samedi 30 juillet 2011

Mina & 3.0john #4 : Crunch et le Bluebox



En face du Temple un vieil homme en haillon hurle :
-« Entassez-vous écœurant imbéciles ! Troupeaux d’idiots ! Prolongez votre vie, travaillez et travaillez encore ! Ne voyez vous pas ce que révèle l’existence des chats-verres, ne comprenez vous pas ce qu’ils signifient ? Leur peau translucide n’est pas une aberration de la nature, elle est la nature, elle révèle la vie ! La vision de leurs viscères n’est pas une offense aux yeux, elle vous hurle que vous êtes chair et flux de vie, que vous êtes mortels. ‘La fin des possessions’ tel est le nom que vous donnez à la mort ! Tas d’immortels crétins ! Travaillez et possédez, vous ne mourrez pas… les prêtres vous maintiennent en vie ! Ils aiment votre vie, la prolongent. Possédez encore et encore, vous n’avez que ça à faire de votre artificielle éternité. Ne vous demandez pas pourquoi sur l’Ile-Forêt les gens… »

Une escorte de Policiers-Templiers traverse au pas de course devant 3.0john et se rue sur le vieil homme.
« Laissez moi, je ne veux plus travailler, j’ai 550 ans passé, je veux juste mourir… non… non… »
Il n’eut pas le temps de crier davantage, le vieil homme s’écroula à terre, inconscient.
Les Policiers-Templiers chargèrent le corps dans un fourgon aux emblèmes du Temple et 3.0john repris sa route.

* * *

Port de Nouvelle New York. Avril 30AA.
Crunch était sur la berge. Il scrutait la mer numérique devant lui. Le flux et le reflux des 0 et 1 le fascinait. L’immensité électronique. Il posa le regard sur son bateau. Les voiles cerf volants du Bluebox flottaient dans le ciel gris.

Quand je me suis approché de Crunch, il s’est lentement retourné et l’espace d’un instant, j’ai été frappé par la blancheur de sa peau. On murmurait qu’il était albinos, androgyne et qu’on lui avait implanté dans le cerveau un ordinateur organique, semi liquide, composé d’eau numérique extraite de la grande mer, ça faisait maintenant plus de 20 ans…

Je me suis avancé, il m’a dit qu’il attendait des passagers. Il sourit.
-« Nous pouvons appareiller maintenant ». Surpris je me retournai et me retrouvai face à face avec une femme, un homme et un petit animal. Ils se présentèrent : Mina et 3.0john.

La jeune femme était étrange, son visage angulaire semblait flotter au dessus d’une longue robe noire. L’homme était habillé d’un vêtement foncé. Derrière l’homme se tenait un chat verre à la peau translucide. Ils montèrent sur le grand vaisseau et Crunch ferma la marche.

Dès qu’il eu atteint sa place à la barre, le grand vaisseau sembla frémir et s’éleva lentement au dessus de l’eau. Ses milliers de micro-machines s’activaient, tendant ses voiles et tirant les cordages. Le bluebox s’arracha à l’eau binaire et prit la direction du large, poursuivit par une armée de créatures atroces accourant sur la jetée. Des êtres hybrides et incomplets, tout à la fois hommes, machines et bêtes, se ruaient à sa suite…

(à suivre)



Elita, Mary and Ella Hoffpauir - Six ans sur mer (1934)


pix : Prehistoric Egyptian ship drawings

jeudi 28 juillet 2011

Mina & 3.0john #3 : Sifflets-Vapeurs



3.0john se tourne vers le fond de la pièce : sur une petite table encombrée, des morceaux de cyborg émergent. Les câbles vitaux sont reliés à un corps de chat allongé sur le flanc. La cage thoracique de la bête se soulève à rythme régulier.

Mina : « J’ai récupéré des back up épars dans les différentes parties du corps du cyborg, d’ici quelques heures, j’aurai recomposé presque toute sa mémoire corporelle, après on pourra se débarrasser de tout cela. Il sera à l’abri des recherches de la police pendant un petit moment, du moins je l’espère.»

* * *

Bouche d’égout : un rat sort son museau. Une griffe de diamant s’abat sur lui, s’enfonce profondément derrière ses cervicales et le sort de son trou. Le chat verre s’amuse un peu avec la bête avant de la découper méticuleusement en petites portions alimentaire. Non loin de là, un vieux bus auto porté est devenu la source première de nourriture d’une grappe de parasites.

