mercredi 29 février 2012

Crack My Arse Up


Zinc calls his music Crack House. I thought why not, let's give it a go. It even got my nostalgia all tangled up when I found that he did a track with Ms Dynamite*. But then I realised, I actually only like one song by Ms Dynamite. I wonder if I feel the same about Zinc.

Zinc - Sprung (2011)
*DJ Zinc Feat. Ms Dynamite - Wile Out

100 : Bill Drummond's new book will be publish next month


The Offline People are extremely proud to announce that 100, the new book by Bill Drummond to be published in April, includes 4 questions we asked him in 2010. "There will only be 1,000 of these books printed hard back. An unlimited amount of the book will be available for sale electronically." said Mr Drummond. Ready. Steady. Go!

Read the details on 100 by Bill Drummond, here.
Buy it here, or go to Bill Drummond's penkiln burn website, here.

The Congos keep on rowing their boat


...et ils embarquent Sun Araw. Vivement l'album.

Sun Araw, M. Geddes Gengras, & The Congos - Happy Song by RVNG Intl.

pix : Robert Seidel

mardi 28 février 2012

La Fronce forte

On avait croisé Greg Frites il y a quelques temps quand il avait enfourché les Pink Floyd et son pti vélo.

Depuis il s'est fait des potes : Grems, Le jouage, James Delleck, Rimcash, Didai, Entek, MiM, Capten, Djunz, Hustla, Gravité zero et beaucoup d'autres... et ils travaillent tous sur un nouveau projet : La Fronce, un pays musical et artistique à géometrie variable (d'après leur A propos de).

J'avoue que j'suis très fan des prods de Mim & Capten. A suivre donc.

La Fronce sera à la Machine du Moulin Rouge, le 17 mars.







dimanche 26 février 2012

Les fêtes, ici, cela vaut la peine d’être vu : Hecker, Bill Orcut & Fennesz au centre Pompidou




Mon cher oncle,

Sur vos recommandations, Marie Pierre, Joséphine & moi sommes allées voir le concert de Hecker, Bill Orcutt & Fennesz au Centre Pompidou et contrairement à ce que vous nous aviez laissé craindre, nous nous sommes follement amusées. Je dois vous le dire, mon oncle, que vous nous aviez dressé un fort vilain portrait du public arty parisien, dépeint par vous sous les traits de gens froids, hautains, voir dédaigneux... ce sont au contraire des gens chaleureux, espiègles et parfois même un peu taquins ! Jugez en par vous même : 

Vendredi soir donc. Nous sommes arrivées vers 20h25 au Centre Pompidou, nous nous sommes installées et nous avons patiemment attendu le début du concert. Environ 15 minutes plus tard, les hauts parleurs ont grésillé et le concert a commencé. Rien que de très ordinaire jusque là. Puis les parisiens se sont éveillés : à peine cinq minutes après que Monsieur Hecker ai commencé à nous envoyer de brèves mélodies numériques faisant joyeusement carillonner les tympans, un charmant convive ne sachant sans doute pas à qui exprimer sa joie - la scène était vide dans le dispositif scénique de notre premier musicien - s'est alors brusquement piqué debout et s'est mis à faire forces moulinets avec ses bras en direction de la console de mixage. Le volume sonore de l'ensemble nous empêchant de comprendre distinctement son propos, "IIIIII.... OINS... BZZZZZ..... HIIIIIIII...... M..OINS.... GLOB, GLOB... BLIIIIIIIP... FFFFFFFFF...ORT", nous nous sommes alors tous joint à lui dans une amusante resucée de "c'est à bâbord qu'on gueule, qu'on gueule..." adaptée pour l'occasion en PLUS FORT ! PLUS FORT ! MOINS FORT ! MOINS FORT ! Bref, les gens étaient ravis.

Après cette petite mise en voix, tout le monde s'étant décrispé, de nombreuses personnes se sont alors lancées dans des occupations diverses et variées : qui s'est diverti avec le jeu de votre excellent ami G. consistant à mettre ses doigts dans les oreilles de ses voisins (voir même dans les siennes, ce qui m'apparait comme une particularité locale, mais passons...) ; qui se sont levés pour se dégourdir un peu les jambes, il est vrai que les sièges n'étaient pas des plus confortables...; qui pour rejoindre d'autres connaissances dispersées dans la salle en vue de prendre de leurs nouvelles suite à leur séparation depuis l'entrée dans la salle... Tout se passait donc pour le mieux dans cette grande salle auparavant austère, quand soudain là, mon oncle, tenez vous bien, le clou du spectacle arriva !

Le bruyant convive étant sorti sous les acclamations et les vivas de ses nouveaux amis, et les gens étant disposés librement dans l'espace et dans leurs attitudes respectives, un premier jeune homme descendit sur la scène vide, s'assit, tournant ainsi le dos au public. Sans doute voulait-il amorcer "une chenille" ou une "queue leu-leu" ?... bien que je ne connaisse point cette variante assise. 

Surgit alors un deuxième jeune homme qui entreprit de démontrer sa virilité en chahutant les colonnes de haut parleurs, afin d'attirer l'admiration et l'envie des personnes du beau sexe présentes dans la salle... Sa première démonstration s'étant soldée par le basculement et l'éparpillement de la colonne de droite, il s'est ensuite dirigé vers celle de gauche et lui a fait subir le même traitement. La deuxième également effondrée, le son était moins bon mais son but paraissait atteint : sous le charme du bel effronté, une jeune femme est descendue promptement et s'est jetée dans ses bras désarmés, immédiatement suivie par d'autres enthousiastes. Dans les minutes qui suivirent, ce ne fut qu'étreintes et embrassades, les uns tirant sur le col des autres qui serraient à leur tour le cou de notre farceur. Bref une belle rigolade ! Vous auriez du voir ça, mon oncle ! Ah vraiment, comme disait Gilles Ivain : "Les fêtes, ici, cela vaut la peine d’être vu. Je crois que vous n’y perdriez pas votre temps. C’est moins triste que les fêtes de tout le monde !"

