samedi 30 avril 2011

In The Morning


Which version of Morning Dew did you hear first? For me it started with King Loser on You Cannot Kill What Does not Live.

The song was written by Bonnie Dobson in 1962. Blabla Wikipedia Dobson said she was inspired by the 1959 post-apocalyptic film On the Beach. So what we get is an exchange of first impressions between two people after everything’s gone awry with atomic bliss. And I think that’s actually when the song works best, with two singers.

So after an afternoon of research, those are the versions I found: bagpipes (Jori Chisholm), Hardrock with bagpipes (Angus Mohr), loads of new-age tripe but I think the name refers to the result of condensed atmospheric vapour rather than to a version of the song, Tom Constanten own piano version, cringe-making crapy proto Jon Bon Jovi (Blackfoot), Irish folk good-timers (The Buskers), new western (Fatal Shore), some terrifying bad throat singing (la Muerte from the album Experiment in Terror – successfully passed although I appreciated the use of the Stooges' single-note piano thumping), two versions by Nazareth (the 1981 version is especially prickly), Australian Dave Graney (couldn’t get my hand on it), good enough Episode 6, Tim Rose not so bad, surprisingly awful Devo, a nice live effort although spoiled by an excited crowd (Billy Corgan and Spirits in the Sky, it’s on youtube) and on the top of my list Lulu’s version is pretty good, Vince Martin & Fred Neil (always an old favourite even if he tried to steal the writing credits of the song), Damnation of Adam Blessing, London’s experimental rockers Skullflower, a good old psyche-flavoured (The Rats), the ever manly croaky Mister Lee Hazlewood, a convincing Marc Almond live version; and possibly equally perfect as King Loser’s number, Einsturzende Neubauten, from their fourth album.

And they’re the ones I’m giving you. Oh, and I almost forgotten The Greatful Dead (Constanten does better on that one).

Einsturzende Neubauten - Morning Dew (1987)

King Loser - Morning Dew (1996)

vendredi 29 avril 2011

Nothing Was The Way We Were, a mixtape by theofflinepeople.blogspot.com



Les poissons qui changent de sexe sous l'effet de polluants de type œstrogène sont un peu comme les hommes politiques qui changent de bord, de progressistes à conservateur, ou de conservateur à extrême droite par exemple : ils réagissent au contexte. Environnemental ou politique, c'est la même chose. Nous réagissons tous au contexte. Nous sommes des figures de la transformation, du passage d'un état à un autre, figé à un instant T mais mouvant dans celui d'après. Ambivalents et inattendus.

La théorie vagin/fleur de Camille, saignant et se répandant sur le tissu que Léonard aurait utilisé pour améliorer son deltaplane s'il n'était pas mort avant de pouvoir changer le cours de l'histoire. Merde. Moi, Claudius, jouerai les imbéciles pour votre bon plaisir ! Et Dorothy et Toto (le chien, pas le groupe). Et les hémorroïdes antiques. 

L'hippocampe mâle féconde la femelle, elle porte les bébés durant l'essentiel des phases de gestation, puis les transfère au père qui les porte durant les derniers stades et les met finalement au monde.(1)

Cobain, l'homme fragile, collectionneur d'écorché de femme est invariablement associé pour moi, comme un Janus aux deux visages, aux femmes dominatrices, exubérantes, révélées de Russ Meyer. Faster Pussy Cat Kill! Kill! Kobain. Petite Supervixens... Mais les femmes de Russ Meyer par leur étrange magnétisme, leur féminité extrême, cachent aussi en elle une double facette, un prolongement masculin.

Il y a des années, au collège, j'ai rencontré la femme parfaite. Or perhaps a man's idea of the perfect woman. Ou peut-être l'idée que l'homme se fait de la femme parfaite. She had flawless and dewy skin, angular cheekbones, a cinched waist, milkmaid breasts, long legs, dove-like hands, lush long hair. Elle avait une peau parfaite et rosée, les pommettes anguleuses, une taille cintrée, la poitrine généreuse, de longues jambes, des mains fines, et une abondante chevelure. [...]

She was the perfect woman on the outside, and inside she felt perfectly female. Elle était la femme parfaite vue de l'extérieur, et elle se sentait complètement femme. But she was genetically male (XY). Mais génétiquement, c'était un homme (XY).(2) Typiquement la Russ Meyer Girl. La super-femme fantasmée depuis 1960 est un hermaphrodite mâle.

