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vendredi 25 avril 2014

Toutes choses égales : le nouveau Ep de EAR !

E.A.R. (Peter Kember) en la prueba de sonido
All Things Being Equal, est la nouvelle sortie depuis 2005 de Pete Sonic Boom pour son projet Experimental Audio Research. Picture disque 12' édition limitée à commander d'urgence chez dekorder.com




Relire notre interview de Peter Kember et lire une (très) longue interview de Sonic Boom d'avril 2014. (Ne pas oublier de réécouter Soul Kiss (Glide Divine) par Spectrum).

Relire également nos comptes rendus de concert de Sonic Boom : Walking and falling, at the same time: Sonic Boom au Trabendo en 2012 ; Le motard & Marilyn : Panda Bear & Sonic Boom à la Gaité Lyrique en 2011 ; "Wicked gig, man" : Spectrum au Point Ephemère en 2010 ; La Treizième revient : Spectrum au Nouveau Casino aussi en 2010.

pix : experimentaclub

jeudi 4 juillet 2013

L'été en décadence douce


Une version live de Decadence de Kevin Ayers par Pete Sonic Boom et Kevin Ayers.

Ecouter aussi la magnifique version originale de Decadence (Early mix) par Kevin Ayers en 1973. Tout Sonic Boom est déjà là.

mercredi 9 mai 2012

Une certaine impatience

Sonic Boom travaille actuellement sur le son du second LP de Cheval Sombre - Mad Love, prévu pour cette année.

Cheval Sombre - Red moon (Sonic Boom remix) (2011)

mardi 17 avril 2012

Walking and falling, at the same time: Sonic Boom au Trabendo


Je crois que ne suis pas revenu au Trabendo depuis 8 ans. Depuis le concert de reformation des Seeds en 2004. J'ai mis un peu de temps à me repérer, la décoration a pas mal changée et l'image mentale que j'avais de la salle s'est altérée. Ce soir, samedi 14/04, c'est la soirée de réouverture et Sonic Boom est en live. Il sera suivi (entre autres) par un DJ set de Zombie Zombie et de Mickey Moonlight.

Dans la salle vide j'essaye de superposer l'image de Sonic Boom et celle de Sky Saxon. Je suis sûr que ça lui aurait fait plaisir de savoir qu'il allait se tenir exactement à l'endroit ou se trouvait Sky.

Comme c'était l'heure de l'apéro, nous sommes allés dehors prendre quelques rafraîchissements et quelques hot dogs en attendant le début du concert, puis, tout cela tranquillement avalé, nous avons pris place dans la salle. Sonic Boom à la place de Sky Saxon, comme prévu, et moi à la place à laquelle je me trouvais 8 ans plus tôt : l'équilibre du monde était respecté. Le concert a commencé sur un morceau habituel, Mary sans doute, puis Sonic Boom a enchaîné sur une reprise Hall of Mirrors de Kraftwerk - Even the greatest stars... discover themselves in the looking glass. J'étais encore pris dans mon écho personnel quand j'ai entendu "Walking & Falling" et j'ai plongé au coeur de l'aleph :

I wanted you. And I was looking for you.
But I couldn't find you.
I wanted you. And I was looking for you all day.
But I couldn't find you. I couldn't find you.

You're walking. And you don't always realize it,
but you're always falling.
With each step you fall forward slightly.
And then catch yourself from falling.
Over and over, you're falling.
And then catching yourself from falling.
And this is how you can be walking and falling
at the same time.



"Walking & Falling" de Laurie Anderson, paru sur Big Science en 1982, est une épure, un texte d'amour issu d'un rêve. Fragile et puissant, auquel on ne peut rien retrancher, ni ajouter. Un mouvement immobile, une attente, une frustration, un constat, un déséquilibre et un rétablissement, puis une révélation.

Avec les Spacemen 3, Peter Kember est parvenu à l'os du rock'n'roll, au squelette de chair auquel on ne peut plus rien soustraire, à une perfection émotionnelle. En solo, sous le nom de Sonic Boom, il est parvenu à l'os de la pop. Sa musique est un flash sur un ralenti, dilaté entre l'instantanéité du temps mental et l'avalanche de stimulus visuels. Comme la marche de Laurie Anderson, la musique de Sonic Boom participe de deux mouvements : un vertical - ascendant et descendant, et un horizontal - progression et régression, et nous sommes pris à l'intersection de ces deux mouvements, le corps oscillant lentement, presque figé tout en déclenchant une intense activité cérébrale et émotionnelle. Le même et la différence. L'équilibre instable.