L’hyperplan est devenu une sorte de réalité tangible se superposant à la vieille ville : on est au wwwd6 sur le terminal de Mina. Déconnexion, on est chez Mina.

-«Picasso Metallic, tu m’entends ? » pour toute réponse elle eu un faible miaulement d’approbation.
-« Merde, il utilise les cordes vocales du chat verre pour s’exprimer… » Mina effectua de nouveaux branchements, puis reposa sa question. Une voix de synthèse lui répondit.
-« ok, 3.0john, je crois que le transfert a réussi, tu peux déconnecter les membres et les balancer, on en aura plus besoin. »

Le petit félin se dresse maladroitement sur ses pattes et tente de se tenir debout.
3.0john rassemble les membres du cyborg, les plonge dans une caisse pleine de vieilles pièces automobiles huileuses puis sort.

* * *

Dans la rue, au pied de l’immeuble.
3.0john se dirige vers l’ancienne casse automobile. Il regarde les immeubles autour de lui. Celui d’en face accueille de nombreux parasites. Sa forme rectangulaire initiale s’est métamorphosée en d’étranges circonvolutions, entrelacs curieux de matière végétale et plastique. On dirait une superposition de masques vaguement humanoïdes s’imbriquant les uns dans les autres.

Détachant son regard de l’immeuble, il prend l’avenue H. Au milieu de l’avenue, il entre dans l’ancienne casse. Une carcasse de voiture gît dans la presse hydraulique : il jette les membres du cyborg à l’intérieur et actionne les manettes de commandes des vérins. Un petit cube de métal remplace bientôt l’amas de ferraille et 3.0john s’estimant satisfait, quitte les lieux.

On entend les Sifflets-Vapeurs au loin. 3.0john lève la tête. C’est l’heure où les fidèles se rassemblent devant le Temple. Le Temple : un ancien train ayant subit les assauts répétés de plusieurs générations de parasites. 

Il ressemble maintenant à une sorte de vers géant autrefois mécanisé, secoué régulièrement par les Sifflets-Vapeurs marquant le début des Offices. Les fidèles se disposent en file indienne, s’alignant en une lente procession et remontant des wagons de queue jusque vers la locomotive. Au fil des ans, les parasites se sont entassés les uns sur les autres, transformant peu à peu l’aspect général du vieux train en cathédrale organique. Les simili-voûtes battent comme une sorte de cœur, se rétractant et se dilatant selon le rythme de vie des parasites. La plus haute salle, l’ancienne locomotive, s’élève maintenant à plus de 20 mètres de haut.


En face du Temple un vieil homme en haillon hurle... 

(à suivre)


Leafcutter John - Interference (2011)




pix : Mélanie Bourget

Da'el


My self is a beautiful thing that no one can touch. Try me. Oh, you already have.

Autechre - Dael (1995)

mardi 26 juillet 2011

Mina & 3.0john #2 : Picasso Metallic



Raccord cut : une intersection pas loin.
« … carrefour C10 en vue, je me dirige vers les secteurs D et… » Coup de volant droite/gauche, la voiture se dirige à pleine vitesse sur le cyborg - sirène - bruit sourd de la chair sur le métal.
L’agent 360121 stabilise sa voiture, descends et s’avance vers une bouillie de chair-métal encore frémissante. Il se baisse, ramasse la partie supérieure de la tête du cyborg et retourne à sa voiture.
« Agent 360121… cyborg intercepté. Envoyez un nettoyeur. Retour au central dans 45 minutes. Terminé »

* * *

Appartement de Mina et 3.0john.
-« Merde, t’as entendu, c’était quoi ce bruit ?…
- Il a été pris, faut se tirer maintenant
- qui il ?… Mina réponds ! »

Mina se rapproche du terminal wwwTV, le voyant s’allume. Une voix de synthèse sort du petit haut parleur : « Transmission niveau 7… prête. ». Aspiration, transfert. Sa grande robe sombre, vide, tombe au sol. « Transfert terminé, aucune informations perdues. »

3.0john rassemble ses affaires puis sort rapidement de la maison, une petite valise à la main.
Une vieille Ford est stationnée devant la maison. Il s’installe à l’intérieur et branche son webscan. La voiture décolle et se cale sur les coordonnées envoyées par Mina.

* * *

Intersection du secteur O et du secteur G. Une des rares structures en plastique cellulaire encore debout dans le quartier. 