Forcément en regard de ces festives préliminaires, les deux autres concerts ont paru plus mornes : après avoir quitté ses tongs et remercié les noceurs par un timide "You scared me, Paris", Monsieur Orcutt nous a livré de savantes improvisations déconstruites à la guitare acoustique et Monsieur Fennesz, quand à lui, a joué de belles saturations de guitare à haut volume, mais là sans provoquer les mêmes chaleureuses interventions du public. Les saturations de guitares sont elles plus tolérées que les suraigus numériques ? Voilà un beau sujet qu'il conviendrait d'approfondir...

Mais j'aperçois Joséphine qui me fait de grands signes sur mon téléphone portable, je dois donc, mon cher oncle, vous abandonner temporairement,

Je vous bise bien fort,

Votre nièce.


PS : je vous joins une  photo du concert de Monsieur Fennesz, bizarrement tout le monde semble avoir oublié de filmer celui de Monsieur Hecker... Si vous en apercevez des bribes sur internet, cela m'intéresse.


mercredi 22 février 2012

Drop The Lime


Archie Bronson Outfit - Magnetic Warrior (Coconut Version) (2010)
British band that passed me by at the time. Playing Fri 21 May at Stag and Dagger, Macbeth, Hoxton, London.
Time for a bit more research.

mardi 21 février 2012

Interview : Pineptones



1. Your first musical memories?
In elementary school I would always have my friends listen to Taj Mahal’s “Squat That Rabbit” from my dad’s collection.  It was hilarious to us as kids. There is a pretty big gap from that time until college that was filled with nothing but baseball and coke-a-cola.

2. The best record you received as a present? / The worse one?
A few years ago I went to a Growing show. They were the opening band, so during the real band I walked out to the merchandise table to see stuff.  Joe was just sitting there.  I had finished the easy confidence beer, and the miss social cues beer. After a few minutes of me trying to tell him that I bought a sampler just because of ‘that one sound like wrrreaaakkk wroooosh’ on Vision Swim, he said I should take a record for free and be on my way. I ended up with a Growing/Mark Evan Burden split. No matter whether it was a bribe or reciprocation, I really enjoyed it.

3. The first record that you lost? 
Like I said, I really enjoyed the Growing split, so it’s a little embarrassing that it is the first one I lost. Maybe it’s not lost now that I think of it. The other Travis probably has it.

4. The name of your imaginary band?
Pony Dreams: the crab pony sessions pony crab’. This is a ridiculous name, but a friend that wields more authority than I’d like to admit says this is my real name.

5. In which environment do you like to record music?
Time is much more important to me than space in making music. The best way to let things unfold naturally - or unnaturally for that matter - is just to spend time with them. A little bit of back pressure from real life helps too. Knowing that there is an imminent but not urgent deadline has produced some of my sounds and designs I am most proud of.

6. What will music sound like in 50 years / 5000 years?
There should be enough permutations of noise in pop and vice versa to last 50 years easily. I think the bulk of this type of synthesis has already happened, but cycles of exposure, emersion, and familiarity en masse work much slower than the mechanisms of generation. If there is a single dominant trend it will be a simplification of structures with an opening of timbres.

In 5000 years there will be no new music. The Disney lobby will have effectively indefinitely extended copyright protection. Everything that can be made or remixed will have been made or remixed.

In 5000 years things can be way more awesome. Animals will speed up our sampling and processing rates so that we can experience frequencies in the audio range rhythmically. Audio/visual exercises will mature from novelty and expand to all senses. As for the content, I’m sure that Marcus Popp (Oval) already made it.

In 5000 years critical reviews will replace the music itself.

In 5000 years hype-cycles will be pre-emptive. People will write about musicians and music that don’t even exist yet. They will continue writing about the style, context, and  production values of the music until someone actually makes the music they are describing.  People will then listen to the music in order to assess the competency and relevance of the critic. jk.

7. Which underrated album will start a new musical genre?
Fly Pan Am’s Ceux Qui Inventent N'ont Jamais Vecu. I hope this has already happened and I just don’t know about it.

8. Which album should never have been made?
Any album that has used the words ‘motion’ or ‘flow’ in the title.

9. Your favourite album to have a drink?
Drinks 1-2 Let It Bloom, Black Lips.
Drinks 3-5 The Low End Theory, A Tribe Called Quest.
Drinks 6-∞ Dreamweapon, Spacemen 3.

10. Your dream collaboration?
I wouldn’t be a part of it. It would be Big Boi (OutKast) replacing Malcolm Mooney, and working on Can’s Delay 1968.

11. The record that freaks you out? 
Daniel Johnston’s 1990. I gladly subscribe to the mythology that surrounds him. His story usually seems like one of his songs - one and the same. But this album makes him seem like a real person. The jump from unfortunate genius to thinking about him in reality is devastating.

12. The record you would like to listen to right now?
Moondog’s Moondog. (for full effect, you should listen to it too as you continue reading).

13. The film that tickles your creativity?
Blue Velvet. The first time I watched this movie was the first time I realized that creation doesn’t have to have a single note of fidelity or sincerity to make it into the suburbs. It’s got nuance smashed together with big chunky ideas that don’t really display their relation to each other. But at the same time I didn’t feel like anything was being obscured for the sake of hollow mystery. I don’t really know what to make of this movie though. It provides me with ideas whether they are there or not.

