mardi 31 janvier 2012

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #7 : La nuit par Druillet


La  nuit est glaciale. La nuit est rouge, verte, bleue. Noire. Jaune parfois. La nuit est pourriture, dope. La nuit est une horde, une meute sans nom. La nuit est un hommage. Celui de Proton Burst à Druillet, celui de Druillet à sa femme disparue par le cancer, en 1975. La nuit est un cri étranglé. La nuit est un livre de rock brutal, de désespoir. La nuit n'est plus tendre.

Proton Burst - La Nuit - Mouvement VI (1994)

L'album La Nuit de Proton Burst est téléchargeable sur leur site : protonburst.free.fr


pix : Bernard Farkas, Jean-Pierre Dionet, Philippe Druillet et Jean Giraud “Moebius”

lundi 30 janvier 2012

Interview : 9th cloud


1. Votre 1er souvenir musical ?
Les heures passées, vers l’âge de 4 ou 5 ans, à écouter et observer les mouvements des vinyles du jukebox qui trônait dans la brasserie de mes parents. Disques que je m'empressais d’essayer de récupérer à chaque fin de mois, lorsque le préposé venait les changer. Ils finissaient en boucle dans mon mange disque.

2. Le meilleur disque que l’on vous ait offert ? Le pire ?
Étant donné qu’on ne m’a pas offert de disque depuis presque dix ans, et ayant une mémoire assez déficiente je dirais sans certitude :

Meilleur disque : Daft Punk – Homework (là où je me rends compte qu’on m’offre peu de disques)
Pire disque : J’ai déjà du mal à me souvenir des bons …

3. Le 1er disque que vous ayez perdu ?
J’oubliais régulièrement mes meilleurs breakbeats et scratchs tools en soirée lorsque j’étais DJ.

4. Votre nom de groupe de musique imaginaire ?
The four milliseconds latency affair.

5. A quel moment aimez-vous faire de la musique ?
Après une longue période de sevrage musical, l’inspiration revient en bloc.

6. A quoi ressemblera la musique dans 50 ans ? dans 5000 ans ?
Dans 50 ans, pourquoi pas une musique à diffusion hautement spatialisée ? Des systèmes d’écoute et casques en 12.1, binoraux etc…, proposant une expérience immersive et permettant aux producteurs d’aller encore plus loin sur le travail de l’espace sonore.

Dans 5000 ans, après une régression technologique peut être reviendrons nous à une musique acoustique plus mécanique et immédiate ?

7. Quel album ignoré ouvrira un nouveau genre musical ?
Aucune idée.

8. Quel album n’aurait jamais dû exister ?
Je ne l’ai pas écouté plus de quelques minutes, c’est déjà ça de pris.

9. L’album idéal pour l’apéro ?
Du jazz... : John Coltrane, Miles Davis, Thelonious Monk…

10. Votre featuring rêvé ?
Busta Rhymes.

11. Le disque dont vous avez peur ?
Mon prochain disque.

12. Le disque que vous aimeriez écouter ?
Ces derniers temps je reviens régulièrement sur Shlohmo : “Shlomoshun Deluxe

13. Le film qui vous a donné envie de faire la musique ?
Disons Ghost Dog, j’ai composé le titre “Cloud One” juste après

14. Le morceau méconnu que tout le monde devrait connaître ?
Herzog” de Clark (s’il est assez méconu…)

15. L’album ou l’artiste que vous n’aimeriez pas être ?
Une mauvaise chanteuse Française de mauvais RnB pour adolescentes dont je suis heureux de ne pas connaître le nom.

16. La reprise que vous aimeriez faire ?
Ruby my dear” de Thelonious Monk.

17. Le mashup que vous aimeriez faire ?
Léo Ferré VS Aphex Twin.

18. Le texte que vous aimeriez mettre en musique ?
Un extrait crasseux de “Demande à la poussière” de John Fante.

19. Avez vous déjà eu des hallucinations auditives ?
Mes acouphènes ne me quittent pas.

20. Comment aimeriez vous mourir ?
Peinard.







Aller sur le site de 9th-cloud et sur son 9thcloud.bandcamp

samedi 28 janvier 2012

Now hackies friday poupoules


Le plus beau titre d'album que j'ai vu depuis au moins 17 ans. Les morceaux qui suivent ne sont pas mal non plus.

Vompleud - Birds are socialy unreleased (2011)
Vompleud - Plupi (2011)

Pour en écouter plus http://vompleud.bandcamp.com/

pix : Sydney Shen

jeudi 26 janvier 2012

Fragile


A few weeks ago I was exploring that area of my brain called Nostalgia and under my now unauthorized sheepskin I discovered Fuzzy the song on Fuzzy the album by Grant Lee Buffalo. I enjoyed that for a while, as well as Mighty Joe Moon but left the other less affectionate albums lying in the dust.
 Today, through a Spotify recommendation I ended up listening to Shapeless and Gone by Porcelain Raft. Am I the only one to see an interesting similarity?

Porcelain Raft - Shapeless and Gone (2012)
they also did a cover of Come As You Are on bandcamp.

Dial a Crow, a mixtape by theofflinepeople


C'est la troisième personne que je croise aujourd'hui avec une tête de corbeau. Tous au téléphone, plumes noires impeccables, mobiles blanc nacrés. Nous ne sommes pourtant pas mardi gras, ni un jour de carnaval... Je me retourne sur celui que je viens de croiser, il semble absorbé par sa conversation. Il me regarde brièvement puis me tourne le dos. Je continue mon chemin un peu interloqué... J'entend un chat qui miaule depuis le rebord d'une fenêtre. Je lève les yeux, le soleil rasant m'ébloui légèrement. La main devant les yeux, je cherche le chat. Le ciel est dégagé, une journée d'hiver, belle et glaciale. Il a dû rentrer. Quelques oiseaux passent dans le ciel, tourbillonnent. Une volée. Ils se rassemblent, volent quelques temps ensemble, s'écartent. Peut être chassent-ils quelques petits insectes ? Ils voyagent dans la même direction pendant un bref laps de temps puis certains quittent le groupe, d'autres les rejoignent ou dispersent le groupe en sous ensembles contradictoires.