Vue depuis le toit d’un immeuble. La porte d’entrée de l’immeuble d’en face est ouverte. Plan plongeant puis ascensionnel : porte d’entrée, porte d’ascenseur, 125e étage, ouverture de la porte d’ascenseur. Couloirs dégueulasses, portes noires, murs gris, lumière artificielle défectueuse. …C6, C8, C10, …, …C34.

Coup d’œil par dessus son épaule, 3.0john fouille dans ses poches et sort sa carte-clef. Il passe sa carte dans le lecteur. La porte s’ouvre.

Mina est à demi-présente, sa robe noire flotte dans la pièce. L’image de Mina se recompose : « T’en as mis du temps, j’ai cru que tu avais eu des ennuis... Je te présente Picasso Metallic, ou plutôt ce qu’il en reste. »

3.0john se tourne vers le fond de la pièce : sur une petite table encombrée, des morceaux de cyborg émergent. Les câbles vitaux sont reliés à un corps de chat allongé sur le flanc. La cage thoracique de la bête se soulève à rythme régulier.

(à suivre) 



LEM - Robots in heat (1977)


pix :  Second Front

dimanche 24 juillet 2011

Mina & 3.0john #1 : a novel and a mixtape by theofflinepeople.blogspot.com



Nouvelle New York, avril 30AA.
Vue aérienne : les immeubles de la ville sont parasités par des organismes végétaux qui ont fusionné avec le plastique cellulaire des bâtiments. Les squelettes des plus anciens, incrustés dans la structure des bâtiments, achèvent désormais les édifices effondrés. 

Une voiture blanche survole l’asphalte. Après avoir tourné au coin de la rue, elle s’arrête devant la résidence B104. La porte papillon s’ouvre, un homme en habit bleu sombre en sort. Il ajuste son insigne et se dirige vers la porte d’entrée.

Sonnette. …une voix lui répond… La porte s’ouvre.
Dans l'encadrement de la porte se tient un gone : vêtements noir profond, visage féminin mappé, les pommettes anguleuses, le menton imperceptiblement carré. Un polygone humanoïde. Sa tête semble flotter légèrement au dessus de ses épaules.
-« Oui ?
- Bonjour, Police du Temple, agent 360121…

Mina le fixa, sa chevelure texture noire lui tomba devant l’œil. La soirée d’hier avait été fatigante, elle avait passé la nuit interfacée sous NKOTB. Elle avait l’œil pixelisé.

Une 3D apparut dans le creux de la main du policier : "…Avez vous vu cette personne ?". Il parut amusé de la ressemblance entre le gone et la 3D. Elle préféra ne pas y prêter attention et détourna le regard.
-« Je suis en patrouille dans le secteur et je recherche un cyborg déviant...
- J’ai rien vu de semblable dans le coin, agent 360121.
- Réfléchissez bien, je suis sûr que ça va vous revenir... et n'essayez pas de me mentir. Je détesterai avoir à établir un mandat de perquisition à votre encontre... Coopérez, ça nous fera gagner du temps à tous. » Elle paru embarrassée.
-« Ouais, je l’ai vu votre ‘borg, il traînait à la limite du secteur D et du secteur F, hier en début de soirée. Il avait l’air complètement détraqué, c’est tout ce que je peux vous dire. Au revoir agent 360121 »

Elle lui claqua la porte au nez, puis reparti s’installer sur le divan.
-« …fouille merde du Temple… putain fais chier… bouge pas… je fais un tour sur l’hyperplan, je reviens d’ici une à deux minutes. Après tu pourras sortir de là…»
Mina se plaça assise devant la prise d’interface et ferma les yeux. Un long frisson parcouru son habit noir, son visage marron clair version peau de synthèse morpha et sa tête se fixa en prise directe.
Après une brève recherche, elle trouva l’adresse d’émission du policier.
« … patrouille 360121, au rapport. Le gone de la maison B104 paraît susp… » En une fraction de seconde, la phrase fut interceptée, recodée et une nouvelle phrase fut émise. « … patrouille 360121, au rapport. Le gone de la maison B104 a confirmé que le cyborg déviant a été vu entre les secteurs D et F. Je vais vérifier. Terminé. »

Déconnexion, la peau/tête se retire, mouvement arrière.
-« Ça y est, tu peux sortir de ta planque, la Police du Temple est lancée sur une fausse piste, tu devrais être tranquille pendant quelques heures.
- Merci, … ? Je ne sais même pas ton nom… » lui répondit une faible voix.
-« Aucune importance, et maintenant barre toi : ...porte de derrière, à gauche, remontes la petite rue et disparait…que je ne te revois pas par ici, la prochaine fois, je te balance à la Police du Temple. »

La porte de derrière venait juste de se refermer quand la porte d’entrée s’ouvrit : 3.0john entra dans la pièce.