14. The little-known track that everyone should have heard of?
Es un aesina” by zerogroove.

15. An album or an artist you wouldn’t want to be?
Maybe Aphex Twin. People lift his sounds from his ideas and then say that he is their greatest influence. It’s like a filmmaker thinking that using futura makes them a disciple of Wes Anderson. Really as long as I make it past 27 I will be happy.

16. The cover version you would love to do?
I can do one of the dance moves from Billy Joel’s “You May Be Right”, so I’ll go with that.

17. The mashup you would love to do?
Usher and a screaming goat.

18. The text you would like to produce a soundtrack for?
The Windup Bird Chronicles by Haruki Murakami, and I think I have almost completed it.

19. Have you ever had auditory hallucinations?
None. I’m a conservative you see.

20. How would you like to die?
It’s strange that you are threatening me. I thought things were moving along quite nicely until now. But it is generous of you to ask for my input… so… surprise me!


Isolation Decade by pineptones



Exclusive Pineptones video for theOfflinePeople

Go to his frequently updated soundcloud : pineptones

lundi 20 février 2012

Longing


Getting a bit lost... Curved Air, really? Maybe it's because this song reminds me of Blondie. Do I feel like listening to Blondie in 2012? Not really, that's why I listen to Curved Air.
It was that or 'Bonnie K.' by The Nice. Actually, I'm going to play both.
Curved Air - Back Street Luv (1971) 
The Nice - Bonnie K. (1967)
pix Back Street by Nick Meek

dimanche 19 février 2012

vendredi 17 février 2012

Anomalie



Dragster - Ambitions (1981)

Oui, Dragster c'est un vrai nom de groupe de Heavy Metal et oui, Fast Company c'est un film de Cronenberg sur les courses de dragsters. Mon seul regret c'est de ne pas avoir trouvé la BO du film réalisée par Fred Mollin. Dragster, c'est ce que j'ai trouvé de plus proche.

Et comme c'est vendredi, je vous offre le trailer :



jeudi 16 février 2012

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #11 : Shaun Ryder - Happy Mondays, Black Grape & other traumas par Mick Middles


Arrêt sur image. Il y a peu de monde dans la pièce mais chaque personne aura son importance dans l'histoire qui va suivre : Michael Winterbottom, John Cale, les Sex Pistols, Phil Collins, Anton Corbijn, Peter Saville, Martin Hannett, Tony Wilson et bien sûr Shaun Ryder.

1976, les Sex Pistols jouent devant 42 personnes à Manchester et Tony Wilson et Martin Hannett sont dans la salle. Mais vous connaissez la suite : de ce concert naitra Factory Records qui engendrera à son tour Cabaret Voltaire, Happy Mondays, Joy Division, New Order, le premier single d'Orchestral Manoeuvres in the Dark - Electricity, le son de Martin Hannett, Wim Mertens - le compositeur de la musique du Ventre de l'Architecte de Greenaway - et Robin Williams, le joueur de hautbois, pas l'acteur.

Dans mon arrêt sur image originel, c'est Winterbottom qui tient le rôle principal, parce que c'est lui qui m'a fait raccorder les morceaux de mon puzzle personnel, avec son film 24 Hour Party People. Après j'ai vu 9 Songs, un film étrange ou l'on à l'impression que l'on arrive systématiquement en retard aux concerts de Black Rebel Motorcycle Club pendant que notre petite copine se fait sévèrement baiser par un autre ; Tristram Shandy : A Cock and Bull Story, avec l'horrible titre français Tournage dans un Jardin Anglais et The Killer Inside Me où l'on arrive systématiquement en retard pour sauver la petite copine qu’amoche copieusement Casey Affleck.

Juste derrière Winterbottom, il y a Shaun Ryder à moitié nu sur un rocher, et Shaun Ryder qui remet les bandes de son dernier disque en menaçant Tony Wilson avec un flingue. Il y a le titre Squirrel and G-Man Twenty Four Hour Party People Plastic Face Carnt Smile (White Out), qui est aussi le premier album des Happy Mondays. Produit par John Cale. On retrouve donc aussi John. Après le velvet, John Cale a produit le premier album des Stooges, le Marble Index de Nico, les Modern Lovers, le Horses de Patti Smith, le premier maxi de Sham 69 "i don't wanna", et c'est peut être aussi lui qui a choisit Sussudio de Phil Collins pour la scène de la triolette cochonne d'American Psycho, le film de Mary Harron ?

Retour à la scène originelle : à coté de Winterbottom et Shaun, on voit Anton Corbijn et Control son film sur Joy Division, avec ses plans noirs et blancs incroyables et l'amour qui nous séparera encore ; Peter Saville, le designer des pochettes minimales de Factory records et de son logo, et Martin Hannett qui a construit le son froid, métallique et spacieux des disques de la Factory. La compilation And Here Is The Young Man est d'ailleurs un excellent moyen de rentrer dans le travail de Martin : "Magnifique... Martin, comment t'as fait ce putain de son sur l'enregistrement d'hier ? - J'sais pas j'étais bourré".

Et surtout il y a Londres au début de l'été 2007 ou nous finissons la nuit et quelques bières avec Achylles Brown pendant qu'Uncle Dysfunktional des Happy Mondays tourne à fond pour couvrir le bruit du couple qui s'aime un peu trop fort dans la pièce d'à coté. Shaun Ryder à une excellente voix pour ça. Hum. Ha.

L'arrêt sur image se lève progressivement : j'ai commandé Shaun Ryder - Happy Mondays, Black Grape & other traumas par Mick Middles pour en savoir un peu plus... et je ne me souviens de rien. Pas que le livre soit mauvais, mais il y a trop de connections, trop d'univers et d'images qui se superposent. Je ne sais plus et l'Usine a fermé. Maintenant c’est joué. L’hacienda, tu ne la verras pas. Elle n’existe pas.*

Lire Shaun Ryder - Happy Mondays, Black Grape & other traumas par Mick Middles
Lire aussi 24 Hour Party People - What the sleeve notes never tell you par Tony Wilson


The Happy Mondays - Wrote for luck (1988) (From Martin Hannett - And here is the young man)


*Gilles Ivain - Formulaire pour un urbanisme nouveau

PS : à quand un film de Chris Cunningham sur WARP ?

mardi 14 février 2012

Hunting Hat



http://huntinghat.bandcamp.com/.