I was born twice: first, as a baby girl, on a remarkably smogless Detroit day in January of 1960; and then again, as a teenage boy, in an emergency room near Petoskey, Michigan, in August of 1974.(3)

Moi aussi je suis né deux fois : avant de lire le roman de Jeffrey Eugenides, Middlesex et après avoir pris conscience de la subversion des Russ Meyer Girls. Je suis même né de nombreuses autres fois, articulé par les rencontres, la musique et les livres. Mais revenons à Middlesex. Ça raconte l'histoire d'un hermaphrodite né femme et qui à l’adolescence devient progressivement un homme. Enfin c'est la partie saillante de l'histoire. Le roman s'appuie surtout sur une histoire alternative de l’Amérique à travers ses migrants, trois générations, et une hybridation des mythes actuels et antiques. Un croisement des langues, des cultures, une métamorphose. Et une scène ou le narrateur devenu mâle, rencontre la femme fantasme, une Russ Meyer Girl, qui bosse dans un club de strip-tease aquatique et qui est en fait un hermaphrodite mâle, un shoot de pure œstrogène avec surprise à la clef.

Hey! Wait! I've got a new complaint ! (4) 
Au même instant, sous une seule tête, les deux corps se sont unis. Tels deux jeunes rameaux, liés l'un à l'autre, croissent sous la même écorce, et ne font qu'une tige. Hermaphrodite et la Nymphe ne sont plus ni l'un ni l'autre, et sont les deux ensemble. Ils paraissent avoir les deux sexes et ils n'en ont aucun.(5)

Conclusions évidentes n°1 : Cobain est mort trop tôt, il n'a pas eu le temps de réécrire son Journal, ni de transformer Nirvana en groupe de dance à la Gang of Four ; Russ Meyer est un supervicieux ou possiblement un hippocampe et ce texte est très décousu, hybride ?. Conclusion complémentaire : il faut se méfier de Marine Le Pen, autre figure du double (thème amorcé dans l'intro mais non développé par la suite).

Conclusion de toutes ces conclusions : Nous sommes peu de choses. Réfléchissez-y la prochaine fois que vous verrez un politicien, un film de Russ Meyer, ou une fille sublime dans la rue. Forever in debt to your priceless advice...(4)


(1) Kurt Cobain, Journal.
(2) Témoignage facebook.
(3) Jeffrey Eugenides, Middlesex.
(4) Nirvana, Heart Shaped Box.
(5) Métamorphoses d'Ovide : Hermaphrodite (IV, 285-415)

Pardon My French


Nothing Was The Way We Were, a mixtape by the offline people

01 VHS or Beta - Alpha Theta (2007)
02 Chaz Jankel - 3,000,000 Synths (1981)
03 Ceephax Acid Crew - Acid On Sea (1998)
04 Travus T. Hipp - Cable News (28.09.2007)
05 Jimmy Ross - New York To Moscow / Other Version (1984)
06 Farmers Manual - Biomagic 1 (1996)
07 Mit - Pudong (2010)
08 BBC4 - Endoctrine Disruptors (11.08.06)
09 Konk - Alien Jam (1986)
10 Pixeltan - No More Delay (2009)
11 Lowfish - 1000 Corrections Per Second (2003)
12 Joubert Singers - Stand On The Word / Larry Levan Radio Edit (1985)
13 The Hollywood Edge - Forest Ambiance 2 Special mix

Leviathan Brothers - Hoboken Promises (2007)

Things Have Changed


Good old Cat. Never managed to listen to his stuff much but this is a pretty decent song. And apparently it's the way he used to name his cock.

Cat Stevens - Mona Bone Jakon (1970)

Be A Willy


Friday's back. Back from yesterday. Celebrated with all my might the coming long weekend. What a treat. Annoying cliche London weather outside but who cares? We'll still have fun.

The Egyptian Lover - Get High (Get X'd, Get Drunk, Get Sex'd) (1993)

mardi 26 avril 2011

Planète Sauvage par les Konki Duet


The Konki Duet / Planète Sauvage (w/t credits) from Tsunami-Addiction

The Gals


Let's listen to a bit of Au Pairs - Come Again (1981)

lundi 25 avril 2011

Calme un peu le jeu


Wiki excerpt : "Bowie appeared on the song Play it Safe, performing backing vocals with the group Simple Minds."