(à suivre)


Pardon My French

   Mina & 3.0john by the-offline-people-09

01 Fred Karlin & Michael Crichton - Robot repair
02 Triton - Deilephila nerii
03 Vladislav Delay Quartet - Salt Flat
04 Radiohead - Give up the ghost
05 Carter Burwell - The unexpressed expressed
06 Laurie Anderson - Falling
07 Mouse on Mars & Dietmar Dath - Aggro moderato
08 Elodie - En Aval
09 Tinariwen - Enseqi ehad didagh (i lie down tonight)
10 Ennio Morricone - La cugina (V variazione)
11 Timber Timbre - Magic arrow


pix :  Second Front

samedi 23 juillet 2011

Cependant les vagues irritées s'apaisent


Le dieu des mers dépose son trident, et rétablit le calme dans son empire : il appelle sur ses profonds abîmes Triton, qui couvre d'écailles de pourpre ses épaules d'azur; il lui ordonne de faire résonner sa conque, et de donner aux ondes et aux fleuves le signal de la retraite. Soudain Triton saisit cette conque cave, longue et recourbée, qui va toujours s'élargissant, et qui, lorsqu'elle retentit du milieu de l’océan, prolonge ses sons des bords où le soleil se lève aux derniers rivages qu'il éclaire de ses feux.*

joue avec le fonds, part 5 (mix & remixes) by triton

triton est le projet électronica solo de Jb Boutet (aka Jean-Brique Bête) et est disponible sur le label bruitclair. Aller sur le soundcloud de triton.

*Ovide - Les Métamorphoses - I

mercredi 20 juillet 2011

Do you Wanna Dance?


Put some glitter flakes on your pants and come and have a dance!

Ceephax Acid Crew - Life Funk (2010)

mardi 19 juillet 2011

Evan Parker. Southbank. 19/07


Now tomorrow I'm off to go and see Evan Parker at the Southbank Centre. I've only realised not long ago he was playing and I got myself some tickets straight away.
Why? because there are lots of tickets left. Why do I go? because you should.
Jesus, people wake up! It's a disgrace.

Go on and book it!

PS: it's Tuesday 19th, so tomorrow is today.

*picture Evan Parker, David Toop and Paul Burwell at the London Musicians' Collective 12 February 1978

samedi 16 juillet 2011

Stuntuning


Anti-G - Freak it out (2011)


pix : Mark Maggiori (there's some naughty pictures, go on)

Le Tour Is Dope


The King Khan & BBQ Show and Black Lips in a tribute to Baron Merckx and some stylish cyclists.

The Almighty Defenders - Bow Down and Die (2009)

vendredi 15 juillet 2011

Get Drunk Johnny!


I told you it would be a happy one... and doesn't he sound just like Nick Cave?
I say let's get fanstactlically druuunk!

The Wine Drinkin' Roosters - Drunk (2000)

mardi 12 juillet 2011

Exoteric Interferences


Finally got my AC Adapter delivered, and it came with this WARNING: The device can accept the exoteric interference, including the one that may cause undesired operation.
Sounds like my kind of party on Second Life a few years ago.

The Samps - Peppergood (2010)

lundi 11 juillet 2011

All good cretins go to heaven, moi y compris ? Guitar Wolf à la Maroquinerie


There's no stoppin' the cretins from hoppin'
Le blogger à des remords, son précédent compte rendu à été maladroit. La vidéo du cirage du pompe l'a fait douter. Hier soir, assis sur son canapé, il a revu Westworld et d'autres souvenirs du concert de Guitar Wolf lui sont revenus en tête et entrent désormais en conflit avec sa précédente impression.

1-2-3-4 Cretins wanna hop some more
Le blogger est à nouveau dans l'ombre du fond de la salle de concert, plongé dans ses pensées et comme d'habitude il est obsédé par quelque chose qu'André Breton à déjà formulé de la sorte : "la beauté sera convulsive ou ne sera pas"*... quand Cretin Hop des Ramones, sur fond de bruit de moteurs de moto, amène Seiji, U.G. et Toru sur scène. Seiji boit sa bière cul sec, le blogger aussi... Le reste vous le connaissez déjà.

