lundi 31 octobre 2011

Les nuits de Samhain


Pour les Celtes, l’année était composée de deux saisons : une saison claire et une saison sombre. Avec deux fêtes charnières : Imbolc en février et Samhain en novembre. Samhain est la fête de transition ouvrant la saison sombre. Elle pouvait commencer 3 jours avant la date charnière et durait 3 jours après. C'est une période spéciale, « un intervalle de non-temps » où le passage entre le monde des dieux et celui des humains est possible. Les portes du Annwvyn (l'Autre Monde, celui des esprits) et du Sidh (celui des Dieux) sont ouvertes.

Sidh, l‘Autre Monde à l'ouest, au-delà de l'horizon de la mer, se situe dans des îles magnifiques ; sous la mer, dans les lacs et les rivières avec de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses ; sous les collines et dans les tertres qui sont devenus les résidences des Tuatha Dé Danann.

On a relaté l’aventure de héros, ou d’hommes exceptionnels, qui se rendent dans le Sidh (généralement à l’invitation d’une Bansidh), et y passent quelques agréables heures. Le temps des dieux n’étant pas le même, leur séjour est, en fait, de plusieurs siècles et, quand ils reviennent chez eux, ils ne peuvent y vivre : ils sont morts depuis longtemps...

Les Bansidh se déplacent généralement sous la forme de cygnes, et chantent une musique divine. Leur apparition provoque parfois une maladie que nulle médecine ne peut guérir, et qui peut être mortelle. Les récits insistent sur leur jeunesse et leur beauté et leur irrésistible pouvoir de séduction. Elles accordent leurs faveurs à des hommes, s’ils en sont dignes, et les emmènent avec elles, dans la « Plaine des Plaisirs », le Mag Meld, l'autre nom du Sidh.

Aller, plus que 3 jours...


Rhys Chatham - A rite for Samhain (2010)

Vidéo par Jim Mangan
Texte écrit à partir de divers fragments wikipédia concernant Samhain.


dimanche 30 octobre 2011

Onde islandaise 08 : We kiss our quartz, Bjork, Biophilia Performance à l'Harpa Concert Hall


Le lieu est magnifique, noir glacé. L'Harpa de Reykjavík est un auditorium à l'architecture fascinante, composé de structures régulières par endroit, irrégulières à d'autres, posé entre ville et mer. On entre dans une pierre de lave fantasmée, un cristal de basalte*. La chute parfaite de notre séjour.

Like a virus needs a body and soft tissue feeds on blood / Someday I'll find you
Nous nous installons. Nous sommes au 3e rang, la scène est petite et centrale. Devant nous, il y a des écrans géants, et une potence en bois avec quatre grands balancier à ma droite. Un instrument entre sculpture et efficience. J'aperçois aussi un clavecin à gauche, et au fond, un ensemble de percussion et un ensemble électronique. On entend des instrumentaux de Bjork en fond sonore : un son d'orgue qui donne un air un peu solennel à l'ensemble (un peu musique d'ascenseur aussi...)

As the lukewarm hands of the gods
Came down and gently picked my adrenalin pearls
Placed them in their mouths and rinsed all the fear out
Nourished them with their saliva

Biophilia commence. 24 jeunes filles entrent en scène, habillées dans des capes bleues et or. Bjork les rejoint. Matthew Herbert est aux percussions. La voix enregistrée du naturaliste Sir David Attenborough introduit le concert et assure les transitions entre les morceaux.  Moon. Lunar cycles. Sequences.

All my body parts are one as lightning hits my spine
Il y a quelque chose d'instinctif dans la voix de Bjork, des placements de voix et un rythme intérieur fascinant mais le show de ce soir sent aussi le travail et la sueur. Beaucoup plus que la moyenne de concerts auxquels j'assiste habituellement. J'ai un temps d'adaptation... Il y a les choristes, entre 16 et 18 ans et l'une d'elle bute lors d'une rotation entre deux mises en place, c'est peut être un traumatisme pour elle mais moi, ça me rassure. Ça apporte quelque chose d'humain, d'accessible. Ça  me protége du transformateur de Tesla qui descend du plafond juste devant nous. Un synthétiseur ancestral, utilisant le bruit des éclairs en cage. L'acoustique de la salle est d'ailleurs parfaite, entre le choeur, la voix de Bjork, les instruments amplifiés et le transformateur Tesla qui rugit devant nous en produisant un mélange de son naturels (?) et artificiels (?) particulièrement réussis. Comme la robe Iris Van Herpen qui ondule au centre de la scène sur le corps de Bjork.