Iggy Pop - Play it safe (1980)

samedi 23 avril 2011

Brained


Hey, staying in the Sonic Youth theme, this song sounds like Death Valley '69 meet Terminator.
From Germany, Mit - Gebaut (2008)

And to remind us what it's all about... (warning for kids, it's a bit gory)

vendredi 22 avril 2011

Equilibre instable : Earth au Nouveau Casino


L'équilibre instable est un phénomène extrêmement intéressant. La première fois que j'en ai pris conscience, c'était au collège, en classe de physique. Mon prof tenait une fourchette par le manche entre ses doigts et faisait pendre les dents en bas. "Equilibre stable", avait-il dit. "Facile à obtenir, grâce à la gravité. Le poids de la fourchette est attiré vers le bas, vers le centre de la terre". "Et maintenant quelque chose de plus compliqué" nous avait-il annoncé. Il retourne la fourchette, le bout du manche toujours entres ses doigts et il met les dents de la fourchette en haut. "Et voilà !, là c'est l'équilibre instable." nous avait-il dit, un sourire triomphant éclairant son visage. "Les forces entrainant la tête de la fourchette vers le bas s'équilibrent et elle tient la tête en haut." J'ai été fasciné.

Quelques années plus tard, je viens de me renseigner sur la question, l'équilibre instable est une des composantes essentielles de l'être humain. Depuis le moment où l'on a cherché à se dresser sur nos pieds pour la station debout, nous avons été confronté à l'équilibre instable. Chez l'être humain, l'essentiel de la masse corporelle est concentré en haut, dans la tête, le cerveau donc et le tronc. Les pieds, les yeux et les ligaments envoyant des informations au cerveau qui tente de faire la part des choses, nous sommes continuellement en train de nous débattre, de maintenir un équilibre instable. Ce qui peut causer de grandes satisfactions quand ayant vous même oublié tout cela, vous vous enthousiasmez parce que votre enfant découvre ce principe primitif en faisant ses premiers pas, ou de grosses déconvenues quand votre cerveau ne gère plus rien et que vous vous retrouvez déstabilisé, sur le point de perdre pied, le nez à 10 cm du sol...

Quel rapport avec le concert de Earth au Nouveau Casino, le 13 avril dernier, me direz vous ? Ça a tout à voir vous répondrais-je. La répétition des sons de Dylan Carlson et leurs variations créant incessamment des informations contradictoires, nous plaçant au centre d'émotions elles mêmes contradictoires, entre immobilité et mouvements, entre fascination paralysante et plaisir du bond en avant.

Le jeu de scène de Earth est d'ailleurs catastrophique. Il ne se passe rien, des micro-événements au mieux. Mais l'intérêt n'est pas là. L'essentiel de la musique de Earth se passe en vous, au tréfond de votre être, tout près de votre oreille interne.

"Je crois que j'ai eu un orgasme sonore", m'a dit D., une amie qui m'accompagnait, en sortant du concert. "Avec rien, quelques bières et un peu de fatigue de boulot... et je crois que j'en ai réellement eu un". Et c'est précisément là que se joue la musique de Earth, en titillant l'équilibre instable, celui qui nous fait tenir debout, nous sentir en vie.



PS : Tout le monde parait avoir été tellement fasciné que je n'ai trouvé qu'une vidéo du concert de 2008 au Nouveau Casino.

jeudi 21 avril 2011

wiley et les chiffres


La prod est bonne, comme on dit... mais j'ai un doute sur le texte.

les pêches



Peaches - Turn It On (Franz Ferdinand Cover)

Avec ce beau soleil, ce n'est pas encore la saison des pêches mais ça en donne un avant goût...

mercredi 20 avril 2011

No More Loathing


I'm not one for putting his shopping list on the internet but I just found 3 old editions of Rolling Stone at the market, all with articles by Hunter Thompson, illustrated by Ralph Steadman (issues No 96, 118 and 144 - Fear and Loathing at the Watergate signed by Ralph Steadman). Babe is a happy girl.

Let's celebrate with The Flamingos - Ko Ko Mo (1959)

lundi 18 avril 2011

Interview : The Konki Duet, Let's Bonappétons !


01. « Si c'est en français, ce n'est pas du rock ». Sur « Let's Bonappétons! » vous avez des morceaux en français. Votre nouvel album c'est du rock ou pas ?
Tam – On ne pense pas au genre qu'on fait, mais je crois que spontanément, on fait quelque chose autour de la pop.

Kumi – C'est du rock s'ils entendent que c'est du rock, c'est de la pop s'ils entendent que c'est de la pop. En tout cas, j'aimerais croire que ça existe du bon rock en français.

Zoé – Si tu fais attention, tu remarqueras qu'on a évité le problème et le morceau le plus rock du disque est sans parole. De toute façon, on a dépassé le rock : maintenant on fait de la variété internationale.


