du jeu Dune) (1992)

Javal Renoir


Looking at the cover from Wanda Sá's Vagamente the first thing I feel is a sense of emptiness. The sky is white with a few touches of blue, formless clouds like a fog, a blur in the distance. The sea, save for a shy wave, is completely plane. The sand, damp and creased, seems like a flattened brain on which Wanda – eyes frowned, blinded by the clarity of the sun – drags her guitar and her feet. The title, spread diagonally to fill the space left bare by the non-clouds, is ‘Vagamente’, meaning according to googletranslations ‘vaguely’ or ‘vacantly’.

The voice of the singer, as Kumi describes, is not forced but to me it does not convey a sense of idleness, it conveys a sense of boredom. And although I find the song agreeable, it is also somewhat quite unsettling. This girl seems to be bored out of her brains; probably why she ends up walking on it.
It reminds me of the main female characters in early Godard films: Camille Javal in Le Mepris, Marianne Renoir in Pierrot le Fou.

I guess women at the time, after an emergent second wave of feminism, were still trapped between the promise of freedom and what was actually happening for most of them... Nothing. No way near equality. No wonder they felt depressed. Well, I realise it is the way that Godard has decided to portray his female character at the time but anyway, I feel I can trust him as a social observer. 1964-1965, What am I gonna do? I don't know what to do. Maybe you should sniff some glue.

*Pierrot le Fou directed by Jean-Luc Godard, with Jean-Paul Belmondo and Anna Karina

Jour 1 : KUMI : Wanda Sá "Vagamente" (1964)



"J'écoute rarement un album entier mais je sors cet album chaque printemps été pour passer du temps agréable en faisant la vaisselle ou d'autres choses ménagères.

La voix est mixée bien en avance mais elle ne force jamais et ça crée une petite ambiance de paresse agréable comme si j'étais en vacances et j'ai rien à faire."

Kumi

Wanda Sa - Adriana (1964)

jeudi 14 avril 2011

4 days with the Konki Duet


Nous avons le plaisir de vous annoncer que nous allons passer 4 jours avec les Konki Duet. A partir de demain, chacune des Konki nous proposera un album qui lui tient à coeur, jusqu'à lundi, jour de la sortie de Let's Bonappétons ! où nous vous offrirons une interview exclusive.

And now, Let's Dance (with the Konki Duet).