Je remonte la rue Boissière, j'aime bien les arbres décharnés devant le musée Guimet. 28, rue de l'Amiral Hamelin. Avant de rentrer, je regarde machinalement la tour Eiffel. En poussant la porte du hall d'entrée, je repense au capitaine Ferrié, qui depuis la tour d'acier envoyait ses signaux optiques et ses pigeons voyageurs... les débuts de la transmission à distance. Ça a pas mal évolué depuis.
"- Bonjour Claire !" ...elle est jolie la nouvelle de l'accueil... ah merde tiens l'autre con du 5e. Je rentre dans l'ascenseur.
"- Salut ça va ?
- Ouais et toi ?
- Bien, bien".

"Tu vas au 3e ?" "- Oui"... Le néon de l'ascenseur clignote encore. Premier étage. "- Le site est toujours bloqué?" "- On fait notre possible pour tout rétablir au plus vite. Je vais renvoyer les gars chez eux... ça fait deux nuits qu'ils n'ont pas dormi. Ya une équipe externe qui vient en renfort". Troisième étage. La porte s'ouvre. "- Bon courage", "- Ouais, bonne journée à toi aussi".

J'avance dans le couloir à la moquette bleu passé. J'en ai marre de ce bleu partout. L'open space sent la clope et la pizza froide. Des yeux jaunes aux mines livides me regardent un bref instant. Je fais le tour de mon bureau et ouvre le store. La rue n'est pas tout à fait vide. Une veille dame traîne son cadi, deux hommes en costume cravate marchent rapidement. Quelques passants... 'tain encore un ! Mais qu'est ce que c'est que ce bordel avec ces gars à tête de corbeau #!!?

Pardon My French


Dial a Crow - a mixtape by the offlinepeople.blogspot.com
01 Iggy Pop - Dead Man by Jim Jarmusch (excerpt) (1995)
02 Loudon Kleer - Adapted (2010)
03 Stefan Tretau - Zupfelwup (Wupfelzup Remix) (2008)
04 Mark E - Belvide Beat (2011)
05 Mathias Schaffhäuser and Xhin - Imperial Sauce (Treplec remix) (2010)
06 Sebastian Russell - You Don't Matter Original + Millenium Mambo by Hou Hsiao-hsien (excerpt) (2001)
07 False - Love Letters (2009)
08 ATOM TM - Im Rausch Der Gegenwart 1 (2009)
09 C.H.U.D. by Douglas Cheek (excerpt) (1984)

pix : Tony Millionaire

mercredi 25 janvier 2012

NWOBHM


Non, il ne s'agit pas de la reformation de NKTOB sous pseudo bizarre mais de l'excellente compilation de Lars Ulrich - New Wave of British Heavy Metal '79 Revisited. Il y a même Sanctuary d'Iron Maiden dessus. Aller, on renfile son moule burnes...

vendredi 20 janvier 2012

jeudi 19 janvier 2012

Playing With Semi Gods


From Blue Songs by Hercules and Love Affair (their latest album). Reminds me of Mister Heartbreak by Laurie Anderson and also a bit of A Pox on the Pioneers by Andrew Weatherall.
Some of the other tracks are a bit harder to swallow, but this one goes down a treat.

Hercules and Love Affair - Blue Song (2011)
pix : Hercules Drunk being led away by a nymph and a satyr by Rubens

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #6 : Journal de Brian Eno


Eno est une personne que j'ai souvent sentie proche de moi, de mes réflexions. Même si je ne le connais absolument pas personnellement et que je ne le connaîtrai sans doute jamais plus qu'à travers son livre "Journal" sorti en 1995. Il n'empêche, nous avons beaucoup de préoccupations communes et nos axes de pensée se sont croisés pendant que je lisais son journal : nous étions dans / au bord d'une piscine (moi parce que j'étais en vacance, lui parce qu'il en a une dans sa maison de Londres). Nous aimons tout les deux le matin, et nous nous intéressons aux phénomènes de hasard et de maîtrise ; il cite le Pierre Ménard de Borgès, je venais de finir un travail en rapport direct avec cette nouvelle... ; les Obliques Strategies... etc, etc...


"17 février
A Berlin
Vu partir A. et les filles à Genève. La pauvre Irial déteste les séparations, comme si elle avait peur que ce soit pour toujours. Au studio, un peu de travail supplémentaire sur les textes de Laurie. Ça commence à donner quelque chose."*


Le Journal de Brian Eno a été fondamental pour moi : il m'a apporté plusieurs outils de réflexion que j'utilise toujours quotidiennement, et m'a vraiment intrigué dans son écriture. Le fait que ce soit justement un journal, écrit partiellement avec des notes et des phrases en suspend et le contraste que celà produit quand y apparaissent les noms de personnes qu'Eno a croisé entre 1994 et 1995 ; l’identification et la distance. Il évoque les sessions d'enregistrements de JAMES, de David Bowie pour Outside, de Passengers avec U2 et Pavarotti. Derek Jarman, Jah Wobble, Arto Lindsay, Laurie Anderson, Rem Koolhas... L'aspect mondain en est pourtant évacué : je me souviens de ses prises de positions pendant la guerre de Bosnie, de recettes de cuisines, de vie ordinaire, toutes sortes de choses qui m'ont par la suite conduit aux livres de Bill Drummond : une simplicité évidente.