My name isobel married to myself
Je me rappelle un compte rendu des inrocks lors de la sortie d'Homogenic (1997). Je me souviens de l'angle choisi par le journaliste, reliant l'album à l’Islande précisant qu'Homogenic ne pouvait venir que de là, les cordes étant le vent, les rythmes les volcans, et je ne sais plus quoi, j'sais plus quoi. J'avais trouvé cela un peu ridicule. Enfermé dans ma pierre de lave, ça n'est peut être plus aussi faux : il y a effectivement une particularité du climat, de l'endroit et donc des personnes. Il y a une particularité Bjork. Le fait peut être qu'elle est une des dernière artiste pop expérimentale, cumulant succès et estime et proposant un spectacle total. C'est une incroyable interprète, jusqu'au mime, comme ce que je m'imagine de Bowie ou de Brel. On voit parfois le grain de son épais fond de teint dans la lumière blanche, sous son immense perruque orange. Elle possède une voix anormale, femme et enfant, violente et troublée, travaillée à devenir instinctive, comme un uppercut en plein menton, sans savoir d'où il vient. Ni de celui qui l'a projeté ni de celui qui l'a encaissé...

A million year old fossil I send to you. This comes from my family And the ancient sea. 
Je repense à sa collaboration avec Will Oldham (au début de Drawing Restraint 9) et je ne sais toujours pas comment aborder ce concert et je ne sais même pas si je l'ai aimé. Ça a été autre, hors de ma compréhension immédiate... En fait, il faut peut être que j’arrête de rationnaliser ; que je ressente plus, que j'ouvre mes nerfs, mon écorché.

Dehors le vent est fort. Au coeur de l'Harpa, de ce cristal de basalte noir, les néons s'allument et palpitent. Nous à l'unisson. With our hearts / We kiss our quartz / To reach love. C'est peut être juste ça...




*(Copenhagen studio Henning Larsen Architects and Icelandic studio Batteriid Architects have completed a concert hall and conference centre in Reykjavík, Iceland, in collaboration with artist Olafur Eliasson. La suite ici)

Ventilator Blues


Les Melvins seront en concert lundi soir à Glaz'art. L'occasion de vérifier si le petit ventilateur de Buzz tourne toujours aussi rond...

samedi 29 octobre 2011

Ponderism


Nicholson Baker at Bryn Mawr College, 1978 (from Paris Review 198)

 Last issue of the Paris Review* has an air of transatlantic salvation with interviews of Nicholson Baker and Dennis Cooper, plus Lydia Davis on translating Madame Bovary and Geoff Dyer on Andei Tarkowsky's In The Zone.
 Not long ago I was talking to P French over the phone and we both had noticed that France and its intelligentsia has become very fashionable in recent times. So we think it is only fair to reciprocate the favour (in a navel-gazing way, of course).
  If you live in London, you can buy the Paris Review at the London Review Bookshop, on your way to the British Museum to see Grayson Perry's last exhibition for example.

*This is the Fall issue so don't be too long

Info commerciale importante : 2011:The year punk broke (at least)


"For the first time, 1991: The Year Punk Broke will finally make its debut on DVD on September 13, 2011. All footage has been fully restored with audio re-synced and remastered in uncompressed PCM stereo under the supervision of Sonic Youth. The DVD is available for order now at SY webstore and at amazon.com."

Plus d'infos ici : wegotpowerfilms. Voir une autre interview de Dave Markey en vidéo.

PS : Je l'ai déjà acheté. Et j'ai aussi la VHS. Tu peux pas test.