02. Vos compositions sont en général très travaillées avec beaucoup de variations de rythme, d'ambiance, comme une sorte de rock progressif se confrontant au format pop. Quel est votre rapport au rock progressif ?
Tam – Nous nous étions amusées avec l'exercice de changements de tempi et d'ambiances sur notre deuxième album, c'est vrai. Les titres de Let's Bonappétons sont pour moi beaucoup plus directs, sans détours. Ils entrent parfaitement dans un format pop.

Kumi – On ne fait jamais de session qui dure des heures et des heures en répète donc il n'y aura jamais de morceau qui dure plus que 5 min.


03. Vous nous avez dit que votre groupe de musique idéal c'est « 4 nanas super belles et un mec qui sert à rien » C'est qui la quatrième nana et le mec qui sert à rien dans le groupe ?
Tam – C'est sympa d'avoir pensé qu'on parlait de nous, mais en fait non :) De toute manière, le groupe idéal pour moi c'est Motörhead.


04. Dans vos influences vous citez Marine girls. Dans quelle mesure vous ont elles influencées ?
Tam – C'est peut être exagéré de parler d'une influence, mais c'est leur côté immédiat et sans prétentions qui me plait.

Kumi – C'est une de mes références musicales quand j'étais au Japon. Elles ont une simplicité et l'esprit pop avec les moyens du bord, vraiment super sur un label que j'adorais Cherry Red Records.


05. Pour le disque que vous aimeriez écouter, vous nous avez répondu le quatrième album de The Konki Duet. Maintenant qu'il est réalisé, vous l'écoutez souvent ?
Tam – Non. Je crois qu'on écoute beaucoup ses propres disques au moment de leur création. Une fois que l'album est terminé, on arrête de l'écouter.

Kumi – Je les écoute pour faire du karaoké chez moi.

Zoé – En fait, j'attends toujours d'écouter le quatrième album de TKD. Celui ci, c'est le troisième.

Tam – Bien vu, y en a au moins une qui suit :)


06. Pour la reprise que vous aimeriez faire vous nous avez dit : United de Throbbing Gristle. C'est toujours prévu ? D'autres reprises en vue ?
Non, pas de reprise de TG, mais sur notre nouvel album il y a Savoir-faire de Family Fodder. On fera d'autres reprises, bien sûr !


07. Toujours pas de mashup que vous aimeriez faire ?
On n'a toujours pas cherché à savoir ce que c'était :)


08. Le texte que vous aimeriez mettre en musique ?
Tam – La météo marine

Kumi – Les phrase de Kô Machida sur twitter


09. « Les audions que l'on arrive à concrétiser donnent parfois de très beaux morceaux. » Y a t'il beaucoup d'audions sur ce nouvel album ?
Toujours, c'est un de nos outils de travail habituels.


10. Quelle question aimeriez vous vous poser ?
Tam – Où est passé mon bonnet ?

Kumi – Qui êtes-vous Polly Maggoo ?

Zoé – Qui connait un 3 pièces qui se libérerait vers Les Lilas/Pantin/20ème arrondissement pour mon copain et moi ?


The Konki Duet - Heartful (2011)


Suivre les Konki Duet sur leur site, myspace et deezer.

Digression #3 : le Club


Je passe une grande porte verte, une large pièce s'ouvre devant moi. Des globes lumineux pendent du plafond et touchent quasiment le sol, produisant un éclairage vert par réfraction. Du bas vers le haut, l'inverse de la lumière naturelle en somme. Des néons dessinent les arrêtes des murs et ajoutent à l'impression de lévitation, d'architecture suspendue.

Il y a peu de monde à l'intérieur : je reconnais le violoniste de Tuxedomoon, James Plotkin et quelques personnes de Radian. Tamara est assise à coté de Sébastien Roux et ils boivent de longs Mojito à la paille, agitant parfois leurs verres pour remuer les feuilles de menthes fraiches prises dans la glace pilée.

Je m'assois à la table la plus proche. Une troisième personne vient de les rejoindre. J'entend des bribes de conversation "...Missy Undertone, et vous ?", un long drone métallique m'empêche d'entendre la suite. Parfois le son s'adoucît et de douces mélodies se confrontent aux sons rugueux. Mon regard glisse sur les murs blancs couvert de graph' noirs représentant des animaux étranges qui rebondissent sur des fleurs carnivores et des dégradés vert, jusqu'au comptoir où je crois apercevoir le serveur, un drôle de petit être blême portant une capuche, qui maintenant me fixe de ses grand yeux sombres.

Derrière lui, un long tableau affiche les prix des consommations, et je suis surpris par le nom de l'endroit : Le Green Violonite Club...