The Something Rain



Extrait du nouvel album des Tindersticks, "The Something Rain", qui sort le 20 février prochain... Ah et n'hésitez pas à venir les écouter en vrai le 5 mars au Trianon.

Allégorie de la Cavern : The Royal Premiers à la Mécanique Ondulatoire


Platon et son pote sont attablés à La Mécanique Ondulatoire et attendent le début du concert des Royal Premiers qui est légèrement retardé. Comme leur conversation va bon train et que c'est samedi soir, ils se reprennent une mousse:

"- Maintenant, repris Platon, représente-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de Cavern, un peu comme à Liverpool, et ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière (ou un gros projo ou un truc dans le genre) ; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés au rock'n'roll, de sorte qu'ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que le Stomp! original, leur chaîne de moto et leur blouson en cuir trop serré les empêchant de tourner la tête; la lumière leur vient d'un feu allumé sur une hauteur, et au loin derrière eux; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée, la 66 disons : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les Puppetmastaz dressent devant eux, genre un drap blanc tendu ou un truc dans le genre... et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles... et arrête de rire ducon, c'est pas une allusion dégueu.

- Je vois cela, dit le pote de Platon les yeux un peu dans le vague.

- 'tain fait un effort... c'est pas compliqué pourtant... c'est un exemple pour te faire comprendre que le coté Royal Premier, reprises période d'eden du rock'n'roll, ça peut avoir un petit coté nostalgique dérangeant. On est en 2012, putain. En plus qu'ils ont déjà fauché le nom à un vieux groupe de Rythm'n Blues... Bon je reprends... Figure-toi maintenant le long de ce petit mur (ou au dessus du drap) les Ultra Milkmaids, qui jouent plein pot leur ambient bien actuel et c'est les même hein, Y. c'est le guitariste des Ultra Milkmaids et celui des Royal Premiers... le mec fait de l'ambient expérimental et des reprises sixties en même temps.

- Voilà, s'écrit le pote de Platon, un étrange tableau et d'étranges musiciens. (Il commence à en avoir un petit coup dans le nez : il a pas beaucoup bouffé à midi et c'est presque 22h...)

- ...et ils nous ressemblent, répond Platon, d'ailleurs ils se ressemblent même un peu entre eux, parce que les Ultra Milkmaids, Y & R, c'est des faux jumeaux, mais enfin là on s'en fout ; et d'abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d'eux-mêmes et de leurs voisins que la sauvagerie fantasmée des années 60 sur la paroi de la Cavern qui leur fait face, genre fantasme de Paul Revere and the Raiders? ...ou plutôt qui se trouve dans leur dos, parce que vu comment c'est disposé, la Cavern elle est derrière eux, et eux sont devant. Disposition concert quoi. Mais là, bon, je simplifie sinon ça va vite devenir le bordel... Quoique si on revient au postulat de base, le fait que l'on soit tous dans la Cavern, et vu que c'est un caveau la salle de concert... enfin ça complique pas mal l'histoire, laisse tomber...

- Si donc ils pouvaient s'entretenir ensemble, j'veux dire les Royal Premiers et les Ultra Milkmaids, ne penses-tu pas qu'ils prendraient pour une musique actuelle tout le revival qu'ils font ? ...quoi ? j'suis pas clair ?

Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l'un des musiciens jouerait, croiraient-ils entendre autre chose que le coté obscur, rock'n'rollesque, reptilien même, des Ultra Milkmaids?

- Non, par Elvis, dit-il. (Ouais, des fois il a des expressions bizarres, le pote de Platon...)

- Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu'on les guérisse de leur ignorance. Qu'on détache l'un de ces prisonniers (c'est symbolique comme histoire, en fait dans le caveau les gens se trémoussent comme des fous dans tous les sens... ça twist sévère...), qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher vers la sortie, à lever les yeux vers la lumière (autrement dit, on lui sort le nez de sa bière, on lui relève la tête et on lui passe un coup de peigne sans gomina) : en faisant tous ces mouvements il souffrira, et l'éblouissement (ou la mousse qu'il garde au coin des yeux) l'empêchera de distinguer ces musiques dont tout à l'heure il voyait les ombres. Tu vois l'truc ?

Que crois-tu donc qu'il répondra si quelqu'un lui vient dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des musiques plus réelles, il voit plus juste? Si, enfin, en lui faisant écouter chacune des musiques qui passent en 2012, on l'oblige, à force de questions, à dire ce que c'est? Ne penses-tu pas qu'il sera embarrassé, et que les musiques qu'il entendait tout à l'heure, depuis la route, lui paraîtront plus vraies que les musiques qu'on lui joue maintenant?

Et si on l'arrache de sa Cavern par la force, qu'on lui fasse gravir la montée rude et escarpée (avec l'aide du gros videur de l'entrée), et qu'on ne le lâche pas avant de l'avoir traîné jusqu'à un concert des Ultra Milkmaids, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences (et aussi du fait qu'on lui a pas laissé prendre son verre)? Et lorsqu'il sera parvenu enfin en 2012, pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat (et les oreilles un peu défoncées par la batterie qui jouent bien fort), distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies?

...A ce moment Platon se mit à gueuler "hey hey hey et hey ya! hey hey hey hey et et et et hey ya!" en réponse aux invectives du chanteur des Royal Premiers. Malgré tout ce qu'il avait dit à son pote, il passait une excellente soirée dans la Cavern, en 2012. Putain de rock'n'roll...