Peter Kember est un cube de Donald Judd sur lequel on pourrait verser une larme, une présence, un principe réconfortant, comme une discussion feutrée avec un(e) ami(e), qui s'enfonce dans l'ouate du petit matin. With each step you fall forward slightly. And then catch yourself from falling. Over and over, you're falling. And then catching yourself from falling. Sa musique marche les yeux fermés, et nous nous sommes ses somnambules.


Spectrum vient de sortir un split EP vynil avec Cheval Sombre sur le label The Great Pop Supplement. La version éditée par Sonic Boom du "Red Moon" de Cheval Sombre est une pure merveille.

Lire notre interview de Sonic Boom (2011) et lire les compte rendus des précédents concerts de Sonic Boom :
- Le motard & Marilyn: Panda Bear & Sonic Boom à la Gaité Lyrique (Décembre 2011)
- La Treizième revient: Spectrum au Nouveau Casino (Octobre 2010)
- Wicked gig, man: Spectrum au Point Ephemère (Mars 2010)

samedi 10 décembre 2011

Le motard & Marilyn : Panda Bear & Sonic Boom à la Gaité Lyrique


Je repense à Marilyn Monroe faisant l'amour sur une moto. A son motard qui l'a entraîné dans les buissons pour une petite gaterie qui l'a un peu dégoutée - il sentait le cambouis et l'huile de moteur ; elle n'en avait plus vraiment envie. Je repense à Lou Reed entrainant Metallica dans les buissons - et je ne sais pas lequel des deux sent le plus le cambouis. Je repense au concert de Panda Bear avec Sonic Boom. 

Sur l'écran géant de la Gaité Lyrique, nos buissons étaient de lumières, flashy, bleu hypnotique sous les stroboscopes. Marilyn était probablement Sonic Boom et Panda Bear, le motard. Pas fineau, mais avec quelque chose d'attachant et une belle moto toute neuve. Notre Marilyn était rayonnante, comme à son habitude, mais le vilain panda yodeleur rodait. Certains morceaux ont toutefois été remarquables - The drone, par exemple - avec la vidéo du bodybuilder à tête de lapin qui apparaissait entre deux flash colorés. You can count on me, ou Last Night at the Jetty ont aussi été très bons. D'autres fois c'était plus fastidieux : trop de voix, pas assez d'apnée musicale. Parfois Brian des Beach Boys passait la tête dans les buissons blanc de fumée mais trop souvent le chant du panda évoquait plus la petite mort de la bête. Resteront les sonorités de Sonic Boom.

Et même à genoux, Marilyn restera toujours Marilyn. Le souvenir de quelque plis de pantalon ne seront jamais plus pour elle que l'unique souvenir qui restera du vieux salace qui l'a fait passer sous la table de mixage...

The drone et le bodybuilder à tête de lapin blanc.

dimanche 4 septembre 2011

Interview : Sonic Boom (Peter Kember)



1. Your first musical memories?
My first musical memories ? probably more sounds than music. The first piece i remember effecting me strongly was ‘dr.who’ theme by Ron Grainer, realised via tape loops & basic electronics by Delia Derbyshire. Delia told me the swooping lead sound was influenced by a French ensemble she had seen who played glass rods – the ‘something or other Sonore’. I forget their name. (The Offline People says : Le Structure Sonore). I always really liked sounds with slow attacks & drone based songs .

2. The best record you received as a present? / The worse one?
The best record I received as a present... The first cassette I was given was a Buddy Holly compilation. I love Buddy Holly’s music to this day. I guess if I’m turned onto music by someone, I consider that a present. When i was a kid I always asked for record tokens for xmas etc., so I could go pick up stuff i really wanted. I remember my brother asking for records from my granmas one year. Never mind the bollocks & B.O.C. ‘some enchanted evening ‘. haha. Funnilly the one who bought the ‘B.O.C.’ record thought it was some old 40’s schmaltz from the title & got the shock of her life. I thought the one who went to 3 stores to find the (then in a banned sleeve) ‘bollocks’ was quite game, really. But i thought I’d save them the leg work.