Garçon esseulé


Les Clefs Noires sont de retours et la Souris Dangereuse est toujours aux consoles. Sortie de l'album le 6 décembre. Ils ne devraient pas rester seuls bien longtemps...

PS : le clip des Black Keys, me rappelle un des mes clips préféré, Praise You (FatBoy Slim) de Spike Jonze... Je crois que j'ai un problème avec la dance libre...



Bonus wiki : "[Spike] Jonze has many alter egos, including Richard Koufey (alternately spelled Coufey or Couffe), the leader of the Torrance Community Dance Group, an urban troupe that performs in public spaces. The Koufey persona appeared when Jonze, in character, filmed himself dancing to Fatboy Slim's "Rockafeller Skank" as it played on a boom box in a public area. Spike showed the video to Slim, who loved it. Jonze then assembled a group of dancers to perform to Slim's "Praise You" outside a Westwood, California movie theater and taped the performance. The resulting clip was a huge success, and "Koufey" and his troupe were invited to New York City to perform the song for the 1999 MTV Video Music Awards. The video received awards for Best Direction, Breakthrough, and Best Choreography, which Jonze accepted, still in character. Jonze made a mockumentary about the experience called Torrance Rises."

vendredi 28 octobre 2011

Onde islandaise 07 : Bain chaud, Into the Groove, Tim Sweeney à la Faktorý


De Bru à Eyrarbakki. Une rafale de vent soulève l'eau et me la projette au visage. J'ai le visage glacé mais mon corps baigne dans une eau à 45°. L'eau est bleu silice. Nous sommes dans la péninsule des fumées, Reykjanes, au milieu des champs de lave et de lichen. Orange du coucher de soleil. Il est presque 19h au coeur du Mordor. Nous basculerons progressivement dans la nuit, sous la lune. En face de nous, les saunas aux entrebâillements dorés se découpent étrangement contre la lave noire. Comme les portes des enfers fumants. Une bière dans un gobelet en plastique, je progresse à genou dans l'eau ; parfois je remonte du sable noir entre mes doigts de pieds. Je le regarde m'échapper. Je vois aussi le restaurant éclairé au néon violet, caché sous un petit pont. Autour de nous un maître nageur emmitouflé dans un habit jaune aux bandes réfléchissantes surveille le bassin. Qu'y voit il, quand il regarde ces têtes émergées hors de la pénombre chaude des pompes à eau ?

Reykjavik, onde 07Into the groove. Tim Sweeney à pris les platines, le son est dur, compressé dans les médiums aigus. Quelque chose d'anglais comme un ampli Orange poussé à fond. Des morceaux de soul s'enchainent sur de la drum'n'bass. C'est réellement Into the Groove de Madonna, en mashup sur un beat minimal très actuel. And you can dance / For inspiration / Come on / I'm waiting. Elle n'est pas la seule... une fille en soutien george en dentelle pourpre et longue robe beige dance devant nous les bras entrecroisés haut, au dessus de sa tête. Get into the groove / Boy you've got to prove / Your love to me, yeah. Nous recommandons des vodka glace, servies dans une demi lune en aluminium que le barman bascule dans le verre quand le liquide touche le bord. I see the fire burning in your eyes. Je descends le petit escalier en bois et croise la jeune fille au soutien gorge pourpre qui vient d'éteindre sa cigarette. Dehors, je referme mon manteau sur mon col roulé en laine et j'allume la mienne. Cette nuit je rêverai d'un autre mashup... celui de la version de Sonic Youth qui aurait pu se superposer à celle de Sweeney.


Ce n'est pas à la Faktorý, mais le morceau est le même. L'ubiquité de la nuit ?

jeudi 27 octobre 2011

Soul People


Just what you would expect from the beautiful Trans; it is not only an enhanced version of the original, it also has a pretty good beat.