The Royal Premiers - Hey ya! (2011)

The Royal Premiers - Just a little bit (2011)

lundi 13 février 2012

Acide désoxyribonucléique



OvalDNA vient de sortir chez shitkatapult. Comprenant pas mal d'inédits post 2000, parfois inégal, on se replongera plus volontier dans Szenariodisk (1998).

Oval - Heroci (200?)


pix : Alina Szapocznikow

samedi 11 février 2012

Notre jour reviendra


Sebastian - Retro (2010)

pix : Bobby Farell de Boney M

vendredi 10 février 2012

Video Life


Clinic - Video Life (1979)

pix : Aled Lewis, Video Games vs. Real Life

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #10 : Nous sommes jeunes nous sommes fier de Benoit Sabatier



"2001 [...] Jean-Jacques Schuhl vient d’avoir le prix Goncourt pour “Ingrid Caven”, biographie d’un type nouveau, les Strokes sortent leur premier album, qui marque un énième retour au rock, au concret, et la Star Ac’ est lancée, et Madonna revient sur le devant de la scène grâce à un disque composé par un artiste français oublié, Mirwaïs. Je songe à faire un livre sur ce dernier. J’écris parallèlement tous les mois dans le magazine Technikart sur les mouvements de la jeunesse, leur influence sur notre société. Je réoriente alors mon projet de biographie, m’attelant à écrire l’épopée de la culture jeune depuis l’apparition d’Elvis."(1)

1948 "le jeune" naît avec le jazz. 1955, Norman Mailer écrit The White Negro : Superficial Reflections on the Hipster. 31 décembre 1956, Stockholm. Des jeunes se rassemblent spontanément, envahissent la grande rue, attaquent les adultes, renversent et incendient les voitures (2).

1959, Norman Mailer publie sa liste, "The Hip and the Square". "Ce qui est branché c'est le nihilisme, ce qui est ringard, l'autoritaire. Le péché branché, le salut, ringard. Dostoïevski, super, Tolstoï, naze... [...] Mailer théorise l'idéologie rock" (3).

1966, 1977, avance rapide. 1984 libération des ondes FM, la Nouvelle Radio des Jeunes apparaît. 1987 Public Enemy, 1989 Bleach. 1994 Same as it ever was de House of Pain. 1995 Tri Repetae - Autechre2001 Endless Summer de Fennesz, 2002 Soulseek, 2005 j'ouvre mon premier myspace. 2009 Spotify et je ne suis déjà plus si jeune que ça.

Dans La Culture jeune d’Elvis à Myspace (le sous titre de Nous sommes jeunes...), Benoit Sabatier passe constamment de l'histoire internationale (et essentiellement anglo-saxone) de la culture jeune à celle très française (et plus particulière) de Taxi Girl (Daniel Darc, Mirwais). Un parti pris déstabilisant au départ mais qui à l'avantage de mettre en regard Elvis et René Coty, The Stooges et Yves Adrien, Moroder et Fabrice Emaer, MTV et Jean Baptiste Mondino, Madonna et Mirwais, Iggy Pop et Joey Starr, Britney Spears et Daft Punk... (sélection personnelle).

"'Nous sommes jeunes, nous sommes fiers' est la première histoire de la culture jeune en France, une histoire racontée au travers du prisme de ce qui l'a fait naître : le rock. La jeunesse est en effet une invention récente. Elle jaillit au milieu des années 50 au son des premiers tubes d'Elvis, quand les adolescents décident de ne plus être des adultes en devenir, mais de se définir comme des 'jeunes'.

Pour se différencier des 'vieux', ils ne s'habillent plus comme leurs parents, écoutent une autre musique, inventent de nouveaux codes, avancent de nouvelles idées politiques et se découvrent consommateurs. La culture jeune, d'année en année, va devenir un gigantesque marché et conquérir les esprits. Hier, la jeunesse bousculait la France. Aujourd' hui, parents comme enfants portent des jeans, écoutent du rock, et veulent être branchés. 

Comment est-on passé de 'plus tard tu seras un homme, mon fils' à 'sois cool, papa, putain'?". Etre "jeune" est il encore une option valable ?

Philippe Doray - Secoue Le Flipeur (1977)


(1) Benoit Sabatier - Interview pour alainfinkielkrautrock.com
(2) Edgar Morin - Culture adolescente et révolte étudiante
(3) Benoit Sabatier - Nous sommes jeunes, nous sommes fiers.

jeudi 9 février 2012

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #9 : Evguénie Sokolov de Serge Gainsbourg



"De ma vie, sur ce lit d'hôpital que survolent les mouches à merde, la mienne, m'arrivent des images parfois précises souvent confuses, out of focus disent les photographes, certaines surexposées, d'autres au contraire obscures, qui misent bout à bout donneraient un film à la fois grotesque et atroce par cette singularité qu'il aurait de n'émettre par sa bande sonore parallèle sur le celluloïd à ses perforations longitudinales, que des déflagrations de gaz intestinaux."(1)

Plus d'infos sur Evguénie Sokolov de Serge Gainsbourg


"Vous êtes quand même chez l'éditeur de Gide, de Faulkner... j'allais ajouter de Marcel Prout" (2)
Voir l'interview de Gainsbourg par Bernard Pivot (1980 - 13 min) sur le site de l'INA.

Serge Gainsbourg - Evguenie Sokolov (1981)


(1)Phrase d'intro d'Evguénie Sokolov de Serge Gainsbourg - Editions Gallimard, 1980.
(2) Bernard Pivot interviewant Serge Gainsbourg à propos d'Evguénie Sokolov

mercredi 8 février 2012

Who is Treplec?