The worst ? Jason Pierce only ever gave me two gifts – both records. The one in question was a pic disc of Hendrix at some god awful gig where Jim Morrison supposedly gave him a blow job onstage... he found he already had it & gave it to me... haha

3. The first record that you lost?
I don’t lose many records. I had a bitchin’ ry cooder live show from the early ‘70’s that got nicked from me. It was a killer mix & recording, but all thru hes like ‘hey, the monitors suck. can u fix it ?’ ‘hey, can u sort these monitors ?‘ and that sorta thing. I think the sound guy was using the aux sends to mix the bootleg... Ry cooder is the sorta ass that used to only play non-smoking shows in the 80’s... but i’ll forgive him that for ‘Safe as milk’ and ‘Paris, Texas’...

4. The name of your imaginary band?
It varies. Chigger & the no-see-ums was popular Last week... I’ve just started an online project under the name ‘SWITCH’. Its basically me & a bunch of friends & friends’ friends sending each other files for adding to, screwing with, looping etc etc. We also got a couple of video members. Its just getting going, but initial signs are good. Its kind of like hobby shit for folk like us in bands.

5. In which environment do you like to record music?
A good one ! Just a chill vibe. I’m enamoured with working at MGMT’s facility they share with my best man, Nick Kramer. Due to the people around & the cross pollination of different projects coming thru, its become a real fun place to work. I like people passing thru when i work. Long as they know when to zip it. I’ve got some killer friends in NY and it really makes the Blanker Unsinn experience excel.

6. What will music sound like in 50 years / 5000 years?
Well, sound only has so many possibilities... but the way they can be combined with song writing is limitless. some of my favourite music is only 5 years old. Some of it is 80 years. Music is pretty timeless.

7. Which underrated album will start a new musical genre?
Well... maybe the Red Crayola’s ‘God Bless The Red Crayola’ lp. Which so artfully predicted 30 years of independant music ? The new issue of the original tapes, mastered properly is something else...

8. Which album should never have been made?
The Tin Machine ? Bowie... c’mon dude, that was slack...

9. Your favourite album to have a drink?
I dunno. Never considered that much... Greek bazooka music. Stuff with rippling balalaikas.

10. Your dream collaboration?
I’m kind of pro-active & I usually try & hook up with people I really like. If I think they might be game for some fun. MGMT & PANDA BEAR are both dream collabs for me. In different ways too. MGMT are just like the funnest bunch of freaks u could want to meet. I really felt they made me stretch myself to their standards, and I definitely dug that. Panda Bear is differant, he’s a great freak too. It’s just such soothing soul work to work on his stuff. Playing live with him is killer. It kind of feels like being pulled along by some unseen force, with great power but some sort of compelling draw into itself. I offered to help him out on his solo shows and was pleased when he was like – yeh – thanks ! I think i have the best jobs in the world. I really love the bands i work with and not having to be the boss and take responsibility from the bottom up is re-freshing. Similarly, sharing knowledge – it’s just a treat for me to hang with people like these guys who all have different, but amazing, perspectives.

11. The record that freaks you out?
I don’t like Frank Zappa. But for ‘why don’t you do me right ‘ - the 1st b-side. Otherwise though...

12. The record you would like to listen to right now?
I’m looking for the 1st panda bear disk... er... the new Holy Shit record. I found them thru looking for stuff on UUAR records. Nice stuff... the new Animal Collective lp sounds like it’ll be astounding - from live shows of it. Theres something really primal & un-controlled about it that really stunned me.

13. The film that tickles your creativity?
A colour box by Len Lye 1935. This and other animations done by the GPO film unit in the UK in the 30’s & 40’s. They created astounding colour abstract animations ‘a matter of life & death’ and any of the Emerik Pressburger films thru the early ‘40’s. Films with strong and surreal sentiments are often a spur. I’m not much odf the film buff, but i find inspiration in film dialogue as often as actual conversation.

14. The little-known track that everyone should have heard of?
The lp – Missa Luba – an lp of Congolese tribesmen singing & drumming. One side is their interpretation of the latin mass. Stunning. Some may know ‘Sanctus’ from the equally great Malcolm McDowell film ‘IF...’. Magnetophone - 'The man who ate the man’ – amazing lp from the early 00’s. On 4AD. Luv it....

15. An album or an artist you wouldn’t want to be?
I’ll assume there are more who would rather not be me !

16. The cover version you would love to do?
Hmmm... so many... maybe something by the Yardbirds... maybe Reverberation by the 13th Floor Elevators...

17. The mashup you would love to do?
Sun Araw & Panda Bear... might be pretty bitching ?
Bo Diddley & Alan Ravenstein ?

18. The text you would like to produce a soundtrack for?
Kind of done it... Francis Bacon’s the new atlantis. Maybe I could do the full story though. I highly recommend it. If they did a film of ‘Diary of a drug fiend’ i’d love to do that - though i’d need help from some friends... but i can hear it now...