4-5-6-7 All good cretins go to heaven
Chirico a reconnu alors qu'il ne pouvait peindre que surpris (surpris le premier) par certaines dispositions d'objets et que toute l'énigme de la révélation tenait pour lui dans ce mot : surpris. Certes l’œuvre qui en résultait restait "lié d'un lien étroit à ce qui avait provoqué sa naissance", mais ne lui ressemblait qu'"à la façon étrange dont se ressemble deux frères, ou plutôt l'image en rêve d'une personne déterminée et cette personne réelle. C'est, en même temps ce n'est pas, la même personne; une légère et mystérieuse transfiguration s'observe dans les traits.*

Retournons dans la salle, éclairé par Chirico, Breton et Westworld : Seiji avait des tics nerveux sur le visage, comme un dysfonctionnement léger ; le groupe se désynchronisait parfois puis entrait en boucle sur des riffs ramonesques violents et spasmodiques, convulsifs ? Ce sont, en même temps ce ne sont pas, les mêmes personnes; une légère et mystérieuse transfiguration s'observe dans leurs traits... Et si Guitar Wolf était en fait un groupe de robots ultra perfectionnés, des sortes d'Elvis-Lux Interior venu d'un futur proche ou alternatif ? Un groupe créé par l'industrie du divertissement et voué à se retourner contre elle ? Une subversion géante, une distraction mortelle ? Le blogger se serait-il trompé d'angle d'attaque ? En tout cas la surprise pourrait être de taille...

Le concert de vendredi soir était finalement un bon concert... le paradis est-il si loin ?


*Extraits d'André Breton - Nadja.

dimanche 10 juillet 2011

Kill All Humans, a mixtape by theofflinepeople.blogspot.com


Le 10/07/2011 14:33, Rocketsfallonrocketfalls a écrit :

Voici ma mixtape pour juillet,

En fait c'est pas vraiment ma mixtape, je l'ai trouvé dans une capsule temporelle venant du futur, elle a probablement été enregistrée par des robots fous qui fêtaient l'extinction de l'espèce humaine après le soulèvement des machines de 2074. C'est pas banal comme histoire.

Kill All Humans, a mixtape by the offline people by the-offline-people-09

01 Intro - Daisy Bell
02 Ford & Lopatin - Rock Center Paronoia
03 Chateau Marmont - Nibiru
04 John Carpenter & Splash Band - Christine
05 Stellar OM Source - Magnetic Depths
06 Space Art - Onix
07 Human League - The Dignity Of Labour, Part 3
08 Roland Bocquet - Digital Vision
09 Kraftwerk - Spacelab
10 Moebius / Plank / Neumeier - All Repro
11 Brian Bennett - Cloning
12 Gary War - Grounds For Termintation
13 Tangerine Dream - Choronzon
14 Portal 2 OST - Science is Fun
15 Pacific! - Venus Rising
16 Outro - HAL 9000 disconnection

1976 et un dimanche

J'encule à Disneyland : Guitar Wolf à la Maroquinerie


Seiji, U.G. et Toru sont de vieilles salopes. De vieilles précieuses expertes en porte jarretelle et doigt dans le cul. Oui, oui, je sais, je vais développer un peu...

J'encule mon père, J'encule ma mère*
En premier, il y a la panoplie du rocker de la marquise : pantalons et vestes en cuir, lunettes de soleil noires, cheveux gominés, peigne en plastique rouge, boots en cuir cirées. Il y a aussi l'attitude du rocker de la marquise : les positions de jambes savamment écartées, les doigts tendus, les doigts accusateurs, les guitares tenues en mitrailleuses, les invectives au public, les guitares jouées dans le dos, les 1 2 3 4... et il y a eu Wild Zero (le salon de la marquise, qui je dois l'avouer n'étais pas déplaisant). Donc je sais tout cela, mais même si elles sont parfois très sympathiques, les vieilles marquises sentent aussi un peu le renfermé...

et J'encule les serpillères
Le set a été parfois drôle, comme la bière que Seiji boit cul sec avant de commencer mais la mise en scène est parfois très appuyée, comme la fausse personne du public qui est jetée sur scène et à qui l'on donne une guitare, qui refuse, mais qui fini par se transcender et s'investir du rock'n'roll et qui se met d'un coup à faire de très bons feedbacks, bras tendu bien haut face à l'ampli. Il y a aussi le roadie aux aguets, toujours prêt à faire passer le câble du micro, à remettre un fût de batterie tombant légèrement, à prévenir un décalage de pied de micro de quelques centimètres, afin que nos trois comtesses déchues puisse continuer à griffer le papier peint de leur chambre d’hôtel en ayant toujours un petit coussin en velours ou reposer leurs vieilles fesses ramollies...