Neil Young - Mr. Soul (from the album Trans 1982)

lundi 24 octobre 2011

Onde islandaise 06 : De la paix sur terre, de la vodka et du Skweee, Rabbi Bananas au Reykjavik Backpackers


De Dalvik à Bru. Siglufjörður. Nous nous arrêtons dans un restaurant près d'une boulangerie. La mairie marque 1930. Nous commandons deux bières et un café ; quelques ouvriers déjeunent autour de nous. Une heure plus tard, nous reprenons le Land Rover et à la sortie d'un tunnel nous sommes sur le point le plus au nord de notre trajet. Nous garons la voiture. Devant nous la mer à perte de vue. Je me projette dans Bad Wisdom de Bill Drummond : livre dans lequel Bill décrit le voyage ou il emmena une photo d'Elvis au haut point qu'il pouvait atteindre, dans le but d'apporter la paix sur terre (après vérification, et contrairement à ce que je croyais, il n'est pas passé par l'Islande mais par la Finlande ou il a déposé la photo du King dans le phare le plus haut qu'il ait croisé). Habité, j'affiche la photo de Bill Drummond sur un smartphone dans ma main gauche, face au Groenland, et je le prend en photo avec un autre smartphone placé dans ma main droite (dsl pour la pub, c'est juste la combine la plus simple que j'ai trouvé pour mettre ma petite opération en place...). J'apporte la photo de mon King aussi haut que je puisse ; les ondes telluriques feront le reste.


Reykjavik, onde 06. 17h. Premier contact avec le Skweee, dans le bureau des Backpackers. Comprendre à tout cela que l'on s'est rendu au central des bus (le bureau des Backpackers) pour prendre nos tickets retour et qu'il y avait un concert. Celui de Rabbi Bananas : casquette verte, deux boites à rythmes synchrones ou asynchrones et un excellent set aux sons déviants. Quelques lignes de recherches Google plus tard, il apparaît que notre Rabbi se revendique du mouvement Skweee. Facebook ajoute : Iceland's only Skweee artist. J’enchaîne sur wiki, "Le nom skweee, inventé par Daniel Savio, l’un des artistes pionniers du genre, fait référence à l’extraction (squeeze out) des sons les plus intéressants possibles des synthétiseurs vintages bon marché.)".

Malheureusement (parce qu'écouté très tôt dans la journée) Rabbi Bananas sera notre meilleure sélection du samedi. Après avoir localisé le Vínbúðin le plus proche (seule façon de se procurer des boissons à plus de 2,25° en quantité suffisante) et pris l'apéro près d'une petite fontaine à l'intersection de deux rues, nous nous sommes entrainés dans une spirale infernale de concerts foireux passant d'Elephant Stone (échappé de Brian Jonestown Massacre) qui après un très bon morceau d'intro, très psyché avec sitar, s'enfermera dans des chansons popy fades ; à Austra (atroce eurodance fricotant avec Dead Can Dance... Enigma n'est pas loin) et culminant dans les nouveaux morceaux de Gus Gus, que n'ont même pas réussi à faire passer de solides rasades de vodka icelandaise. La paix sur terre est peut être pour bientôt mais le ver est déjà dans le fruit (fermenté)...

Urban Champions by Rabbi Bananas

Summer of 94' (Extra) by Rabbi Bananas


dimanche 23 octobre 2011

Onde islandaise 05 : Bouleaux d'argent, Ben Frost au Kaffibarinn




De Húsey à Dalvik. Une bande de bitume étroit traverse d'immenses plaines enneigées. Il fait grand soleil. Blanc sur blanc, nous sommes quasiment invisible. Plus loin, nous marchons dans Dimmuborgir, des champs de lave datant de plus de 2300 ans en pensant à Dimmu Borgir le groupe de black métal Norvégien. Des bouleaux à l'écorce argentés, comme graphés, bordent le sentier couvert de neige. En ressortant j'aperçois des photos de Trolls. Celui qui rit à gorge déployée avec une seule dent au centre de sa bouche est assez préoccupant.