Missy Undertone (2004) by Green Violonite Club


Écouter Music For The Cloudy Escape sur soundcloud, voir le clip de Missy Undertone et le site de The Cloudy Escape

Full Chrome Logic


How amazing it is to find patterns in our day-to-day lives. Questions came to my mind as I was making coffee: are those patterns a product of our need to arrange chaos into order or are they the result of the limitation of our self to see more variety in our surroundings? Or, if you decide that the questions are not mutually exclusive but are equal parts of the same question: Are those patterns representative of our need to mark the familiar in our surroundings? Of course, I should define what I mean by patterns and all the different elements in my questions but I am sure a philosopher/poet/artist/whoever-suitable has thought this idea through so if you know their name, please leave a comment.

Anyway, reading Tamara’s choice yesterday (HTRK or Hate Rock Trio), before I start listening to the album, I remember – ‘I remember this name’. I had seen it before on one of my Spotify wanderings so I look at my playlists and see Weird Rock. That would be the one. Nostalgia is there with Beak> Beak>, Blood On The Wall Awesomer, Tickley Feather Hors d’Oeuvres. Later in the evening I choose to listen to the first song on Nostalgia which is 1 Hate Rock Trio.
The white noise normalized, the banging of concrete sounds in reverberation, this is familiar. And then I can picture in my head a desiccated landscape, cactuses ('cacti' sounds terrible), and a blinding sunlight, half of the front cover in ochre. I know which band I’m thinking about and I know the album but I forgot the words in the title. It is Sonic Youth on a sky-blue transparent record and it is a soundtrack. I go on my search engine and type in ‘sonic youth soundtrack’ and it propels us to SONICYOUTH.COM DISCOGRAPHY: SOUNDTRACKS.

And then I realise, this is great, the record is called Made in USA; Jean-Luc Godard, the sand, the beach, HTRK are Australians, hey, this is all linked. Ok now I am writing it down, it does not seem as great an illustration of my questioning as I thought it could be.

Perhaps those connections are better left inside my brain, or perhaps I am a poor storyteller. Proust would be appalled. Oh, one of the songs on Made in USA is called Secret Girl and one of the songs on Nostalgia is called Look At That Girl! Ok, I give up.

Sonic Youth - The Velvet Plug (1988)

*Secret Girl was originally released on Sister (1986)

dimanche 17 avril 2011

Jour 3 : Tamara : HTRK "Marry Me Tonight"


J’ai découvert HTRK avec Nostalgia une ou deux années après sa sortie initiale (sûrement dû au décalage horaire avec l’Australie). J’ai tout de suite été saisie par le son brut (la mention enregistré avec deux micros m’a parlé aussi). Les rythmiques minimales et la voix de Jonnine m’évoquent certains de mes artistes préférés. Il y a quelque chose de cruel dans cet enregistrement et c’est parfait.

En 2009, le groupe a sorti Marry Me Tonight. La production de Rowland S. Howard est plus soignée. Le groupe reprend certains des morceaux de Nostalgia, dont Rent Boy (le jumeau de Look At That Girl) que je crois pouvoir écouter à l’infini.

samedi 16 avril 2011

Digression #2 : Zoé & Ronald


La première fois que j'ai rencontré Zoé, c'était à Paris. L'appartement est éclairé en contrejour par la façade blanc saturé de l'immeuble d'en face. Elle est assise sur le grand lit qui occupe une bonne partie de la pièce principale à coté de son Ronald du moment. J'ai apporté une démo de mon quatrième album et nous sommes en train de l'écouter, d'envisager une possible sortie sur le label que Ronald dirige. Nous sommes attentifs.

Un peu avant, je me souviens d'un concert de Ronald en 1999. Il a posé ses boites à rythme sur une table gris foncé, dans le fond de la scène, à l'opposé du public. J'ai trouvé ça bizarre, tout cet espace vide en plein centre. Jusqu'au moment où, au milieu de ce que l'on devine être son dernier morceau, il sort de sa cachette et vient s'assoir par terre au centre de cet espace. Il a l'air détendu, un large sourire sur le visage, penche son buste en arrière, s'appuie sur ses mains et étend et croise ses jambes devant lui. Il balance sa tête de droite à gauche en continuant de sourire, visiblement heureux, pendant que la masse sonore violente et hypnotique continue à évoluer, en mode automatique. Puis à la fin du morceau il se lève, retourne à la table, enclenche une touche et Elvis retentit à travers toute la salle : A little less conversation, a little more action. Puis il sort de scène, pas de rappel.