Treplec, Treplec. Treplec real name is Nils Scheibe and is behind Milnor Modern Records (according to Discogs). So I went on the label's website and discovered his biography. The english version is somewhat experimental (can't yet read german, but let me know if the original version is any different).
This is my summary: Nils is German, from Dessau, Saxony-Anhalt. [I'll pass on the story about schoolgirls and orgasms] In 1998, with the help of a few DJ friends, he started organising club nights in a basement (of a club I guess) before moving to the Global Village in Elbufer. It's working for him so 5 years later he founds his own label Milnor Modern (Milnor could have to do with John Milnor, a mathematician who worked on differential topology, K-theory and dynamical systems. But probably not. This is my own Wikipedia guess).
He self-produced some of his albums and collaborated with Shatterhand Andre Koener "and then blablabla, he does some amazing music with his computer and puts together epic DJ-sets" [my quote].

So there it is, go on Milnor Modern's website, the artists they release are something close to perfection if you like a bit of experimental/extremely-danceable minimal techno. The Suffragettes are even better than anything Sub Rosa vs Kompakt has produced. I can't describe how excited I am [I wish I could].

Go and buy all their records (can't bloody find Treplec's The Moon Doesn't Exist in physical form and that's a crying shame), book all their events and keep the label going before it's too late.
Most of their artists are on Spotify


Treplec - Orsi Schreck (2006)
The Suffragettes - Chokou (2007)
Mathias Schaffhäuser and Xhin's Imperial Sauce remix by Treplec was on our January 2012 mixtape Dial a Crow

Rariora & Marginalia vol.1 & 2


"Pour cette centième parution, nous sommes heureux de vous proposer un florilège de morceaux, inédits pour la plupart, d'artistes ayant participé à l'aventure Nowaki.

Une façon de faire le point, une remise en perspective de notre catalogue, et une occasion de découvrir ou redécouvrir des démarches rares et marginales. Parution généreuse (une trentaine de pièces), proposée en deux volumes, dont le premier satisfera les amateurs d'ambiances et de voix, pendant que le second fera la part belle aux rythmes et aux cordes.

Grand merci à tous les artistes, pour leur talent et leur motivation, ainsi qu'à tous les auditeurs pour leur curiosité. Grâce à vous tous, Nowaki existe, vit, prospère. Le relais fonctionne, l'aventure continue, pleine de richesses et de surprises."

Marc Jolibois


Ecouter et télécharger Rariora & Marginalia vol.1 & 2 sur le site de Nowaki :

nk100 a : Rariora & Marginalia vol.1
nk100 b : Rariora & Marginalia vol.2

mardi 7 février 2012

It started on 12th & Clairmount that morning. It made the pig cops all jump & shout


The Ramrods se sont formés en 1977 et séparés en 1978. Après leur séparation, le guitariste James et le batteur Mulrooney ont rejoint Nikki Corvette and the Convertibles. Mulrooney a ensuite splitté pour aller rejoindre The Sillies et a démarré Bootsey X & the Lovemasters, ceux qui nous intéressent aujourd'hui. Et pendant ce temps là Iggy trainait à Paris ?

Le titre est extrait de Motor City is Burning de John Lee Hooker.

dimanche 5 février 2012

Interview : Stéphane Barascud



1. Votre 1er souvenir musical ?
Découverte d'AC/DC et Trust à l'école primaire, 1ere excitation musicale.

2. Le meilleur disque que l’on vous ait offert ? Le pire ?
Sonic Youth : "Personality crisis" (cover de  New York Dolls  en 7")  & Spacemen 3 "The perfect prescription" ...le pire : ils n'ont pas osé.

3. Le 1er disque que vous ayez perdu ?
Tangerine Dream "Ricochet" je crois, il y a assez longtemps.

4. Votre nom de groupe de musique imaginaire ?
Hamac

5. A quel moment aimez-vous faire de la musique ?
Le matin, au coeur de la nuit, ou lorsque le soleil est sur le point de se coucher, il y a parfois une lumière particulière qui m'inspire.

6. A quoi ressemblera la musique dans 50 ans ? dans 5000 ans ?
Dans 50 ans, à  quelque chose que je ne peux imaginer. Qui aurait pu songer à un album tel que Tago Mago en 1920?  dans 5000 ans???

7. Quelle a été la rencontre capitale de votre vie ?
Très probablement la musique, mais je pense que je n'en aurais jamais l'absolue certitude.

8. Quel album n’aurait jamais dû exister ?
Squeeze du Velvet Underground.

9. L’album idéal pour l’apéro ?
Ce n'est pas mon moment favori pour écouter un disque. Je pense que l'idéal reste une bonne compil maison avec des choses assez pétillantes, des curiosités et puis des vieux trucs qui réveillent et dont on avait oublié à quel point c'était génial.

10. Votre featuring rêvé ?
Tom Carter (de Charalambides)

11. Le disque dont vous avez peur ?
"Throat" de Ben Frost. Très bon mais très inconfortable aussi, à éviter pour l'apéro.

12. Le disque que vous aimeriez écouter ?
"Old Ways To Nowhere" de Zelienople.

13. Le film qui vous donne envie de faire la musique ?
"De la Guerre" de Bertrand Bonello

14. Le morceau méconnu que tout le monde devrait connaître ?
 Il y en a beaucoup trop ! Pourquoi pas "Hey! Mr Sky" de Jackie-O Motherfucker:

15. L’album ou l’artiste que vous n’aimeriez pas être ?
Stéphane Barascud, mais j'essaie d'aprendre à m'habituer à ce type.

16. La reprise que vous aimeriez faire ?
Faust & Tony Conrad : "Outside the dream syndicate" et Neil Young : "Old man"

17. Le mashup que vous aimeriez faire ?
"Music for 18 Musicians" de Steve Reich / "La Selva" de Francisco López sur un extrait ou pourquoi pas la totalité.