"21 Aout
De retour à Londres après une matinée brumeuse et douce et une promenade dans la baie avec Irial, où nous avons vu beaucoup de crabes. Laissé A. et les filles sur place en vacances. En taxi pour Bordeaux, mon énergie à l'air bonne. A Gatwick, au bureau. Drew a construit tant de choses fantastiques. Il est vraiment bon."*


Outre le Journal, le livre contient aussi de nombreux essais et réflexions (complets ou en cours) : Les appendices gonflés. Ceux qui me sont restés :

Ambiant Music, nom qu'il a inventé "pour décrire un style musical alors en voie d'émergence".

La pensée axiale, qui "est le nom d'un continuum de possibilités entre deux positions extrêmes : c'est ainsi que l'axe entre le blanc et le noir est une gamme de gris.". Exemple pour une coupe de cheveux, deux positions extrêmes peuvent être : Soigné <--> Hirsute. Entre les deux existe toute une gamme de nuances que l'on réparti sur l'axe menant à ces deux positions. Ça permet de disséquer n'importe quel problème d'apparence inextricable en le subdivisant en sous ensembles simples et plus facilement appréhensibles.

Musique générative : "Discreet Music, dans laquelle deux cycles mélodiques simples, de durées différentes, se répètent séparément, et se voient autorisés à se superposer arbitrairement." & les stratégies obliques (moyen de résoudre des situations de blocage créatif en faisant intervenir le hasard).

Etre un artiste : "Pierre Ménard, auteur du Don Quichotte de Borgès, et ce qu'il appelle une "oeuvre cadre" ou le commentaire suscité devient plus important que l'oeuvre isolée.


"21 octobre
Emmené Anthea et les filles à l'expo Flavin, qui avait aussi fière allure qu'hier. J'ai dit aux filles (pour leur vendre l'idée) que nous allions dans une sorte de palais. [...] Une fois rentrés, nous avons retrouvé David Philips pour déjeuner. Ensuite chez Julian S. pour la fête."*

En savoir plus sur Brian Eno - Journal. Une année aux appendices gonflés


Brian Eno - The big ship (1975)


*extraits choisis de manière aléatoire.

mercredi 18 janvier 2012

Balmorhea live



«SerialBox Presents is a live music project that allows both artists and fans to interact in new ways with the music that they love.

The project aims to create "music videos" that occupy a unique space. They are multi-cam, multi-track, live, one-take performance videos. Shot entirely with 5Dmk2s with audio tracked into ProTools, there are no overdubs, no cut-ins, and no pick-ups. What you see and hear is one time through the song, in its entirety. We capture a single performance and preserve that moment time.
»

serialboxpresents.com

mardi 17 janvier 2012

Pygmy vs Cranes


I know it's not the first time I play a song by Ceephax Acid Crew but it's probably not the last one anyway. This track was taken from Bainted Smile ep and it was exactly what I needed to listen to after a day of passive truculence.
Ah, release...
Ceephax Acid Crew - Ceephax Acid (1998)

Take Shelter



Un beau film à écouter, grâce à la BO signée David Wingo.

Ecouter sur Spotify

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #5 : Rien, suivi de Colère noire, par Brigitte Fontaine


"Le temps passe. Je vieillis, comme tout le monde. Je ne fais rien d'autre que vieillir. Je sens le temps qui ronge, le temps qui dégrade. Chaque seconde, chaque minute, chaque heure. Rien. Des millions de fois rien.

Les gens passent, les voitures passent, le temps passe. L'eau passe dans mon oesophage. Comme le sable dans un sablier. Pour un oeuf qui n'existe pas.

Il ne se passe rien et tout passe. Dans le tamis.

Je ne sais plus rire depuis longtemps.

Je ne sais plus pleurer.

Je ne sais même pas mourir.

Mourir doit être un choc violent. Plus grand, bien plus grand qu'une fusée crevant la stratosphère.

Un disque passe.*"

Un concert sur une péniche est passé. Et Brigitte était sacrément saoûle. Torchée. Allongée en croix dans les loges, sur le sol. Puis elle est montée sur scène. La péniche tanguait elle aussi. Et la voix mal ajustée c'est progressivement mise en place. De bredouillage alcoolisée elle est devenue texte incarné, a fait sa place dans les arrangements d'Areski. Je crois que c'est un des premiers concerts d'un chanteur français que j'ai réellement entendu, qui a changé quelque chose en moi...

Mais revenons à Rien. Rien, est brutal, minimal, musical. Colère noire, se tend et s'apaise : dynamique des entrailles, des révoltes existentielles, des désespérances lucides. Ce sont des monologues intérieurs, humains, beaux comme "Comme à la radio" l'est. D'ailleurs Kim Gordon revendique Brigitte Fontaine comme une influence majeure, et si on écoute bien le chant de Kim sur certains morceaux de Sonic Youth, son détachement appuyé des syllabes, on y entend Brigitte.

Vient aussi de paraître : Mot pour mot, le recueil de ses textes de chansons chez le même éditeur. "On dit que tout est dans tout. Il semblerait que tout est dans rien. Et réciproquement"

Voir les livres de Brigitte Fontaine paru chez Les belles lettres.