Ronald faisait aussi du surf, (peut être continue t'il toujours ?) et il a lancé une marque de fringue. La pochette d'un de ses disques montre un surfeur attaquant une grosse vague dans une teinte bleutée.

Je me souviens aussi de lui sortant des bières de ses poches et les cachant sous une voiture enneigée garée à 30 mètres du videur qui vient de nous interdire de rentrer dans la soirée privée ou nous essayons de nous incruster. Une fois le videur passé (on est persévérant), Ronald taxe un cigare à un homme d'une cinquantaine d'année en costume cravate, sans doute un futur patron de C. qui nous a aidé à rentrer en nous faisant promettre de bien nous tenir, et après avoir tiré trois lattes dessus, le plonge dans le verre du type avec une moue de dégoût. En sortant nous avons récupéré nos bières et nous avons fait des glissades dans la neige. De retour chez C. nous avons fini la salade de riz assis par terre à la lueur de la lumière du frigo.

Et comme ça arrive parfois, Zoé et Ronald se sont séparés et je n'ai jamais revu Ronald.

Une dernière fois dans la chambre à Paris, je revois les yeux rieurs de Zoé et je me dis que c'est ces mêmes yeux là qui ont choisi la vidéo de Best Coast - Crazy for you. Et c'est ainsi que nous nous débattons, comme des barques contre le courant, sans cesse repoussés vers le passé.

Celluloid Mata - Hanging oscillations (1998)


La citation de fin est extraite de Gatsby de Francis Scott Fitzgerald traduit par Julie Wolkenstein.

A Tiger In You


Listening for the first time to Best Coast – I didn’t previously know the band – I hear an exact mix between the Breeders and Beach House. And a bit of The Fresh & Onlys. In the case of The Fresh & Onlys who also have been described as a surf revival band, yes, I get the surf guitar. For me that’s what surf music is. But I guess I’m being too anal. The Beach Boys have written Surfin’ USA, Surfer Girl, Surfin’ Safari and Surfin’. You can’t hear a surf guitar in any of these songs but again, if the record is playing you can’t help but think of a sandy beach and a few tanned and toned fresh bodies on a sliding wooden board. In other words surfin’. So I guess that’s the point of the reference. Usually the title of the song helpfully focus your mind in that direction.

I went a few times to St Yves in England and most of the time if you look in the opposite direction of the Tate and stare at the sea, forearms rested on the black balustrade, you will see surfers getting a taste for the significant waves, all wrapped up in a body suit. You have to understand this could be in November or in February when you would see steam blurring out your vision coming out of your pasty. In these circumstances, forget about the Beach Boys. I mean they even made you think about surfing while singing Frosty the Snowman but I would like to see them try in Cornwall. Well I've tried and I can tell you, it doesn’t work. Anyway, I’m not sure what’s my point. Ah yes, what is making us think about a nice sandy beach when we listen to this stuff? No idea. But it works. Can’t wait for the summer. Fuck off Frosty.

The Fresh & Onlys - Be My Hooker (2010)

Jour 2 : ZOÉ : Best Coast "Crazy for you"


(Le disque qui symbolise pour moi l'été 2010.)

Enregistrer un album n'est jamais un événement mineur, et l'enregistrement de Let's Bonappétons en juillet 2010 n'a pas fait exception : des montagnes russes émotionnelles, des fous rires inexplicables, des fulgurances soniques, des larmes d'épuisement, des journées entières sans voir le soleil, enfermées dans un studio.

Je retrouve une partie de cet été là dans le morceau When I'm with you de Best Coast, dans sa mélodie en forme de toboggan, dans sa batterie solaire et ses guitares qui éclaboussent, je me retrouve un peu malmenée par des émotions contradictoires : envie de danser mais quand même la gorge serrée.

La simplicité de sa musique me désarme, la sincérité de ses paroles me touche, la proximité de son personnage m'enchante. J'ai beau constater qu'elle parle tout le temps de la même chose à longueur de disque, d'attentes à côté d'un téléphone, de désirs secrets, de la joie d'être ensemble et de la frustration d'être séparés, que c'est un peu cucu et kitch, je ne peux pas m'empêcher de dire Et alors ?

Zoé

vendredi 15 avril 2011

Digression #1 : Chambre avec vue



Je n'ai jamais été attiré par la musique d'amérique du Sud. J'ai beau essayer, je n'y arrive pas. Ça n'allume rien en moi. Nada. Enfin quand je dis que ça n'éveille rien en moi c'est faux, ça n'éveille rien en moi de musical. Je vais préciser : par une étrange association d'idées ça me ramène à mon adolescence, à mon Amiga 1200, à mon Amstrad CPC 6128, à L'arche du Captain Blood et surtout à Dune. Même si cette digression, à l'air tordue, elle est finallement assez simple et s'articule autour d'une seule personne : Philippe Ulrich.