18. Le texte que vous aimeriez mettre en musique ?
Un passage du "Voyage au Mont Athos" de François Augiéras, ou des Lettres de Gourgounel de Kenneth Whithe.

19. Avez vous déjà eu des hallucinations auditives ?
Non, mais la sensation tactile de sons. Je me souviens parfaitement du moment, pour ce qui est de la sensation même, cela reste assez trouble.

20. Comment aimeriez vous mourir ?
En paix


Flottants de Stéphane Barascud : Vidéo et morceaux inédit pour The Offline People

Extrait de Soulèvements : Barascud - She ears voices (2012)

Ecouter et télécharger gratuitement Soulèvements le dernier album de Stéphane Barascud sur le site de Nowaki, et écouter d'autres morceaux de Barascud sur son bandcamp.

samedi 4 février 2012

Interview : Nowaki Music - Net label (Marc Jolibois)



Le label Nowaki va publier son 100e album ce week end. Gratuitement. Nowaki est un net label exigeant qui "édite et diffuse des artistes qui s’intéressent aux pratiques musicales et sonores d’aujourd’hui." Marc Jolibois et Sébastien Linares, les deux responsables de Nowaki proposent "un catalogue de musique intimiste et hybride", et concilient "les nouvelles pratiques électroniques, la composition contemporaine, l’art et le design sonore."

Marc Jolibois : "Nowaki est totalement libre car on a choisi la gratuité. Plus d'argent. Faire ce qu'on veut comme on veut, sans avoir à rendre de compte. On bosse pour la grâce, c'est une démarche artistique complète. Et tous ceux qui nous on rejoint sont dans la même optique." Les artistes Nowaki vivent musicalement par les concerts, le label est une vitrine, Nowaki est un relai. "On a une vrai audience et une bonne fréquentation quotidienne, on est libre, comblé, heureux et motivé."

Marc Jolibois est aussi Traqueurs de Combes, il a répondu à nos questions :


1. Votre 1er souvenir musical ?
Richard Anthony : “J'entend siffler le train”, à Ivato, Madagascar, je devais avoir entre1 et 2 ans.

2. Le meilleur disque que l’on vous ait offert ? Le pire ?
Le meilleur cadeau : Chrome : “ Red exposure”, en vinyl
Le pire cadeau : Magma : “Inédits

3. Le 1er disque que vous ayez perdu ?
Etant Donnés : “ Plutôt l'Exil Du Cinq Doré” (45t).
       
4. Votre nom de groupe de musique imaginaire ?
“It's what's happening” ou parfois “Skymarshall”

5. A quel moment aimez-vous faire de la musique ?
Tous les jeudis (jour où je ne travaille pas), de 9 heures à 22heures, avec quelques pauses, ou bien certaines soirées avec mes amis Fabrice ou Fred, sinon dans notre coin de montagne (Oô), en travaillant direct dehors, fameux

6. A quoi ressemblera la musique dans 50 ans ? dans 5000 ans ?
Dans cinquante ans, les travaux théoriques et pratiques de James Tenney seront enseignés dans les conservatoires, Morton Feldmann sera considéré comme un classique (quoiqu'un peu “post”), les tables tactiles auront été troquées contre des instruments holographiques et sensitifs, directement conectables aux systèmes sanguins ou nerveux, aux flux hormonaux, aux humeurs,  ou encore au cerveau quand il rêve, et ça marcherait avec très peu d'eau...

Dans 5000 ans, il n'y aura que des scorpions sur Terre ( peut-être un grand retour du hard-fm, arf ! )

7. Quelle a été la rencontre capitale de votre vie ?
Il y en a eu plusieur, mais musicalement parlant, ce sera Sébastien Llinarès, qui m'a fait passer de l'image au son, comme ça, juste en me disant “ vas-y”

8. Quel album n’aurait jamais dû exister ?
David Bowie : “Let's dance”... un suicide artistique.

9. L’album idéal pour l’apéro ?
 People like us : ”24 hours like ours” en shuffle

10. Votre featuring rêvé ?
Mark E Smith.

11. Le disque dont vous avez peur ?
Women of the SS : “Call of all females

12. Le disque que vous aimeriez écouter ?
John Cage : “one9+108” (mode108, Cage collection n°26)

13. Le film qui vous donne envie de faire la musique ?
Bela Tarr : “Satantango

14. Le morceau méconnu que tout le monde devrait connaître ?
Louis Andriessen : ”De Tijd (le temps)

15. L’album ou l’artiste que vous n’aimeriez pas être ?
Anton von Webern, à cause de sa  mort stupide : assassiné par un soldat Américain le jour de la libération de Vienne, alors qu'il venait d'achever son opus 36.

16. La reprise que vous aimeriez faire ?
The Fall : “Who makes the Nazis? ”.

17. Le mashup que vous aimeriez faire ?
Les dernières mesures de l'adagio de la “4ième symphonie” de Gustav Mahler (en boucle) + “Thirty pièces for five orchestras” de John Cage + “Littoral glades” d' Entia... et un projet en cours autour des Numbers de Cage, genre : one + one2 + one3 + one4 + one5 + one6 + one7 + one8 + one9 + one10 + one11 + one + one13 simultanéments, et appliquer la méthode à n'importe lequel  des  52 Numbers, voire, en mélanger :  seven + seven2 + twenty-six + fourteen, sublime, en terme d'écoute...