Brigitte Fontaine & Christophe - Hollywood (2011)


*Intro de Rien.

lundi 16 janvier 2012

Interview : Stranger Son (Gareth Smith)


1. Your first musical memories?
Puff the Magic Dragon

2. The best record you received as a present? / The worse one?
Philip Glass box set / Norah Jones record

3. The first record that you lost?
Puff the Magic Dragon

4. The name of your imaginary band?
U2

5. In which environment do you like to record music?
A quiet one

6. What will music sound like in 50 years / 5000 years?
50 years - exactly the same as today / 5000 years - hopefully everyone will have given up

7. Which underrated album will start a new musical genre?
Hopefully the one featuring John Cage's 4'33

8. Which album should never have been made?
Any by those modern indie bands signed to major labels

9. Your favourite album to have a drink?
Red Roses for Me - The Pogues

10. Your dream collaboration?
Bing and Bowie

11. The record that freaks you out?
The Monks - Black Monk Time

12. The record you would like to listen to right now?
Miles Davis - In a Silent Way

13. The film that tickles your creativity?
Purple Rain

14. The little-known track that everyone should have heard of?
Hammell on Trial - John Lennon

15. An album or an artist you wouldn’t want to be?
Coldplay - how have they not been found out?

16. The cover version you would love to do?
Suicide - Space Blue Bamboo

17. The mashup you would love to do?
Anything by Lonnie Donegan vs anything by La Roux

18. The text you would like to produce a soundtrack for?
An Illustrated History of Hull City Football Club

19. Have you ever had auditory hallucinations?
No

20. How would you like to die?
With Debt




Go to their website, listen to their soundcloud.

Albums : Luna Marseille (2011) and Einstein's Getaway (2009). Best cuts : Inside Many Summers et Engine.

samedi 14 janvier 2012

La fête de la chanson française, Crazy Circus


Un vendredi soir comme les autres. Un peu de détente pour la fin de semaine. Les deux assiettes fument, j'ai préparé un poulet aux champignons. La TV est allumée sur France 3. Jusque là tout est normal, le poulet est excellent, nous n'écoutons pas vraiment Daniela Lumbroso qui présente la 8e édition de « La fête de la chanson française ». Puis soudain mon regard s'arrête sur l'écran. Dans l'oeil borgne cathodique, le flux d'électrons bombarde la couche électroluminescente, incrédule. Je regarde un visage en plastique sous de longs cheveux blanc à mèches blondes qui me rappelle vaguement quelqu'un, juste à coté de Philippe Lavil... on dirait Genesis P-Orridge ! Sauf qu'en même temps Daniela annonce : Patrick Juvet ! Le lapin blanc pointe le bout de son museau... le reste sera un enchaînement télévisuel sur-réel dont je ne fais que livrer une liste vaguement chronologique sans hiérarchie, ni jugement de valeur (ou presque).

Dû au montage, certaines scènes sont brèves, comme des flash, et d'autres se prolongent sur plusieurs minutes :

Didier Wampas chante avec Régine, Katerine & Luce reprennent la chanson de Sylvie Vartan et Carlos "2'35 de bonheur", la main de Claude Barzotti tremble tellement sur son micro qu'il est obligé fréquemment de la stabiliser avec son autre main. Florent Pagny fait un karaoké sur Vesoul de Jacques Brel et se trompe pendant l'hommage à Maurice Chevalier : il chante "Prosper Yop la boum, c'est le roi du pain d'épices" pendant que les choristes chantent "...c'est le chéri de ses dames". J'ai oublié Bénabar.

Joey Starr réactualise Mamy Blue "J'connais ton blues mamie, l'amour dont tu irradies" avec Nicoletta, qui lui adresse un beau compliment à la fin du morceau. Malgré ses lunettes fumées, il semble troublé. Nina Simone chante My Way. Laurent Voulzy rend hommage à Jeanne d'Arc dans un style comédie musical. On entrevoit la femme chocolat d'Olivia Ruiz. Alain Souchon propose de donner trois petits coups de bâtons au petit ministre qui nous a volé trois petits sacs de blé, une belle comptine pour 2012. Frédéric Mitterand, un bras en écharpe sous son gilet bleu remet le prix Paris Match à Thomas Dutronc. Zaz est la pire chanteuse de ces cinquantes dernières années. Pierre Belmare chante lui aussi. Julien Dassin évoque Yves Montand.

George Moustaki est sous assistance respiratoire et par téléphone, à la question "Qu'est ce que la liberté pour vous aujourd'hui ?" il répond à Chimène Badi "la liberté c'est de ne pas avoir une dépendance à l'oxygène" ; Chimène Badi se recompose un visage avant de chanter. Tout comme Jenifer, elle est méconnaissable depuis que je-ne-sais-qui l'a remodelée, elles ne ressemblent plus à elles mêmes.

On découvre l'origine du terme radio crochet ou dans les années 1930, les spectateurs jugeant que le chanteur est trop mauvais, crient "Crochet! Crochet!" et une main géante armé d'un crochet surgit des coulisses et entraîne de force le déplaisant. Grand Corps Malade chante Inch'Allah.

Je zappe sur France 2. Un sosie de Johnny Depp enfile des lunettes aux verres teintés, tout le monde applaudit. "Incroyable, c'est exactement lui" le complimente Naguy. Lulu Gainsbourg évoque alors son amitié avec Johnny Depp, parle du fait qu'il l'a aidé à enregistrer les guitares, les batteries et la basse sur son album. Il parle aussi de sa rencontre avec Iggy Pop qui prépare une reprise de la JavanaiseUn vendredi soir comme les autres ?

Les maledictus sound - Crazy circus (1968)


pix : Robin Waart - Thinking in pictures

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #4 : Reckless Road par Marc Canter




Un titre de photo : "Rocket Queen : They were beautiful, they were into drugs and they were naked". Et ils n'ont pas encore fini de mixer "Appetite for Destruction", ni encore signés avec Geffen. Ladies & Gentlemen... : Guns N' Roses de 1982 à 1986.