Philippe Ulrich à participé à ERE Informatique, chez qui il a produit Captain Blood, (que j'ai découvert sur mon CPC) puis chez Cryo Interactive ou il a produit Dune (joué sur mon Amiga) puis Atlantis (joué sur le PC d'un copain). Puis il s'est fait viré de Cryo et lors un repas bien arrosé où était invité Henri Salvador, il a lancé un pari au vieux chanteur et lui a promis de le faire sortir d'une fin de carrière un peu pathétique. C'est ainsi que Chambre avec vue est né. Et moi j'ai découvert ce lien lors d'une conférence d'Ulrich au Cube dans le sud de Paris.

Et ça a produit un court circuit neural : Henri Salvador s'introduisant chez les Fremens, sussurant de sa voix de crooner les paroles perverses de Feyd-Rautha ; le visage de Sting grimaçant, explosant du rire débridé de Salvador ; la mèche de Kyle MacLachlan tombant sur les yeux bleu sur bleu de Benjamin Biolay. Et Wanda Sa qui traine sa guitare sur le sable, cette dune plate, d'une démarche de somnambule. Elle semble se diriger vers Muad'Dib, elle est peut être Chani ?

C'est un ailleurs / C'est une chambre avec vue / C'est un ailleurs / Un lieu où j'ai vécu...

Stéphane Picq & Philippe Ulrich - Wormsign (BO du jeu Dune) (1992)

Javal Renoir


Looking at the cover from Wanda Sá's Vagamente the first thing I feel is a sense of emptiness. The sky is white with a few touches of blue, formless clouds like a fog, a blur in the distance. The sea, save for a shy wave, is completely plane. The sand, damp and creased, seems like a flattened brain on which Wanda – eyes frowned, blinded by the clarity of the sun – drags her guitar and her feet. The title, spread diagonally to fill the space left bare by the non-clouds, is ‘Vagamente’, meaning according to googletranslations ‘vaguely’ or ‘vacantly’.

The voice of the singer, as Kumi describes, is not forced but to me it does not convey a sense of idleness, it conveys a sense of boredom. And although I find the song agreeable, it is also somewhat quite unsettling. This girl seems to be bored out of her brains; probably why she ends up walking on it.
It reminds me of the main female characters in early Godard films: Camille Javal in Le Mepris, Marianne Renoir in Pierrot le Fou.

I guess women at the time, after an emergent second wave of feminism, were still trapped between the promise of freedom and what was actually happening for most of them... Nothing. No way near equality. No wonder they felt depressed. Well, I realise it is the way that Godard has decided to portray his female character at the time but anyway, I feel I can trust him as a social observer. 1964-1965, What am I gonna do? I don't know what to do. Maybe you should sniff some glue.

*Pierrot le Fou directed by Jean-Luc Godard, with Jean-Paul Belmondo and Anna Karina

Jour 1 : KUMI : Wanda Sá "Vagamente" (1964)



"J'écoute rarement un album entier mais je sors cet album chaque printemps été pour passer du temps agréable en faisant la vaisselle ou d'autres choses ménagères.

La voix est mixée bien en avance mais elle ne force jamais et ça crée une petite ambiance de paresse agréable comme si j'étais en vacances et j'ai rien à faire."

Kumi

Wanda Sa - Adriana (1964)

jeudi 14 avril 2011

4 days with the Konki Duet


Nous avons le plaisir de vous annoncer que nous allons passer 4 jours avec les Konki Duet. A partir de demain, chacune des Konki nous proposera un album qui lui tient à coeur, jusqu'à lundi, jour de la sortie de Let's Bonappétons ! où nous vous offrirons une interview exclusive.

And now, Let's Dance (with the Konki Duet).

mercredi 13 avril 2011

Yeah, That's Right


It's allowed if it's a dub version. And guess what?

Imagination - So Good, So Right - Swain, Jolley & Lengyel remix (1983)

King In A Can


Oh it's good be back. I know, where did I go? Nope, that wasn't Copenhagen. Wish I had, at least I would have had an excuse. But there is a clue in this post.