Reykjavik, onde 05. Dans l'après midi nous allons dans la grande église et nous écoutons l'immense orgue faire vibrer ses longs tubes de métal, du Brahms peut être. Pour ma part j'y entend Wendy Carlos dans Orange Mécanique et une impossible mélancolie. La pochette de Waters of Nazareth de Justice aussi. En sortant je repense à Wendy, ses chats sur les genoux. 18h15 - Nous entrons dans le Kaffibarinn, le concert de Ben Frost - 'Music for 6 guitars' est commencé. Depuis le couloir, en fixant le lustre et la main au blouson rouge agrippant le mur rouge, le son est puissant, la salle infranchissable. Je suis heureux. Un manche de guitare turquoise traverse le haut de la salle, des gens regardent le concert assis dans l'escalier. Je fixe le plafond. Un son métronomique marque l'écoulement froid du temps, les saturations longues des guitares le suspende. Demain nous atteindrons la plus haute latitude de notre parcours en Islande.


Ps : Cette vidéo n'est pas celle du live de 2011 au Kaffibarinn, mais celle de 2008 lors d'une précédente édition de L'Iceland Airwaves.

samedi 22 octobre 2011

Do I Need To Form A Council?


The Cyrkle - Why Can't You Give Me What I Want (1966)
produced by John Simon*, a recent favourite composer/songwriter/music producer of mine.

*his own website, rather than the usual Wikipedia link, because there isn't much to be found on his wiki page

Onde islandaise 04 : La barrière au phoque bleu, Vibeke Falden au Reykjavik Downtown Hostel


De Hvoll à Húsey. Un autre hamburger de mouton à la graisse de poisson, le plus mauvais que l'on ait jamais mangé, et nous sommes faces aux iceberg bleus translucides. Le bleu du froid. Quelques phoques sortent parfois la tête hors de l'eau, nous, nous enfonçons la nôtre dans nos capuches. La nuit sera pire. Quand nous longeons la côte, les trois tonnes du Land Rover sont poussés par des vents sournois, la lune se cache dans un anneau de nuage. Nous hésitons. Faut il se réfugier plus près que prévu ? Après un appel à la météo des routes, nous décidons de prendre la piste qui traverse la montagne. Une tempête de neige rassurante nous accompagne. Nous terminerons notre trajet devant une barrière arborant un phoque bleu, barrant une route où quelques lumières lointaines semblent indiquer que nous touchons au but. Nous n'avons peur que de nos monstres.

Reykjavik, onde 04. Reykjavik Downtown Hostel. Nous commandons une vraie bière (comprendre à plus de 2,25°) et nous nous asseyons sur les marches de la petite salle. Une quarantaine de personnes sont assises là. 17h. Vibeke Falden vient de commencer son set. Elle semble un peu intimidée, pas comme sur sa photo de promo, et ses yeux sont à la lisière de sa frange blonde. Quelques ballons jaunes et oranges, un matériel minimal et elle nous prend dans ses compositions simples et légèrement déviantes. L'endroit est chaleureux et quand elle présente 'Vinterhud' - écrit pendant une soirée d'hiver - Vous voyez ce que je veux dire ? - je me réchauffe à la lueur de sa voix.

Vinterhud by vibeke falden



Ajout du 21/04/2012. Une amie de Vibeke à traduit une partie de l'article en anglais :

Icelandic wave 04: The blue sea lion fence, Vibeke Falden at Reykjavik Downtown.

Reykjavik, wave 04. Reykjavik Downtown Hostel. We order a real beer (one with more than 2.25 degrees alcohol) and we sit down on the stairs of the small room. Forty-odd people are squatting around the place. 5pm, Vibeke Falden starts her gig. She seems slightly nervous, unlike her advertising photo, and her eyes are at the edge of her blond fringe. Yellow and orange balloons, minimalistic setup and she takes us along her simple and slightly deviant compositions. The place is cosy and as she presents “Vinterhud” - a winter evening - you see what I mean?- I get warm to the glow of her voice

http://www.tumblr.com/tagged/the-offline-people

vendredi 21 octobre 2011

Onde islandaise 03 : Force sourde, Kasper Bjørke à la Faktorý Main.