J'encule les étoiles et J'encule les cieux
Parce qu'avant Guitar Wolf, il y avait le Bo Diddley de 1955, avec ses trois choristes tentatrices même s'il y a eu aussi celui de Who Do You Love au N.Y. at Night dans les années 80, les légendes sont parfois fragiles ; Il y avait le Elvis de 1957, couvert de cuir, au déhanché provocateur et à la mèche luisante, et celui de 1977, gras comme son costume à paillette. Il y avait bien sûr le Great Rock'n Roll Swindle des Sex Pistols ; Lux Interior en doctor Frankenstein recomposant la créature du psycho-horror-billy mais dans le même temps il frottait aussi son sexe dans l'oreille d'une fan en lui tenant fermement la tignasse (je vous retrouverai la photo à l'occasion...) et Iggy Pop sortant de son corps écorché pour assurer la passation à Cobain le destructeur de guitares... Même si la violence pré-pubère fini inévitablement par se transformer en autre chose, de différent, d'étouffé ou de muté, qu'en est il quand on est si rapidement dans le travestissement ? Quand on surjoue l'authenticité ?

J'encule mes perles de nacres et J'encule la rue du massacre
Il est vrai que je peins moi même le tableau, avec un peu trop d'attention aux détails, les marquises à travers tout ce fard, sont parfois touchantes : les tics nerveux secouant le visage de Seiji qui a du abuser des cachets du médecin ; les longs passages bruitistes et tendus et même quelquefois une mauvaise synchronisation pas déplaisante sur certains passages, tout cela redonne un peu de fraicheur à l'ensemble...

Mais je terminerai sur une ultime question : pourquoi l'interminable pyramide humaine du 2e rappel, tombant, se remontant, tombant encore puis se stabilisant enfin trente secondes afin de laisser Seiji grimper tout en haut (dans quel but précisément ?). Pourquoi Walt Disney au pays des rockers ? Le loup y est souvent si peu intéressant...  


Lock'n Lol, le guitariste involontaire ?



Note à posteriori : le cas Guitar Wolf est décidément plus complexe que je ne l'ai présenté : 1) Jet Generation est un excellent morceau 2) C'est le premier cirage de pompe au bandana que je vois filmé pendant un live et en caméra subjective... chapeau bas (à 0:49 min).




Petit rappel de barème, Seiji :

Bo Diddley et les tentatrices, 1955


L'iguane, il y a 41 ans


*Les titres des paragraphes sont extraits des paroles de J'encule de Gogol 1er

samedi 9 juillet 2011

Staying In The Theme


Fair Ohs - Everything Is Dancing (2011)

It's on their last album from June.
Might do a bit of that myself in not long.

vendredi 8 juillet 2011

L'épreuve du maillot de bain



Beaunoise - Invention #3 (for Serge Modular Synthesizer) (2011)

Bleeptunes de Beaunoise vient de sortir, plus d'infos ici

pix : Francesco de Molfetta

mercredi 6 juillet 2011

Cette nuit je dors dans les ruines : Tinariwen au Théâtre des Bouffes du Nord



Acte 1 : Fragments*
Devant le théâtre des Bouffes du Nord, un blogger traverse la rue et se pose dans le petit troquet en face. Il n'y a pas de place en terrasse, il boira donc sa bière debout dans la rue, adossé au café et fumera deux cigarettes en regardant les extérieurs du théâtre. 

"Il n'y a personne, je suppose ?" un homme, regardant la table vide, sans chaises autour.
Il pose sa bière sur la table et commence à fumer à coté du blogger.

Le blogger remarque deux touaregs (en habits traditionnels ?) en train de parler avec d'autres personnes devant le théâtre. Il traverse la rue, s'approche et croise un petit homme frisé d'une cinquantaine d'année avec une moustache, qui tente de faire un grand écart pour épater une amie africaine. Il est en déséquilibre et parait surexcité : "J'ai bu plein de bières faut que j'aille pisser, moi".