Si vous avez toujours rêvé de voir les petites pommes d'Axl moulées dans un pantalon de cuir et string assorti ou Slash faire du BMX, c'est le livre qu'il vous faut. Bien que celui là, je dois l'avouer, je ne l'ai pas lu. Je l'ai juste regardé. Attentivement. Les photo en double page sont magnifiques ; poster central dégoulinant garanti.

C'est vrai qu'au début il faut se faire à la mise en page OK podium qui gâche pas mal de photos, à tous les fac-similés de tickets d'entrée mais une fois que notre oeil s'est habitué, on ne s'en lasse plus. Les casquettes en cuir, les foulard panthère, le maquillage, les bandanas rouges, les hauts à paillettes, les colliers de perles, les santiags, les cadenas en bracelet, les strip-teaseuses, les bouteilles de Jack' et Slash le mégot coincé, les yeux voilés et le manche fièrement dressé... bref, juste ce qu'il faut de décadence primesautière.

Une anecdocte ? "September 28,1985 was also very special because [G'N'R] were opening up for Social Distortion and the whole show was running a few hours late. The punks were getting restless and the last thing they wanted to see was a bunch of guys on stage wearing make up and playing Stones songs..." dixit Mr Canter.

Allez mes délicieuses petites vilaines au cuir rugueux, on reprend toutes en choeur : "Take me down to the paradise city / Where the grass is green and the girls are pretty / Take me home"...

Voir un bon gros extrait de Reckless Road en pdf et aller sur le site (quelques photos supplémentaires).
Lire une interview de Marc Canter à propos de Reckless Road.


Guns 'n' roses - Practice for destruction - Jumpin' Jack Flash (live 1987 london)

Pour la bande son accompagnant cette période, je vous conseille Practice for Destruction : Guns ‘N Roses live in the studio in 1987 doing demos for the album Appetite For Destruction, which would come out later that year. Excellent sound and awesome live in the studio versions of these tunes. The last four tracks are G’N’R playing live to a small crowd practicing for their upcoming tour.

PS : Marc Canter, n'est pas un pseudo, ni une blague de Gérard Baste, c'est son vrai nom, c'est comme ça...

vendredi 13 janvier 2012

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #3 : Tarantula de Bob Dylan, L'énergie des esclaves de Leonard Cohen, traductions Dashiell Hedayat


L'une des couvertures est bleue, rehaussée de jaune et l'autre est verte, entrecoupée de bleu. Deux photos noires et blanches au centre : Leonard Cohen pour la première, Bob Dylan pour la deuxième. Quelques dates : Cohen 1972, traduction française 1974. Dylan 1966, traduction française 1972. De l'extérieur, elles sont très semblables, éditions 10/18, dos blanc, traductions Dashiell Hedayat. C'est en partie pour cela que j'ai acheté ces deux petits livres, pour Dashiell... pour Cohen et Dylan aussi, un peu.

L'énergie des esclaves, est un recueil d'anti-poèmes (refus de Cohen d'endosser la stature d'un poète et la place qu'il s'est acquise à ce titre), et j'aime bien comme la plupart d'entre eux commencent par une petite lame de rasoir, en caractère typographique (ou est-ce une enluminure bizarre ?). Voici l'un d'eux (sans la petite lame en ouverture) :

Je vieillirai,
le photographe prendra de l'âge
Je mourrai
le photogaphe entrera au musée
Etudier les nus
ils vieillissent aussi
même les nus
même les délaissés
Le photographe te dit
que la façon de te tenir le con
est vieux jeu (1)

...mais Cohen on y reviendra pour The Favorite Game, son roman autobiographique, l'histoire d'un jeune homme trouvant son identité dans l'écriture ; une langue riche, élégante et crue.

Tarantula, quand à lui, est une nouvelle expérimentale, une "poubelle de mots, de déchets de mots, de lieux communs, de slogans, de cris, d'histoires sans intérêts; Coney Island au lendemain d'un week-end caniculaire"(2). Un monologue intérieur associatif, "d'où émerge ici & là, telles des armatures rouillées ces conjonctifs: "&"(2). Une lecture disruptive, par bribes, "Les sublimes larmes de l'amour de soi"(2). Voilà pour Cohen & Dylan.

Concernant le trait d'union, Dashiell Hedayat est un écrivain à pseudonymes, une devanture aux multiples facettes. De son vrai nom Daniel Théron, il utilise aussi : Jack-Alain Léger, Paul Smaïl, Eve Saint-Roch. Outre Cohen & Dylan, il a traduit Les Aventures de Tom Bombadil de JRR Tolkien. Et pour moi il restera l'auteur-compositeur-interprète d'Obsolete, aidé d'une partie de Gong et de William Burroughs.

Dans le fond de la pièce encombrée, entre cocktails et amis entassés, Bob est installé devant sa machine à écrire, derrière ses lunettes noires, il tape : "dans une volkswagen trouée à balles, un farfadet imberbe & en slip de mafioso - il tend des bons de réductions en flammes & il parle du cimetière de voitures "il y a quatre fours & sept dent de ça" & il ajoute "etcetera" mais sa voix est noyée sous les coups de grâce de mickey mantle"(3)...

A quelque temps de là, dans sa Chrysler aux jantes voilées, Dashiell transpose, écrit lui aussi. Sally vient d'arriver. Et, au moment de monter, Sally lui fait remarquer qu'on voit le ciel à travers la capote déchirée. Une Chrysler rose, ouais.