De Arnes à Hvoll. Nous longeons un large fleuve et nous arrêtons la voiture. Un paysage de lave noire avec un spoutnik météorologique au bord. Nous avançons sur un pont au dessus du fleuve boueux, nous sommes en contre jour seventies. De retour dans le Land Rover nous prenons une route marquée 'Impassable'. Au milieu d'un nulle part sombre, le vent est glacial, la mousse verdâtre. Nous rebroussons chemin. Sur la RUV 2, radio on!, nous entendons un mashup étrange de Redemption Song de Bob Marley avec des solos de flûte celtique. Un peu plus tard dans un dédale de maisons impersonnelles aux allures de légère zone industrielle, nous grimpons une ultime crête de terre pour arrêter le Land Rover sur une immense plage de sable noir. Des rouleaux de mer écrasent leur écume sur un coucher de soleil de carte postale. Le sable couleur ténèbres me surprend quand je me retourne pour regarder la petite vallée ou les fracas des vagues immenses se réverbère sur le vert de la côte et la petite église au clocher rouge. Une force sourde. Ce soir nous irons dormir près d'un petit renard polaire, au bord d'un lac gelé.

Reykjavik, onde 03. Encore à la Faktorý Main. Les filles vont deux par deux aux toilettes, peut être parce que les portes ferment mal. Je remonte le petit escalier en bois et les bpm me rejoignent. Kasper Bjørke a commencé son set. Ça nous rappelle quelque chose de Matthew Dear mais en plus clinique. Une techno minimale, nordique. Le son est précis, les gens excités, la bière à 2,25°. Quelque chose ne colle pas. Nous attendons.

Doesnt Matter (The Bjørke/Schidt/Trentemøller/Tenor Bootleg) by Kasper Bjørke

PS : la photo n'est pas celle de la soirée de la Faktorý Main, c'est un photo promo extraite du site de Bjørke.

jeudi 20 octobre 2011

Onde islandaise 02 : Geysir, For a Minor Reflection au Reykjavik Art Museum


De Laugarvatn à Arnes. Trois silhouettes en cape de pluie disparaissent dans les fumerolles d'un geyser géant. Geysir, deux trous bleu passé crachant de l'eau à plusieurs mètres de hauteur à intervalles réguliers ; on sent le souffre à pleins poumons. Il pleut énormément, les manches de nos blousons sont traversées par les rafales de vent. Nous nous réfugions dans un resto-route ou nous mangeons des hamburgers de moutons fris dans de la graisse de poisson. Il y aussi un Troll en bois dehors. Un peu plus loin, à coté de chutes d'eau cataclysmiques, nous nous abritons de la pluie horizontale derrière un mur gris pour fumer une cigarette. Devant nous une avancée en bois, comme un ponton vernis nous adresse l'horizon.

Reykjavik, onde 02. Nous entrons dans un long couloir blanc, qui pourrait être la promenade d'un hôpital psychiatrique ou d'une prison. For A Minor Reflection joue fort. Nous allons acheter des boules quiès pour couper les aiguës Fender se réverbérant dans ce grand hall. Je pense à Godspeed you! Black Emperor, mais ce sont en fait des membres de Sigur Ros qui envoient des déchirures soniques. Nous goûtons un alcool de réglisse dans une lumière bleue.

Drones for bleeding hearts




Black Swan - In 8 Movements (album preview) by experimedia

Dark and dreamy soundscapes, by Black Swan.


Tainted Love


Nope, it won't send you to sleep. Not this track at least. Not even with this cover.

Psychic Dancehall - Pretty Dream (2011)
find them on bandcamp

mercredi 19 octobre 2011

Hurdy Gurdy Man


The Butthole Surfers in a Donovan's cover from 1991. And this is the original.
Donovan - Hurdy Gurdy Man (1968)

The final shootout


Apollo Sunshine - We Are Born When We Die

mardi 18 octobre 2011

Onde islandaise 01 : Au dessus des nuages, BIX à la Faktorý


Nous sommes au dessus des nuages pendant quelques heures, puis l'avion se pose. Une série de couloirs, 1 litre de vodka et quelques packs de bières puis nous chargeons les sacs dans le Land Rover blanc. Je pense à Bill Drummond et à l'émergence de The17 en écoutant le bruit des ponts, de la boite à vitesse et des transmissions. Les OfflinePeople sont à Keflavik. Nous prenons la route. Nous évitons Reykjavik par la droite en suivant la N1 puis nous contournons le lac Þingvallavatn par son sommet. Laugarvatn, première nuit.