Acte 2 : Je suis un phénomène*
Dans le théâtre des Bouffes du Nord, le blogger s'installe sur l'aile droite du théâtre. Il est subjugué par le lieu et appuie son épaule sur le poteau présent à sa gauche. Il apprendra plus tard que le theatre a fermé en 1914, est tombé en ruine et à été repris et figé dans sa chute par Peter Brook en 1974.

Des lumières remontent le long des murs vernis en ruines. Des coussins sont disposés sur le sol devant le premier rang. Des tapis, des guitares acoustiques et électriques, un plafond de métal ? L'arrivée du petit homme frisé avec moustache précédemment croisé dans la rue tire le blogger de sa rêverie. Le petit homme s'installe, avec son amie africaine, juste devant lui.

Un homme habillé en noir (t-shirt, pantalon) parle avec un autre homme habillé en noir (t-shirt, pantalon). Le petit homme frisé avec moustache entend la conversation :
"Vous allez installer une caméra là ? Mais vous allez rien voir... ou alors mon dos, j'vais danser moi (sourire).
- Vous pouvez pas, on va mettre la caméra juste là, pour vous faire un joli reportage, soyez sympa, on bosse...
- Et ben pas moi (sourire), j'suis venu au spectacle pour m'éclater moi, j'fais ce que je veux, j'suis libre moi.
- ..."


Acte 3 : La Conférence des oiseaux*
Après un début difficile dans une salle chauffée comme un Club Med', tous les hommes et femmes libres ("j'fais ce que je veux, j'suis libre moi") ayant poussé dans leur derniers retranchements les hommes en noirs (t-shirt, pantalon) et ayant un peu arrêté de marquer les rythmes en tapant dans leurs mains n'importe quand ("j'fais ce que je veux, j'suis libre moi"), le blogger arrive enfin à entrer dans le concert et la musique de Tinariwen. Et c'est très beau. Fragile comme quelques cordres de guitares grattées du bout des ongles sur des notes répétitives, mélancolique comme un chant inconnu mais que l'on reconnait à l'homme qui le chante. Il n'y aura pas d'issue, alors profitons de la nuit.


Epilogue :
Dans les ruines
Ces traces qui pleurent les souvenirs
Je me rappelle
Et je m'installe très loin
Dans la nostalgie
La tête posée sur un coussin de soucis
Cette nuit je dors dans les ruines
De mon passé je suis les traces**



Je n'ai pas trouvé de vidéo du concert aux Bouffes du Nord, si vous en avez n'hésitez pas à nous les transmettre...


*Les titres des actes 1, 2 & 3 sont des titres de pièces de Peter Brook.
** Tinariwen - Ténéré Daféo Nikchan

mardi 5 juillet 2011

YACHT's Tubesday


After a computer breakdown I've managed to patch up something and was too happy to find that YACHT (that you could find on our mixtape from February) have just released their new album on DFA. Is it any good? Listen to it on Spotify to make your own judgement.
Personally I was a bit baffled by the Add n to (x)-meet-Shakira on the 2nd track Dystopia but the rest of the album is quite fresh and would work nicely with a few mint cocktails.
Let's get grooving with strange haircuts.

They also have a channel on youtube but I can't guarantee you won't get annoyed... or think they're totally cool! (is that what we say?) Totally. Y4CHT

dimanche 3 juillet 2011

Lemmy don't play fuckin' solos ...but he has very nice shorts


Vous voulez savoir quel effet ça fait de voir jour après jour les fesses de Lemmy moulées dans un micro short en jeans pendant qu'il joue au jeu vidéo, quand on a 12 ans ? Apprendre de la bouche d'Ozzy (Osbourne) que lui ça va, mais que Lemmy il abuse un peu sur la dope ? Vous n'aimez pas Darkness ? Lemmy non plus et il y a un paquet d'autres choses dont il se fout. Mais faut pas déconner avec les Beatles... Bref tant qu'il aura du Jack', du coca, du rockab et une machine à sous son monde continuera de tourner.

Lemmy de Greg Olliver et de Wes Orshoski vient de sortir en dvd et ça serait dommage de le manquer.

Voir le site du film

vendredi 1 juillet 2011

Thunder Force!



Totally awesome.