Dashiell Hedayat - Chrysler (1971)


L'énergie des esclaves par Leonard Cohen
Tarantula par Bob Dylan

En savoir plus sur Dashiell Hedayat, écouter Obsolete sur spotify


(1) L'énergie des esclaves - Leonard Cohen
(2) Portrait de l'artiste en pop star - Dashiell Hedayat
(3) Tarantula - Bob Dylan

Les deux traductions par Dashiell Hedayat ne semblent pas avoir été republiées chez 10/18, il faudra vous les procurer d'occasions. Par exemple chez abebooks : Tarantula et L'énergie des esclaves.


jeudi 12 janvier 2012

Mechanical Filters of Snow a mixtape by theofflinepeople



I know a tree in a distant garden – I would like to say my neighbours’ garden but having seen their silhouette only once on a winter evening while they walked through the entrance of their home, it was dark and the light coming from the room was dimmed and the frame was rapidly filled with the door, their strangeness removed my self from any sense of familiarity – that grows crimson berries, poisonous carpels only edible by a few birds daring the snow. I presumed they were sparrows but birdwatchers would certainly mock my ignorance of all feathered creatures.

 I have walked past this garden many times now I’m alone. The shrubs display round fruits clumped on tall branches above the wall. Once a flower, they had become a ball sometimes rolling under my foot, squashed unintentionally the day I peered at the door.

 Neighbours ought to be more present I thought. It was my aim to make their acquaintance but the door was shut so I stayed still in the cold, concealing my body amongst mosses and bushes and stones. I wanted to recognise their faces, and also wondered why their embrace was hidden from me.

 If they owned this distant garden – the nearest to my house on the other side of the heath – perhaps they would want to know who grew persimmons the size of a crow. Perhaps they wondered why I stood behind the gate and chose to observe them rather than walk through the pathway to their door.

 I felt I could get to know them; make a leap and let the familiar pervade our flesh until we part again when spring has turned away the remoteness of our homes. I must come back another day, before we become inconsonant. And I left for a moment, reaching to tear a berry off the hawthorn.

Achylles Brown


Dub now by the-offline-people10

01 The Dave Brubeck Quartet - Lover Man 
02 Pole - Spass rewind 
03 Deadbeat - First quarter 
04 Scanner + David Rothenberg - As air moves in 
05 Mapstation - Mchiki cha 
06 Pinch & Shackleton - Levitation 
07 Anti-g - Freak it out 
08 John Lurie - swamp 
09 Mordant Music - Plant room 
10 Seefeel - Rip-run 
11 Peaking lights - All the sun that shines 
12 Deadbeat - Claudette 
13 Spank rock - Ta da 
14 Anika - No one's there 
15 Roots Manuva meets Wrongtom - Rebuff

mercredi 11 janvier 2012

Degraded


While we're on about books about music, Greil Marcus latest's The Doors is being published by Faber in England and by PublicAffairs in the US. And it's not a guide to carpentry.

*there are two different covers, one bloody awful (previously posted and deleted) and this one. The choice is yours.

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #2 : Rock'n roll, un portrait de Led Zeppelin par François Bon


François Bon, je l'ai découvert sur une liste de Krzysztof Styczynski, à qui Joseph Ghosn demandait "Une playlist des éditions Caedere pour fêter la sortie [de son livre sur] Mahogany Brain". Juste au dessus de l'entrée sur Michel Bulteau. Styczynski, en parlant de François Bon, dit que c'est beau pour un possible académicien de se cramer un peu en parlant de sa vraie passion, les Stones et Led Zeppelin, et évoque l'Iliade et l'Odyssée version rock'n'roll. Embarquons.

François Bon à écrit sa trinité personnelle en trois livres : Rolling Stones, une biographie / Bob Dylan / Une biographie Rock'n roll, un portrait de Led Zeppelin. J'ai commencé par le Led Zeppelin, c'est ceux sur qui j'en savais le moins. Et leur réputation sulfureuse. Je l'ai lu l'hiver il y a deux ans, au même endroit où j'ai lu Bill Drummond 45,  au même endroit où j'ai lu Boris Vian Chroniques de Jazz. Un parfait recoin. Une grande cheminée. Pierre. Feu. Quelque chose de primaire.

Dans le Led Zep, comme pour les deux autres, l'écriture est sophistiquée, on progresse dans l'histoire du groupe par portraits successifs entrecoupés de flash back ou de flash forward sur des concerts ou des moments décisifs. Impossible de décrocher. Bonham, Les tambours d'Arthur Rimbaud ; les maisons studios planqués dans la campagne anglaise ; le géant nordique blond ; les nuits de débauche pour faire redescendre la tension après les concerts ; le trou noir d'un an de Jimmy Page ; la rencontre avec Elvis ; la tranche de jambon plaquée sur le sexe de Dahlia aka The Dog Act devant Vanilla Fudge et le grand chien danois & Bonzo & Cole... ; Robert Plant se promenant dans Barbès à la recherche d'autres Tinariwen...

Les phrases sont parfois malades, elles se construisent, décalent, improvisent mais la frappe est digne de Bonzo, la précison de Page et la voix vive, tendance suraiguë. Le Stones est très bon aussi mais plus long, plus détaillé, c'est le premier. Des scènes gravées dans les circonvolutions de parcours de Keith et Mick et un arrêt pipi dans une station service de la campagne française. Le Dylan est mi folk, mi électrique. Et l'ensemble est une référence entre sérieux du travail de recherche et travail d'écriture.

"Tension, attente. Un livre américain préciserait que rien ici n'est autorisé par ceux dont on va parler, unauthorized biography et pourquoi pas surveillance parentale requise pour entrer dans ses pages : for the next three hours, your mother wouldn't like it, ce qui va se passer, dans les trois prochaines heures votre maman n'aimerait pas, c'est ce que vient de crier le type invisible puis visage éclairé back to England, messers Bonham, Jones, Plant and Page !"*

Avec François Bon, les vieilles pédales émaciées retrouvent un peu de fraicheur.