19. Have you ever had auditory hallucinations?
Yes. Mildly often. Strongly from a drug they withdrew, that was an mao inhibitor. after 1 day of taking it, I took some opiates & everything went very strange. mao dmt is a weird one too. I smoked that with crack once by mistake (it was left coating a pipe - I was only trying to smoke the dmt - i think...)

20. How would you like to die?
Quickly. Painlessly. Happily. From old age.






Go to Sonic Boom official website, to his myspace and read his wiki.

Europa tour dates for Panda Bear & Sonic Boom
TUE 29 NOV 11 France Paris La Gaite Lyrique / WED 30 NOV 11 France Lille TBC / THU 01 DEC 11 UK London Electric Ballroom

Latest News
- SUN ARAW's Ancient Romans double lp - mastered by Sonic Boom.
- The RED CRAYOLA - The Parable of Arable Land lp + the rare 'Epitaph for a legend' demos and God Bless The Red Crayola And All Who Sail With Her release and re-mastered by Sonic Boom
- Peter Zinovieff 3 CD set - previously unreleased


vendredi 12 novembre 2010

La Treizième revient : Spectrum au Nouveau Casino


Je suis coincé entre une grande blonde trop maquillée à la mèche trop longue qui lui tombe sur ses yeux trop charbonnés qui enregistre le concert tout en criant dans l'oreille de sa copine trop petite et trop brune à gauche, un clone de Pete Sonic Boom en tweed à droite ("'tu ressembles à Sonic Boom" lui dit la blonde à l'oreille" "Ouais j'sais" lui répond le clone en balayant sa mèche sur le coté droit de son visage) et un type aux cheveux longs, très chic, qui me tourne le dos, devant. Sur scène Spectrum vient de commencer "How you satisfy me" et je hurle à chaque morceau comme la groupie que je suis.

E. m'a dit un jour que si je lui survivais, il souhaiterait que l'on diffuse "Forever Young" d'Alphaville pour son enterrement. Depuis ça m'obsède, quelle devrait être la dernière musique qui m'environnera, quelle musique signera, résumera ma vie, ma personnalité, quelle musique devra envelopper une dernière fois mes amis et ma famille présente à ce moment ? Quand Spectrum commence les 17 min. de "Suicide" je pense que j'ai trouvé exactement la musique qu'il me faut. (et là, vous vous dites 1- Whaou le symbole est trop fort, c'est trop rock'n roll. 2- Quel con.) Je suis conscient du paradoxe, mais il est inhérent au morceau : sa structure repose sur une boucle en perpétuelle progression / répétition qui dilate le temps, qui est joué depuis plus de 20 ans à chaque live de Spacemen 3 Spectrum, et qui est toujours la même et toujours unique. A chaque fois que je l'entend en live c'est le morceau qui me fait le plus sentir vivant, pleinement dans le présent. Un présent perpétuel, celui de la nouveauté persistante, une trance électrique obsessionnelle qui brouille notre temps personnel (j'en ai déjà un peu parlé ici...).

Sortant de mes réflexions hypnotisées, les oreilles bourdonnantes de Fender, j'entrebaille mes paupières : la grande blonde continue de saccager son enregistrement en parlant à la petite brune ; le clone de Sonic Boom est toujours dans sa veste de tweed et le type au cheveux longs continue de me tourner le dos. Puis soudainement il se retourne et me glisse à l'oreille : "La Treizième revient... C'est encor la première; - Et c'est toujours la Seule, - ou c'est le seul moment.". "Quoi ?" Sonic Boom trifouille les boutons de son amplis et je n'entend pas ce qu'il me dit ; "Suicide" vient de se terminer.


(Ah, au fait, c'est la version de février 2010 au point éphémère, mais est-ce réellement important ?)

pix : pablo prieto

dimanche 28 mars 2010

"Wicked gig, man" : Spectrum au Point Ephemère


Ça commence par When tomorrow hits et Suicide. Pas le concert de vendredi mais ma rencontre avec les Spacemen 3. C'était à Dijon un dimanche soir. J'ouvrais ma valise dans mon appartement d'étudiant, je venais juste d'arriver après un week-end passé chez mes parents. Il devait être 23h15, j'ai allumé Radio Dijon Campus et j'avais 19 ans. Je ne sais plus qui animait l'émission mais je sais que suis resté figé sur place ; puis j'ai dû m'assoir sur le rebord de mon lit ou me rapprocher de mes enceintes... Je me rappelle l'éclairage tamisé de ma chambre et le fondu enchainé entre When tomorrow hits et Suicide ; le tambourin de l'intro de Suicide, les notes de synthé et de guitare obsessionnelles.