18. Le texte que vous aimeriez mettre en musique ?
Charles Baudelaire : “L'invitation au voyage”, pour faire mieux qu'Henri Duparc

19. Avez vous déjà eu des hallucinations auditives ?
J'en ai en permanence, sinon, je m'en fabrique

20. Comment aimeriez vous mourir ?
Je n'aimerais pas mourir, mais puisqu'il le faut... ce serait en regardant la mort en face, les yeux ouverts, et rendre le dernier souffle parmis mes proches en regardant les montagnes, savourer tout jusqu'au dernier son


Pour bien débuter dans le catalogue Nowaki, nos préférences : Barascud - Soulèvements ; Traqueurs de Combes  - Gakona ; Vompleud - Now hackies friday poupoules. 

Le reste vous appartient... Ecouter l'intégral du catalogue Nowaki

Traqueurs de combes - Quiet weapon for bilent war (2011)

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #8 : Rock Dreams de Guy Peellaert

The Rolling Stones

"Un beau jour du printemps 1934 nous invita à porter nos pas vers le "marché aux puces" dont il a déjà été question dans Nadja (tant pis pour cette répétition de décor, qu'excuse la transformation profonde, constante du lieu)."*

Certains y trouvent des masques à oeillères, d'autres des cuillères en bois avec un petit soulier sculpté à l'extrémité du manche, moi j'ai y trouvé Rock Dreams, de Guy Peellaert, un album d’illustrations autour de rencontres improbables entre show-bizz et rock stars sur des textes de Nick Cohn. Pour moi aussi ce fut l'amour fou.

Gene Vincent

Diana Ross

Bob Dylan

Elvis & Chuck Berry

Dr John

Bo Diddley

Tina Turner

Crosby, Stills, Nash & Young

Phil Spector

Jim Morrison

The Rolling Stones


Rock Dreams de Guy Peellaert à été réédité chez Taschen

Diamond head - It's electric (1978)


* André Breton - L'amour fou

vendredi 3 février 2012

Flâneur


Just looking up Mr. T on Wikipedia (I have no explanation why, actually, but it is more interesting than you would think) and I found this photo. Mr. T dressed up as Santa with Nancy Reagan on his lap. What's going on?

Read Mr. T on Wikipedia

Isaac Haile Selassie meets Jack Dangers - My Life In A Bush Of Lies (2008)

jeudi 2 février 2012

The Night Shift, Orchestra of the Age of Enlightenment, The George Tavern, Stepney 31/02/2012


Does it make sense to write a bad review just for the sake of it? Well I guess that if it were only for the sake of it, I wouldn’t have found any negatives. Not true.

First of all I am a bit annoyed with the George Tavern. A few years ago I moved to the area and I thought it could become my local. Unfortunately, price and quality haven't made it that way. Yes, it is a beautiful pub (inside) and of course it is cool (there used to be a photo of Kate Moss behind the bar behind the bar and it looks like they have enrolled Grace Jones in a campaign to save the place (see website). Is that cool? Well, it was. Or maybe not. Don’t know if cool people even say they’re cool. Anyway, that’s not the point.

The gig/concert itself was really pleasant and you can see why it has been praised but I don’t understand why they – everyone – have to make it such an astonishing feat that youngish people happen to be enjoying listening to classical music. We were all standing still with a knowing look on our faces, painfully trying to express the greatness of the concept to a stream of interviewers asking what we thought about this great concept. Which it is, really, only if everyone wasn’t trying so hard to making it so special.
And I'm not sure what to do with the singing of naughty songs in a highbrow-and-chuff-low kind of way. Didn't like it much at the time.   

I’m whinging. But I always felt suspicious of wholesome and consensual praise; in rhetoric I prefer Christopher Hitchens to Mother Theresa. It is classical music and no one should feel so smug listening to it.
Ok, enough. The Orchestra of the Age of Enlightenment are good people really, so if you can get tickets, do go and see their next events. It was only for the sake of it.

Go to the Night Shift website and listen to their set list on Spotify

mercredi 1 février 2012

Je suis vieille et je vous encule : Brigitte Fontaine au Trianon


« Louis de Funès entrait tout le temps en reculant et en repoussant le jour derrière lui. Comme font les grands acteurs intelligents. Il entrait toujours les yeux fermés et le pas décidé, comme un aveugle qui sait l'espace par cœur. Louis de Funès trouvait chaque soir son chemin dans le noir avec l'exactitude des grands égarés. » (1)

Brigitte Fontaine est aussi une grande actrice intelligente. Elle chancèle mais parait inamovible. Elle parait fragile puis soudain fait vibrer l'air autour d'elle. Elle est figée, assise, debout puis s'enroule sur elle-même, le long du pied de son micro, lentement, avec la grâce des petites danseuses mécaniques. Son chant est un équilibre instable, qui bascule d'un coté puis se rattrape de l'autre sur un roulement de "r ...rrr". Elle chante faux depuis longtemps mais c'est ce qui fait sa justesse : elle joue avec la plus grande rigueur. La distance à son personnage est parfois mince, si fine qu'elle en devient translucide, perle à même la peau comme sa coque de libellule,  «  Je suis vieille et je vous encule. ».

Elle accueille Bertrand Cantat sur scène, à trois reprises. Avec Brigitte, ils swinguent de manière violente, ils tanguent, déplaçant leur propre centre de gravité.

« L'élocution musicale, comparée à l'élocution ordinaire apparaît douée d'une semblable irisation, manteau de fée qui est l'indice d'une connivence entre ce qui pouvait sembler n'être que voix humaine et les rythmes de la faune, de la flore, voire ceux du règne minéral où toute velléité de geste se transcrit en une forme figée. » (2)

Ce sont des corps ouverts aspirant et expulsant des structures sonores animales jusqu'à notre tympan, le chœur de notre oreille interne. Et tout à coup ce sont nous qui chavirons.


(1) Valère Novarina - Le Théâtre des paroles
(2) Jacques Derrida citant Michel Leiris dans Tympan - Marges de la philosophie.