Sods - Copenhagen (1979)

mardi 12 avril 2011

Larry Cow est de retour


Oui c'est mon pire jeu de mot et oui End it all est excellent.

mercredi 6 avril 2011

Rough Ride


Suicide + The Monks + (solos+delay) =

Moon Duo - Run Around (2011)

samedi 2 avril 2011

Interview : Earth (Dylan Carlson)


1. Your first musical memories?
The guitar solos from Freebird by Lynyrd Skynyrd; although at the time it was just the music in my head when my father was driving me around Las Cruces, New Mexico, when I was between 4 and 5 years of age. That is my first conscious memory. My mother was 8 months pregnant with me and my brother when she went to a Grateful Dead concert in Feb. 1968, so they were part of my womb experience, which I think is why I have always found their music so soothing.

2. The best record you received as a present? / The worse one?
Weirdly enough I have only received records as presents twice and they were all good. The first time was during an easter-egg hunt in New Mexico and my parents hid two Allman Bros records for us. On my 16th bitrthday my mom got me New Day Rising by Husker Du.

3. The first record that you lost?
I have sold records, given them away in break-ups with girlfriends but I have never lost any.

4. The name of your imaginary band?
The Original Shotgun Rag Time Band. In 1993, some would have said that Earth was an imaginary band since I was its only member.

5. In which environment do you like to record music?
In a Studio.

6. What will music sound like in 50 years / 5000 years?
Well in 50 years it will not be electric, there will only be acoustic instruments, or home-made ones. In 5000 only home-made ones left.

7. Which underrated album will start a new musical genre?
I have always considered genres marketing terms invented by salesmen. Not being a salesman I would not presume.

8. Which album should never have been made?
The list is endless.

9. Your favourite album to have a drink?
I can’t drink anymore, but when I did it was I am what I am by George Jones.

10. Your dream collaboration?
Right now it would involve getting Betty and Rachel Unthank to sing something on my solo album. With Earth it would be Richard Thompson doing some guitar work with us.

11. The record that freaks you out?
Desperado by the Eagles.

12. The record you would like to listen to right now?
Liege & Lief by Fairport Convention.

13. The film that tickles your creativity?
Pan’s Labyrinth by Guillermo Del Toro.

14. The little-known track that everyone should have heard of?
For Earth it would be the original of Miami Morning Coming Down. In general it would be the Quiet Joy of Brotherhood performed by Fairport Convention, written by Richard and Mimi Farina.

15. An album or an artist you wouldn’t want to be?
Another endless list.

16. The cover version you would love to do?
17 by Jethro Tull.

17. The mashup you would love to do?
What is a mashup?

18. The text you would like to produce a soundtrack for?
Jonathan Strange and Mr.Norrell by Susanna Clark.

19. Have you ever had auditory hallucinations?
Yes.

20. How would you like to die?
Either in a duel of honor or abducted into the Otherlands.




Go to their official website, their myspace and their wiki.

Earth will play live at Scala, the 12/04 (London) and at the Nouveau Casino, the 13/04 (Paris). For other tour dates check their myspace.

This is dub revolution : Seefeel au Point Ephémère


Lumières triangulaires, silhouettes à contre jour. La chanteuse est sur la droite cachée par un poteau de béton. Un bonnet de laine est lui aussi à droite de la batterie, qui est en position centrale, et par conséquent ce bonnet de laine est à gauche de la voix. La position centrale ? En fait, un vide, une attente. Des nappes abstraites flottent, possiblement générées par une guitare délayée, ou par des nappes électroniques. Difficile à dire. Les triangles basculent. Des cercles apparaissent. La lumière des triangles est descendante, celles des cercles ascendante. La basse gronde. sculpte, structure. Le dub apparait. Des échos de voix se répercutent sur les murs. Les murs tremblent. Les morceaux s'enchainent. Soucoupes sonores, Succour apparait. Replonge. Self title 2011. La place centrale, celle traditionnellement accordée au chanteur c'est Iida Kazuhisa, ancien batteur des Boredoms et actuel bassiste de Seefeel qui l'occupe. Le chant est un instrument comme les autres, la basse non. Elle est moteur, pulsation. Des dreds volent. Enfin je crois. En tout cas, elles pourraient.

Il y a un minimalisme envoutant au cœur de tout ceci, et là, la voix y est pour quelque chose. Un goût de bière, tribal, une volute, les cercles sont à nouveau là. Dodeliner de la tête, je crois que l'on dit cela. Puis les triangles découpant les silhouettes à contre jour réapparaissent. Paupières mi-closes. Ondulations. La foule est vague ; je suis partie de cette foule, une goutte dans cet océan d'ondes. Écho est une nymphe, elle est la personnification du phénomène acoustique auquel elle a donné son nom. Souvenirs de 1995. Succour, réminiscences. Seefeel ça existe encore ? Une crash cymbale, KUSHHh. This is dub revolution, music to rule the nation.