Rolling Stones, une biographie - Fayard, 2002 et Livre de poche, 2004
Bob Dylan, une biographie - Albin Michel, 2007
Rock'n roll, un portrait de Led Zeppelin - Albin Michel, 2008

En savoir plus sur François Bon, aller sur ses sites tierslivre.net et publie.net.


* Intro de Rock'n roll, un portrait de Led Zeppelin par François Bon.

mardi 10 janvier 2012

Ne jugeons pas un livre à sa couverture #1 : Lester Bangs, Psychotic Reactions & autres carburateurs flingués / Fêtes sanglantes & mauvais goût


Ça doit faire déjà plus de 7 ans que j'ai lu Lester Bangs et depuis je le reçois toujours comme un de mes meilleurs amis fantôme. Normal il m'a apporté "Astral Weeks" de Van Morrisson. Moi je connaissais que la face A selon Lester : White Light / White Heat du Velvet. Et il m'a appris que la face B indispensable du velvet, c'était Astral Weeks. Il écoutait les deux albums en boucle, enfermé chez lui, face A / face B. Et j'ai écouté Astral Weeks en boucle, enfermé chez moi. J'ai encore du mal à le partager avec d'autres personnes.

Il y avait aussi avec lui les Count Five, les Shadows of Knight, ? and the Mysterians, les Godz, Paul Revere and the Riders, bref tout le garage rock sixties qui a conduit au punk, d'ailleurs c'est lui qui a lancé le terme "Punk" en 1970, en traitant Iggy de "Stooge punk". Et j'ai acheté la compil Nuggets: Original Artyfacts from the First Psychedelic Era, 1965–1968.

Il m'a raconté comment Elvis était mort dans ses WC, tard dans la nuit en essayant de pousser le hamburger de trop, celui qui faisait mauvais ménage avec toutes les pilules qu'il prenait. Et comment il aurait bien aimé en avaler n'en serait ce qu'une seule de ces saintes hosties, quitte à les faucher à l'autopsie... Lester, c'était un marrant.

Je le revoie sous un grand arbre, s'enfilant ses trois bouteilles de rouge en écoutant les trois premiers Black Sabbath, ou me parlant de Richard Hell le littéraire, fan de Huysmans. Il avait aussi pas mal de disques de Free Jazz, dont le Holy Ghost d'Albert Ayler. Celui là aussi je l'ai encore.

Question élocution, il savait y faire : Fêtes sanglantes & mauvais goût ; Grace Jones se branle ; James Taylor doit mourir ; Louons maintenant les célèbres nains mortifères ou : Comment je me suis castagné  avec Lou sans m'endormir une seule fois... Parce qu'avec Lou c'était l'amour vache. Une fois il m'a expliqué qu'on peut être le roi des cons et Lou Reed à la fois. Avant j'avais pas dissocié...

Pour les deux livres, foncez, c'est beau comme du Thompson (Hunter) et c'est même Greil Marcus qui fait la préface de Psychotic... (On y reviendra à Greil...)

Bon, je vous laisse, je dois pas être le seul à vous emmerder avec Lester, je vais essayer d’être pas le dernier.

Birdland with Lester Bangs - kill him again (1979)

Lire, aux éditions Tristram :
Lester Bangs - Psychotic reactions et autres carburateurs flingués
Lester Bangs - Fêtes sanglantes et mauvais goût
Jim DeRogatis - Lester Bangs, mégatonnique rock critic


Ecouter Birdland with Lester Bangs sur spotify.


lundi 9 janvier 2012

Ne jugeons pas un livre à sa couverture

Aujourd'hui c'est décidé, je commence une nouvelle rubrique... que je n'arrive pas encore à nommer, je retiens pour l'instant "Critique de livres critiques"(1) ce qui ne me parait pas très bon et évoluera probablement (2). Cette nouvelle rubrique reposera sur un principe développé par Nicholson Baker dans U and I : A True Story (3) : la critique de livre, à livre fermé. Ou, plus littéralement, la critique de livre que l'on fait de mémoire, par le souvenir.

Nicholson énonce son principe comme suit :
"memory criticism, understood as a form of commentary that relies entirely on what has survived in a reader's mind from a particular writer over at least ten years of spotty perusal,"

Le principe est donc simple et plutôt amusant, encourage fortement la digression, provoque l'erreur, le contresens et possède une vertue centrale : que nous reste t'il d'un livre au jour le jour ? Comment s'inscrit-il en nous ? Quels souvenirs ré-écrivons nous ? Comment vivons nous avec lui ?

Il s'agira de parler de livres que l'on a lu, mais sans les ré-ouvrir, sans avoir pris de notes, uniquement à travers le filtre de notre mémoire. Ne jugeons pas un livre à sa couverture, jugeons en notre souvenir.

Dans notre cas nous resterons dans notre domaine de compétence et nous parlerons uniquement de livres ayant un rapport quelconque (comprendre qui nous arrange) avec la musique. Ce qui englobe les biographies, les hagiographies ; les livres écrit par des musiciens ; les livres dont une part importante repose sur la musique, etc... Cette liste est bien entendue complètement parcellaire et ne repose que sur nos caprices de lecture et nos affinités musicales et littéraires.

A titre d'exemple, il y sera question du Journal de Brian Eno, d'Yves Adrien, de Leonard Cohen, de Shaun Ryder, de Lester Bangs, de "Nous sommes jeunes, nous sommes fier", de Bill Drummond, de Led Zeppelin par François bon, de Mikhaïl Boulgakov.... et de pas mal d'autres livres.

Nous n'oublierons pas bien sûr d'ajouter un extrait musical en rapport avec chacun de ces livres.