Reykjavik, onde 01. Nous montons un petit escalier en bois. Dans le club, la Faktorý Main. Un garcimore à tête de Keith Richards fait de mauvais tours de magie avec une corde et des noeuds. Une très jolie blonde à robe noire entre sur scène. Keithimore l'attrape et l'hypnotise. Oui ? Elle oscille, le visage bas, tourné vers le plancher de la scène. Il sort un couteau et passe la lame le long de son bras gauche. Pas de réaction. Il coupe la bretelle gauche de sa robe, puis découpe le tissu sous son sein gauche. Il coupe la bretelle droite : elle est en soutien george rose et dentelle noire. La robe part en lambeau, elle est en culotte. Elle se réveille et quitte la scène. Je ne nie pas une certaine tension sexuelle. Un homme à tête de grenouille passe à coté de moi. Quelques instants plus tard, un corps bodybuildé à tête de lapin avec un bandeau de pirate, un ourang outan à capuche et t-shirt stussy l'a rejoint ainsi que d'autre hommes à têtes d'animaux. Il y a aussi une jeune fille portant une chapka. Lazer, revival post rave, son cutté et rapper icelandais. La nuit est encore jeune à Reykjavik.

BIX - I Am BIX by OfficialBIX

lundi 17 octobre 2011

TheOfflinePeople lost in Iceland


A little teaser. More to come about the Airwaves Festival 2011 really soon...

Interview : Triton (JB Boutet)



1. Votre 1er souvenir musical ?
Sans doute un mix improbable entre La jeune fille et la mort de Schubert sur la platine vinyle de mes parents et un des génériques d’Albator dans le mange disque.

2. Le meilleur disque que l’on vous ait offert ? Le pire ?
Le meilleur. Come to Daddy d’Aphex Twin. J’en souris encore... le pire, je l’ai vendu.

3. Le 1er disque que vous ayez perdu ?
L’album éponyme de Labradford .

4. Votre nom de groupe de musique imaginaire ?
Jean-Brique Bête.

5. A quel moment aimez-vous faire de la musique
Quand je crois que j’ai une idée.

6. A quoi ressemblera la musique dans 50 ans ? dans 5000 ans ?
Dans 50 ans, une révolution : guitare, basse, batterie.
Dans 5000 ans jour pour jour, la musique ressemblera à une série Z épique. D’hostiles aliens auront pris le contrôle de la planète. Grands fans de heavy metal FM des années 1980, ils nous obligeront à rejouer sans cesse et jusqu’à la mort The Final Countdown du groupe Europe.

7. Quel album ignoré ouvrira un nouveau genre musical ?
Je le cherche moi aussi.

8. Quel album n’aurait jamais dû exister ?
Nier pour exister, non non non.

9. L’album idéal pour l’apéro ?
Quelque chose de plutôt Pop. Peut-être Brigthen the Corners de Pavement.

10. Votre featuring rêvé ?
Robert Wyatt et Jaki Liebezeit.

11. Le disque dont vous avez peur ?
Rock Bottom de Robert Wyatt, j’en ai peur car il me rend très mélancolique.

12 .Le disque que vous aimeriez écouter ?
...j’ai maintenant envie d’écouter l’album éponyme de Labradford. (cf question 3)

13. Le film qui vous a donné envie de faire la musique ?
Le bon la brute et le truand

14. Le morceau méconnu que tout le monde devrait connaître ?
Devil got my woman de Skip James, découvert pour ma part grace à un ami et le film Ghost World. Dans ce film, il y a aussi le magnifique Venezuela de Lionel Belasco.