Ma seconde rencontre avec Sonic Boom, ça s'est passé en 1997, lors du Festival Musiques Ultimes à Nevers. Sonic Boom jouait en duo avec Eddie Prevost de AMM. Les sièges en velours rouge du petit théâtre étaient confortables et je me suis senti un peu déçu au début de ce concert. Ça commence toujours comme ça aussi. Puis je me souviens avoir un peu fermé les yeux. Tout s'organisait, prenait forme... les cables et les ondes du VCS 3 se mélangeait avec les percussions d'Eddie Prevost. J'aurai pu quitter mon corps mais ça ne s'est pas produit. Du moins je ne crois pas.

A la sortie du concert, j'ai croisé Sonic Boom dehors : un grand type livide appuyé sur une colonne de l'entrée du théatre. Puis dix années se sont écoulées : j'ai patiemment accumulé les CD des Spacemen 3, les pictures disques de EAR et j'ai passé beaucoup de temps à chercher des infos sur internet sur les Spacemen 3 ou sur les groupes affiliés. J'ai aussi progressivement quitté leur drone rock et les expériences sonores de Pete Kember. Enfin, c'est ce que j'ai cru. Je n'avais plus vraiment besoin de les réécouter, elles avaient façonnés mes obsessions musicales.

A une date indéfinie, je suis devant les portes de Mains d'Oeuvres et une affichette m'annonce que le concert de Spectrum plays Spacemen 3 est annulé.

En décembre 2005, je suis au Point Éphémère et le début du concert de EAR ne me parait pas très bon. Puis les lumières bleues des projecteurs commencent à onduler et les vagues du VCS 3 deviennent tangibles, brutales. Je me rappelle qu'avant le concert Sonic Boom était appuyé à une des colonnes en béton de la salle.

Puis mon frère m'offre Spacemen 3 & the Birth of Spiritualized, c'est une biographie par Erik Morse. C'était en janvier 2009 et le 14 mars, je suis comme une groupie devant le Nouveau Casino : Sonic Boom va jouer les morceaux des Spacemen 3 et je vais les entendre en live pour la première fois. Au début du concert, il brandit une bouteille de vin blanc et chante un peu faux. Puis When tomorrow hits commence, la salle se tent, captive de la fuzz. Les figures deviennent extatiques.

Vendredi soir dernier, Spectrum jouait au Point Éphémère. Sonic Boom est dans la salle, appuyé contre le mur derrière le stand de disque. Il écoute Django Django, la première partie du concert : un curieux mélange des Monks jouant de la new wave, avec un chanteur aux allures de Beach Boys écossais. Sonic Boom sort quelques temps pour parler tranquillement à l'extérieur de la salle.

Les premiers accords de Fender se font entendre et le concert commence. Comme d'habitude c'est un peu mal calé et il chante faux. How you satisfy me, When tomorrow hits, le set est quasi identique à celui de 2009. Spectrum y ajoute War sucks, une reprise de Red Krayola. Les accords se répètent, la fuzz tournoie dans la salle. Je me retourne et je vois un grand type appuyé contre une colonne, la bouche entrouverte, les yeux fermés. Sur scène, Sonic Boom triture ses filtres, change de guitare, se met face à l'ampli ; le temps n'a plus d'importance, Suicide commence. Je me dirige vers les toilettes et trouve deux filles en train de s'embrasser en attendant que les WC se libèrent, elles entrent en vitesse. Un homme les accompagne. Je prend l'autre WC ; Suicide fait trembler la porte.

Les bottes blanches de Lemmy Kilmister apparaissent le long du comptoir, il tape sur l'épaule de Kember, déjà sorti de scène, comme ses musiciens. Il ne reste que le batteur qui continue à faire résonner le drone de Suicide devant la salle hypnotisée. Le drone vibre encore, sursautant à chaque percussion de batterie. Pete lève les yeux et entend la voix rauque de Lemmy sortant des fumigènes : "Wicked gig, man !".

Voir des photos du concert, écouter Revolution (live 2009 au Nouveau Casino) et aller sur le myspace de Sonic Boom.