Oh, can't you see -- whoa, you've misjudged me / I look like a farmer but I'm a lover / You can't judge a book by lookin' at the cover.


(1) Origine de "critique" d'après le petit robert : "bas latin criticus, grec kritikos, de krinein « juger comme décisif »"
(2) après relecture, le titre "Ne jugeons pas un livre à sa couverture" me parait plus pertinent. Merci Bo.
(3) Updike & moi en français

Très belle photo de fesses sur la batterie


...ah, au fait je viens de découvrir qu'il y a Neu! – NEU! ´86 sur spotify. Le mieux c'est de commencer par La Bomba - Stop Apartheid World-Wide et Elanoizan... oui l'album date bien de 1986.

samedi 7 janvier 2012

Beaunoise Brings You the Fucking Jams... and I Bring the Fucking Lemmy Again





"Samples, remixes, collage, deconstruction, noise breaks, distortion, phone calls, profanity, adult content, pornography, violence, and other generally objectionable audio recordings of questionable taste and dubious social merit."

Beau comme du Kid 606, époque The Action Packed Mentallist Brings You the Fucking Jams - (recommandé : mp3 killed the cd star)...

Petit exercice comparatif : écouter Can't Glitch You Out Of My Head (Kylie Minogue remix) de Beaunoise et Smack My Glitch Up de Kid 606.

K7 violette disponible chez TallCorn Music.


PS : Dans cette atmosphère détendue et de bon ton, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous ma découverte d'hier : Sid, Nancy & Lemmy

jeudi 5 janvier 2012

Can I drink alcohol if I'm taking painkillers?


Avec une petite préférence pour Painkillers & Alcohol. Musicalement, bien entendu...

Aller sur le bandcamp de Judah Warsky.

mardi 3 janvier 2012

Chaos Imminent : Thurston Moore à la Gaité Lyrique


"J'ai fait plus d'un million de dollars cette année - dit-il à Howard Lucraft, son interwiever - mais je ne suis pas musicien du tout. Je ne sais pas jouer de guitare et je n'ai jamais écrit une chanson de ma vie. Pourtant je signe celles que j'interprète et je touche les droits sur toutes les chansons que je chante."
Et il ajoute avec un sourire railleur : "Ça serait vraiment idiot, dans ces conditions, d'étudier la musique...".
Boris Vian rapportant les propos d'Elvis Presley - Décembre 1957.

Un vent froid s'engouffre dans la pièce quand la porte de la salle s'ouvre. Je lève les yeux de mon livre. Personne. Je me lève et ferme la porte, et me rassois dans le gros fauteuil près de la cheminée - c'est la veille de Noël. Je rouvre Chroniques de Jazz, puis m'arrête. Je l'ai mon angle pour faire mon compte rendu du concert de Thurston Moore ! Quinze jours que je tourne autour et là c'est évident ! Elvis est un non musicien, il est une des bases du Rock'n Roll, le r'n'r c'est du bruit, Thurston est son fils et la preuve la porte s'est ouverte pile au même moment ! Shhhh! Vent! ChTac! C'est un signe, la révélation ! Le r'n'r est la brutalité, le bruit. Une irritation, une démangeaison... un peu trop d'apéro.

Une semaine et quelque plus tard, rapprocher Thurston de cette citation d'Elvis c'est plutot problématique : Thurston est un excellent songwriter et je suis tombé amoureux de son intégrité dans 1991, the year punk broke. Il reste l'ironie, le sourire de fin d'Elvis. Comme un tournevis planté dans les cordes d'une guitare. Reste les riffs de Thurston et Vian citant le King.

Le 11/12 Thurston Moore s'était d'ailleurs fait beau pour Paris, un costume cravate très beckien, vite tombé : "it's too hot here... i thought it will be snowing in Paris in december". Le set à cette image, des chansons reprises de l'album, quasi acoustiques puis de longues échappées "Youthienne" - "Je pensais pas que l'on pouvait faire autant de bruit avec une guitare acoustique" me dit P.-  un accord bloqué, hypnotique. Parfois un peu cliché, mais je suis né ici, dans cet accord, il y a déjà pas mal de temps. En lisant Sonic Youth : Chaos imminent d'Alec Foege en 1995 et en écoutant Psychic Heart de Thurston Moore. Je n'ai jamais vu Sonic Youth en concert auparavant, je suis arrivé un peu trop tard, entre Goo ; Dirty ; Experimental Jet Set, Trash and No Star et Made in USA. En tout cas un peu trop tard pour les voir en live. Peur d'être déçu, de voir ses vieilles idoles sur le retour, décadentes mais pas assez, ou trop, ou fourvoyé dans une quête de succès frustré, ou enfermé dans un auto revival permanent... J'ai préféré tourner autour, voir Thurston en costume cravate et Lee Ranaldo dans le soleil sonique couchant.*

...Et ce concert alors ? Ça ressemblait à une étape, un lieu de mi parcours. De l'orchestre de Glenn Branca jusqu'à une harpe sur scène, un violon, un costume cravate, le label Ecstatic Peace!, des BO de films... Thurston dessine un nouveau rock progressiste (sans les nains) et je suis encore un peu trop près de tout cela pour l'appréhender dans sa globalité...

Un dimanche soir à la Gaité Lyrique entre Thurston Moore, 3 abruti bien saouls qui ont gueulé comme des putois en se léchant l'oreille et tombant sur leurs culs et mes origines rock'n'rolliennes : quelques statuettes d'Elvis, de Keith, et un poster de Goo. "Ça serait vraiment idiot, dans ces conditions, d'étudier la musique..."


*Lire aussi Coucher de soleil sonique : Lee Ranaldo à la Fondation Cartier - Mai 2010