15. L’album ou l’artiste que vous n’aimeriez pas être ?
Je n’aimerais pas être un album utilisé dans un meeting UMP.

16. La reprise que vous aimeriez faire ?
Washer de Slint (album Spiderland).

17. Le mashup que vous aimeriez faire ?
J’ai déjà commencé un mashup entre Plain Gold Rings de Nina Simone et Ten Days Interval de Tortoise, mais c’est pas assez abouti.

18. Le texte que vous aimeriez mettre en musique ?
Pas d’idée.

19. Avez vous déjà eu des hallucinations auditives ?
Oui, il m’arrive parfois de faire ce cauchemar qui se passe en temps réel qui rappelle un peu Le Horla (de Maupassant). A savoir une présence dans ma chambre qui me regarde dormir à demi conscient… et le son qui va avec : souffles, craquements, frottements. Flippant.

20. Comment aimeriez vous mourir ?
Sur scène.


another experiment with headphones par triton

Voir le site de triton et son soundcloud. Ecouter aussi son projet Jean-Brique Bête.

vendredi 14 octobre 2011

mardi 11 octobre 2011

Remixthebook by Mark Amerika


remixthebook Video Book Trailer (Extended Play Remix) from remixthebook
Remixthebook, a voyage into remixology by Mark Amerika. In his book Amerika, inspired by earlier experiments in literary remixes by artists like Ginsberg, William Burroughs... extends the practice to Culture as a whole (music, video, art).  
It is published by University of Minnesota Press.
It is also a website more info + twitter page
  

dimanche 9 octobre 2011

What Else To Do On A Sunday Afternoon?


And if you don't have windows in your flat, you can watch the cars from a hostel in Wroclaw here  
Robyn Hitchcock - I Watch The Cars (1981)

vendredi 7 octobre 2011

The Stepkids - Suburban Dream


I have no consistency.

jeudi 6 octobre 2011

Bleach it! All Bound For Mu Mu Land a mixtape by theofflinepeople.blogspot.com


Well, well, while everyone is celebrating Nevermind's 20th anniversary and an already dull Grunge revival (I hope I'm wrong), we at the offlinepeople have better priorities... like finding the new Reel-2-Real for example. And anyway, the best grunge song of the 10s has already been recorded two years ago by Pissed Jeans (see our post).
We know how it all ended so there's no good reason to look forward to it.

Bleach it! All Bound For Mu Mu Land a mixtape by theofflinepeople.blogspot.com

01 Yello - Reverse Lion Echo
02 Thurston Moore interviews fans - Excerpt from 1991 The Year Punk Broke
03 Starfoxxx - Pegale
04 Chrissy Murderbot - So Real
05 18 Carat Affair - Phil Spector Daydream
06 Kerri Chandler - Just Wanna Be With U (Bassmental)
07 Udachi - P-Funk Skank (B. Rich Remix)
08 Armando - 100% of Disin' You (theofflinepeople 110% mix)
09 Kontoret - Spectrum Jungle

mardi 4 octobre 2011


Oh yeah, it does sound like an updated version of Grammy Winners by Funkstörung (don't even mention Drop It Like It's Hot) but we like it anyway.

Lazer Sword - I'm Gone feat. Turf Talk (2010)
 *check out their blog

A Winged Victory For The Sullen



A Winged Victory For The Sullen est une collaboration entre Adam Wiltzie (Stars Of The Lid) et le pianiste et compositeur Dustin O'Halloran. L'album est sorti le mois dernier chez Kranky mais vous pouvez également en écouter un morceau par ici.

lundi 3 octobre 2011

Ancients of Byzantium


Le nouveau Sun Araw - Ancient Greek and Roman, masterisé par Sonic Boom est disponible chez Drag City.

Ouranous, Sonic Boom et Janus like that (+3).

samedi 1 octobre 2011

“The best hip hop album of the year” -Spank Rock


Le nouveau Spank Rock vient de sortir : spankrock.com. D'après leur autocitation, cf titre de l'article, ils en ont l'air très satisfait...

Spank Rock - race riot (2011)